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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 juin 2020

Reprise de la Fille mal gardée de Frederick Ashton au Ballet de l’Opéra national de Paris

Trois générations de talents
© Agathe Poupeney

Mathilde Froustey (Lise) et Emmanuel Thibault (Colas)

Réunissant Michaël Denard, Étoile icône des années 1970-1980, Emmanuel Thibault, Premier Danseur affirmé, et deux espoirs certains de la dernière génération, Mathilde Froustey et Allister Madin, cette reprise de la Fille mal gardée de Frederick Ashton au Palais Garnier remporte un très grand succès public, dans la bonne humeur.
 

Palais Garnier, Paris
Le 29/06/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Pendant que le gros de la compagnie danse la Bayadère en Australie, ceux qui restent à Paris assument une belle série de représentations de la Fille mal gardée au Palais Garnier. Entrée voici tout juste deux ans au répertoire du Ballet de l’Opéra, la version Frederick Ashton de ce ballet historique est tonique, agréable, difficile à danser et constitue donc un spectacle de fin de saison adéquat.

    Chacun y trouve son compte. Il y a de la virtuosité, deux héros charmants, deux rôles de caractère désopilants et une fin heureuse. Créé quelques jours avant la Révolution, à Bordeaux en juillet 1789, la Fille mal gardée était le premier ballet populaire, dans le sens où il proposait une intrigue paysanne dans sa totalité, sans princes, sans figures mythiques ni historiques.

    Juste une petite paysanne futée qui déjoue, en partie involontairement, les plans d’une mère plus brave femme que marâtre, qui veut la marier à un jeune fils de fermier benêt mais très très riche. La musique originale était un patchwork d’airs populaires de Hérold. Elle a été solidement et intelligemment reconstruite et adaptée par John Lanchbery pour la version Ashton.

    Les deux principaux rôles sont purement classiques, avec ce qu‘il faut de variations et de pas de deux, mais le mimodrame y tient aussi une part importante. Mathilde Froustey est une Lise idéale de jeunesse, d’esprit, de charme, de virtuosité. Sa vision du personnage et de la manière dont il faut faire passer sa chorégraphie pour qu’elle reste brillante et spirituelle est d’une absolue exactitude.

    Elle est en outre l’une des très intéressantes personnalités de cette jeune génération, comme nous l’avions déjà signalé en 2007 lors de sa prise de rôle. Elle a déjà dansé des rôles importants comme Anastasia dans Ivan le Terrible, Clara dans Casse-Noisette et tout récemment Gilberte dans le Proust de Roland Petit. Elle n’est pourtant toujours que Sujet dans la hiérarchie, ce qui est l’une de ces anomalies que perpétue le concours annuel.

    Elle a pour partenaire le Premier Danseur Emmanuel Thibault dont le Colas est tout aussi exemplaire à tous égards. Notons, puisque l’on vient de parler du concours, que le danseur a été lui aussi trop longtemps maintenu dans la classe des Sujets. Il dansait très bien depuis plusieurs années quand il monta Premier Danseur, sur un concours brillant, mais pas plus que ceux où il n’avait rien obtenu auparavant…

    Des deux rôles de caractère, celui de la Mère Simone permet à des danseurs de toutes physionomies de s’amuser et de nous divertir. Chacun peut y mettre ce qu’il veut. On y vit ces dernières années aussi bien Claude Bessy ou Carole Arbo que Stéphane Phavorin ou Laurent Novis, ou aujourd’hui Michaël Denard. Ce dernier fait bénéficier le personnage non seulement de son incomparable expérience de la scène au plus haut niveau, mais de ses dons et de ses expériences d’acteur. Sa Mère Simone est une bonne luronne, aussi prompte à se divertir qu’à gronder, gourmande, bonne vivante et sans rancune. Irrésistible avec la silhouette et le maquillage de Denard !

    Le rôle du malheureux Alain, le benêt berné, est tout aussi divertissant mais plus dansé. Le jeune Allister Madin, dont Altamusica publiait voici peu un entretien, oubliait son physique de beau ténébreux pour se muer en idiot du village, fort sympathique aussi, remarquablement à l’aise dans ces pas caricaturaux difficiles à exécuter pour qu’ils racontent vraiment quelque chose. Une grande réussite à l’actif de ce jeune Coryphée, lui aussi plein d’avenir.

    Une mention aussi pour Mikaël Lafon, très charmant joueur de flûte lors de la partie de campagne, belle silhouette, belle joie de danser, jolie technique déjà. Gros succès donc de la part du public emplissant Garnier. La popularité de notre grande compagnie nationale reste bien un des fleurons de l’Opéra national de Paris.




    Palais Garnier, Paris
    Le 29/06/2009
    Gérard MANNONI

    Reprise de la Fille mal gardée de Frederick Ashton au Ballet de l’Opéra national de Paris
    La Fille mal gardée, ballet en deux actes d’après Jean Dauberval
    chorégraphie : Frederick Ashton
    musique : Louis Joseph Ferdinand Hérold
    arrangements musicaux : John Lanchebery
    décors et costumes : Osbert Lancaster
    éclairages : George Thomson

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Barry Wordsworth

    Avec Mathilde Froustey (Lise), Emmanuel Thibault (Colas), Michaël Denard (Mère Simone), Allister Madin (Alain), les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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