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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Prise de rôle de Karl Paquette en Armand Duval dans la Dame aux camélias de John Neumeier au Ballet de l’Opéra national de Paris

Dame aux camélias (2) :
Élégance et émotion

© SĂ©bastien MathĂ©

Isabelle Ciaravola (Marguerite Gautier) et Karl Paquette (Armand Duval)

Pour son premier Armand Duval dans la Dame aux camélias de John Neumeier, la nouvelle étoile Karl Paquette a largement confirmé son accession méritée au titre suprême. Aux côtés d’une Isabelle Ciaravola à la personnalité totalement épanouie, il forme un couple souverain et charismatique, qui marquera l’histoire de l’œuvre.
 

Palais Garnier, Paris
Le 16/02/2010
GĂ©rard MANNONI
 



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  • On s’étonne toujours de constater comment, Ă  partir d’une Ă©cole identique, les danseurs parviennent Ă  ĂŞtre si diffĂ©rents. Aucune des distributions que l’on a vues depuis que cette Dame aux camĂ©lias est entrĂ©e au rĂ©pertoire du Ballet de l’OpĂ©ra, ne ressemble Ă  l’autre. Certaines s’imposent avec plus de force, mais aucune ne laisse indiffĂ©rent et surtout, on constate combien, malgrĂ© ce que l’on nomme souvent le carcan d’un enseignement prĂ©cis et rigoureux avec des exigences spĂ©cifiques quant au style et Ă  l’exĂ©cution des pas, les danseurs parviennent Ă  dĂ©velopper leur propre personnalitĂ©, leur propre originalitĂ©.

    Ainsi, le nouveau couple formé par Karl Paquette, qui abordait le seul rôle d’étoile du répertoire qu’il n’ait pas encore dansé, et Isabelle Ciaravola, s’est-il imposé d’une manière implacable, mais sans ressembler à aucun de ceux vus jusqu’à présent.

    Sensibilité, générosité, sincérité, enthousiasme ont toujours permis à la technique de Karl Paquette de nous communiquer quelque chose de plus que bien d’autres interprètes. Il trouve ici un rôle où toutes les qualités qui lui sont propres peuvent s’exprimer librement. Aussi efficace au début en jeune provincial agressé par la futile société parisienne qu’ensuite, en amant passionné poussé au désespoir, il touche de mille façons différentes sans jamais tomber dans un artificiel pathos ni un mélodrame de surface. La danse est belle, expressive, même dans les passages les plus ardus et les portés les plus acrobatiques, et son physique de grand blond s’accorde à ravir avec celui d’Isabelle Ciaravola, petite beauté brune au visage, aux proportions, au regard qui paraissent, c’est presque devenu un lieu commun de le rappeler, directement descendus de quelque tableau romantique.

    D’une élégance, d’un charme, d’une autorité absolus, Isabelle Ciaravola n’en fait jamais trop elle non plus, mais émeut, bouleverse tant par la finesse de son jeu dramatique que par l’extrême subtilité d’une danse où des pieds admirables, des bras immatériels, une manière évanescente de s’élever dans les portés semblent défier la gravité. Tout cela est d’une grande beauté, d’une sûreté technique sans failles, mais laisse croire d’emblée à une fragilité intérieure, autant celle de l’âme qui va être blessée à mort que celle du corps attaqué par la maladie, mais sans excès de réalisme.

    Eve Grinsztajn est une fort belle Manon, technique déliée et sens du théâtre face au des Grieux de Florian Magnenet au physique toujours aussi spectaculaire. En Gaston Rieux, Josuah Hoffalt a été plus assuré qu’au soir de la première. Laure Muret, spirituelle Olympia, Adrien Bodet, Comte de N. aussi touchant que balourd, Karine Villagrassa, Nanine discrète mais omniprésente avec grâce, et Andreï Klemm, élégant Monsieur Duval de bel impact, complétaient cette nouvelle distribution avec toute l’efficacité voulue.

    C’est ce type de spectacle, aux côtés de bien d’autres, en particulier dans le domaine de la création contemporaine ou d’autres acquisitions comme celle du Proust de Roland Petit, qui resteront l’image de marque de l’ère Lefèvre au Ballet de l’Opéra, tant par le choix des œuvres que par celui des interprètes et de leur accession vers le sommet de la hiérarchie de la compagnie.




    Palais Garnier, Paris
    Le 16/02/2010
    GĂ©rard MANNONI

    Prise de rôle de Karl Paquette en Armand Duval dans la Dame aux camélias de John Neumeier au Ballet de l’Opéra national de Paris
    La Dame aux camélias
    chorégraphie : John Neumeier
    musique : Frédéric Chopin
    décors et costumes : Jürgen Rose
    Ă©clairages : Rolf Warter

    Emmanuel Strosser et Frédéric Vaysse-Knitter, piano
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Michaël Schmidtsdorff

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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