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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Reprise de la Dame aux camélias de John Neumeier au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Dame aux camélias (1) :
Tout sur Marguerite

© SĂ©bastien MathĂ©

À revoir ce grand ballet de John Neumeier, surtout avec une Marguerite Gautier de l’envergure d’Agnès Letestu, on se dit que le chorégraphe a décidément réussi une étonnante synthèse des différentes approches possibles de cette héroïne mythique et de son époque. Une sorte de chef-d’œuvre.
 

Palais Garnier, Paris
Le 02/02/2010
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Il Ă©tait particulièrement adĂ©quat d’ouvrir l’annĂ©e 2010, deux centième anniversaire de la naissance Chopin, avec ce ballet dont la musique est dans sa totalitĂ© empruntĂ©e Ă  l’œuvre du plus parisien des compositeurs polonais. Et puis, on ne se lasse pas de voir et de revoir ce vaste tableau de mĹ“urs dont on dĂ©couvre toujours un nouveau dĂ©tail, surtout quand le crĂ©ateur a lĂ©gèrement remaniĂ© certains passages comme c’est le cas pour cette reprise.

    Une première distribution réunissait à nouveau le couple dont l’interprétation a été fixée sur le DVD, à savoir l’Étoile Agnès Letestu et le Premier Danseur Stéphane Bullion. Ce dernier était à l’époque entré en jeu plus tôt que prévu en raison de la blessure de l’Étoile Hervé Moreau initialement prévue pour la captation. En peu de temps, il était parvenu à bâtir de manière très crédible son personnage, tant dans le domaine de la danse que dans celui du jeu dramatique. Il a naturellement progressé depuis, se trouvant désormais en terrain connu et conforté par le succès remporté.

    Bullion est un très solide danseur au physique idéal pour ces grands rôles romantiques, excellent partenaire notamment pour les multiples portés acrobatiques du ballet, très investi théâtralement tout en restant sobre et digne, avec le côté émerveillé et légèrement apeuré de ce provincial englouti par le tourbillon de la vie parisienne.

    Agnès Letestu reste une admirable interprète de Marguerite Gautier dont elle montre avec autant d’intelligence que de science les multiples facettes. Avec une artiste de cette envergure, on ne peut plus parler de progrès mais plutôt de renouvellement, d’approfondissement, de développement.

    La danse étant absolument maîtrisée, Letestu peut ne plus songer, au moins en apparence, qu’à la composition de son personnage, le visage, les regards, complétant tout ce que le corps exprime pour raconter cette femme aussi bien courtisane que grande dame, amoureuse éperdue de bonheur que blessée de la plus cruelle manière, mourante enfin, solitaire et digne, dans l’indifférence de tous ceux qui se disaient ses amis. Pas facile à rendre avec une telle précision et une telle force sans le secours de la parole ! Mais une grande ballerine au zénith de son art comme Agnès Letestu prouve une fois encore que la danse peut tout.

    Beaucoup de rôles importants animent aussi ce ballet. Ceux de Manon et de Des Grieux, d’abord, qui préfigurent le destin de Marguerite elle-même et la hantent tout au long de son parcours. Subtile et émouvante, Isabelle Ciaravola était ce soir-là Manon. On la retrouvera bientôt en Marguerite Gautier. Le Des Grieux de Christophe Duquenne est toujours d’une belle présence. Muriel Zusperreguy est une séduisante Prudence et Josuah Hoffalt, tout nouveau Premier Danseur à la technique sûre, reste un peu effacé quand même en Gaston Rieux. Il s’affirmera davantage au fil des spectacles. Bien belle Olympia incarnée par la blonde Juliette Gernez.

    Tous les autres sont excellents, Simon Valastro en Comte de N. amoureux fébrile et maladroit, Béatrice Martel en Nanine, Laurent Novis en Duc et bien sûr Michael Denard en Monsieur Duval. Le Corps de ballet s’investit à fond, car il y a beaucoup à danser et le ballet repose beaucoup aussi sur tous ces ensembles, ces pas de trois, ces différentes interventions individuelles ou groupées. Rien ne doit se faire dans l’à peu près et la compagnie s’y emploie.

    Sous la baguette de Michael Schmidtsdorff l’Orchestre de l’Opéra a la lourde tâche de défendre les pages de Chopin qu’interprètent également Emmanuel Strosser et Frédéric Vaysse-Knitter avec talent, car il n’est pas facile de rendre justice à d’aussi fortes œuvres tout en se conformant aux exigences de la danse.

    D’autres distributions vont maintenant se succéder et l’on attend en particulier le couple Aurélie Dupont-Jiri Bubénicek, soliste du Ballet de Hambourg, ainsi que la nouvelle Étoile Karl Paquette qui dansera avec Isabelle Ciaravola.




    Palais Garnier, jusqu'au 4 mars.




    Palais Garnier, Paris
    Le 02/02/2010
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise de la Dame aux camélias de John Neumeier au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    La Dame aux camélias
    chorégraphie : John Neumeier
    musique : Frédéric Chopin
    décors et costumes : Jürgen Rose
    Ă©clairages : Rolf Warter

    Emmanuel Strosser et Frédéric Vaysse-Knitter, piano
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Michaël Schmidtsdorff

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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