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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

La Belle, de Nasser Martin-Gousset, et Dans l’esprit de Diaghilev par le Sadler’s Wells de Londres au Théâtre national de Chaillot, Paris.

Du meilleur au pire
© Diego Franssens

Faun, de Sidi Larbi Cherkaoui

Les deux programmes de danse affichés actuellement au Théâtre national de Chaillot pourraient s’intituler Grandeur et décadence de la création chorégraphique actuelle. Entre la Belle et Dans l’esprit de Diaghilev, on passe en effet du niveau spectacle de patronage ou de potache à l’excellence de trois créateurs incontestables.
 

Théâtre national de Chaillot, Paris
Le 20/11/2009
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Faut-il s’attarder sur la Belle de Nasser Martin-Gousset affichĂ©e Ă  la salle GĂ©mier ? Non. En cinquante minutes dĂ©pourvues autant d’imagination que de poĂ©sie ou de danse, le chorĂ©graphe tente de traiter le conte cĂ©lèbre. MalgrĂ© quelques procĂ©dĂ©s de projection Ă  la mode et employĂ©s par d’autres de manière tellement plus significative, le chorĂ©graphe patauge et ne dĂ©colle pas d’un niveau de patronage oĂą seule la musique enregistrĂ©e – tubes des annĂ©es 1980 – retient l’attention.

    Oui, il y a des côtés obscurs dans ce conte théoriquement pour enfants. Jean-Christophe Maillot l’a montré avec autant de talent que d’intelligence à Monte-Carlo et dans le monde entier avec sa Belle. Nasser Martin-Gousset ne montre rien qu’une agitation incohérente et très ennuyeuse.

    Deux jours plus tard, c’est l’ennui aussi qui caractérise dans le programme Dans l’esprit de Diaghilev proposé par le Sadler’s Wells de Londres la pièce de Javier de Frutos, Eternal Damnation to Sancho and Sanchez. Ici, on est dans le registre de la provocation infantile d’adolescents travaillés par leurs premiers boutons d’acné, juste au-dessus du stade pipi-caca-boudin.

    Annoncée comme scandaleuse et révolutionnaire, la pièce est tout simplement nulle, entraînant vite de nombreux départs de spectateurs déjà exaspérés par trente minutes de retard. La plupart de ceux qui sont restés s’enfuient dès que la lumière se rallume dans la salle. Dont acte.

    Fort heureusement, ce programme commence par trois magnifiques pièces qui, elles, peuvent légitimement s’afficher comme un hommage aux Ballets russes et se situer dans leur héritage. Dyad 1909 de Wayne McGregor est une évocation distanciée des événements scientifiques, historiques et artistiques de l’année 1909 où naquirent les Ballets russes de Diaghilev. Avec une excellent musique d’ Ólafur Arnalds et le concours des plasticiennes Jane et Louise Wilson, il bâtit une pièce qui est belle, très structurée, originale, réalisée avec une grande rigueur et excellemment dansée.

    De même, Russell Maliphant livre avec AfterLight sur des pages de Satie une superbe évocation de Nijinski, inspirée par les dessins de ce dernier, certaines de ses photos et la légendaire énergie dont il était doté. Musique, lumière, graphismes, mouvement et remarquable interprétation fluide, magique, de Daniel Proietto, tout contribue à créer quinze minutes de bonheur absolu.

    Enfin, Faun de Sidi Larbi Cherkaoui, sur un mixage du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy et de musique de Nitin Sawhney, nous entraîne dans un monde sylvestre où deux ravissantes créatures s’ébattent en un jeu sensuel, raffiné, fortement incarné par un langage chorégraphe bien défini, inspiré, sans cesse surprenant.

    Le plus que blond James O’Hara et la sculpturale Daisy Philips sont un faune et une nymphe irrésistibles de charme, de juvénilité, de grâce. Et ils dansent vraiment bien ! Un autre quart d’heure de vraie création, aux antipodes de la prétentieuse et pitoyable pitrerie de De Frutos concluant, hélas, la soirée.




    Théâtre national de Chaillot, Paris
    Le 20/11/2009
    GĂ©rard MANNONI

    La Belle, de Nasser Martin-Gousset, et Dans l’esprit de Diaghilev par le Sadler’s Wells de Londres au Théâtre national de Chaillot, Paris.

    18 novembre, salle GĂ©mier

    La Belle
    direction artistique et chorégraphie : Nasser Martin-Gousset
    assistante à la mise en scène : Anouck Hilbey
    Ă©clairages : Pascal Merat
    son : Djengo Hartlap
    costumes : Sophie Hampe
    décor : Goury
    typographie : Christian Archambeau
    vidéo : Gaëtan Besnard
    régie générale : Olivier Mendili / Les Items Associés
    Avec Mathieu Calmelet, Axelle Lagier, Bruno Sajous, Christelle Gasiglia, Vanessa Le Mat


    20 novembre, salle Jean Vilar

    Wayne McGregor
    Dyad 1909
    musique : Ă“lafur Arnalds
    Ă©clairages : Lucy Carter
    film : Jane et Louise Wilson
    costumes : Mortiz Junge
    maquillage Kabuki
    Avec Neil Fleming Brown, Agnès López Río, Paolo Mangiola, Anna Nowak, Maxime Thomas, Antoine Vereecken, Jessica Wright

    Russell Maliphant
    AfterLight
    musique : Erik Satie
    Ă©clairages : Michael Hulls
    son : Andy Cowton
    costumes : Stevie Stewart
    scénographie : Es Devlin
    Avec Daniel Proietto

    Sidi Larbi Cherkaoui
    Faun
    musique : Claude Debussy
    musique additionnelle : Nitin Sawhney
    éclairages : Adam Carrée
    costumes : Hussein Chalayan
    Avec James O’Hara, Daisy Phillips

    Javier De Frutos
    Eternal Damnation to Sancho and Sanchez
    musique : Maurice Ravel
    scénographie et costumes : Katrina Lindsay
    Ă©clairages : Michael Hulls
    son : Sarah Weltman
    Avec Paul Chantry, Clemmie Sveaas, Josephine Darvill-Mills, Aaron Sillis, Rebecca Sutherland, Michael Camp

     


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