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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

Le Prince de verre de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche par le Centre Chorégraphique national de Nantes au Théâtre national de Chaillot, Paris.

Du texte au geste
© Laurent Philippe

Imaginé à partir d’un texte publié par Benjamin Lamarche, le Prince de verre est à la fois un parcours intime dans le passé du danseur et du chorégraphe Claude Brumachon, une réflexion sur la fragilité du métier de danseur, un travail vers la recherche d’une adéquation entre une pensée et un style chorégraphique.
 

Théâtre national de Chaillot, Paris
Le 10/03/2010
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Directeurs du Centre chorĂ©graphique national de Nantes depuis 1992, Claude Brumachon et Benjamin Lamarche ont un vaste passĂ© commun, dans la vie comme dans la crĂ©ation. Ils ont l’habitude d’aller travailler souvent en terre lointaine, Afrique, Asie, AmĂ©rique du sud, ce qui nourrit leur rĂ©flexion sur eux-mĂŞmes, sur leur danse, sur l’univers. Leur travail, on le sait, n’est jamais ni totalement abstrait, ni totalement figuratif.

    Le texte de Benjamin Lamarche pas plus que la pièce qui s’en inspire ne sont donc à prendre comme des mémoires ou des récits autobiographiques, bien qu’ils soient l’un comme l’autre étroitement liés à la mémoire collective des deux créateurs et à leur trajet personnel. Un conte philosophique à la Voltaire ? Pourquoi pas, avec le même mélange de sérieux, da caricatural, de rêve, d’agressivité, de réalisme et de distanciation face à la réalité.

    Si la fragilité du danseur est au centre du propos, elle n’en est quand même que l’épine dorsale, le fil rouge, le long duquel se greffent les images plus ou moins définies de quelque trente ans d’invention, d’évolution, de recherche dans la tête et dans le corps, à la fois méthodique et totalement subjective.

    On retrouve, comme adoucis aujourd’hui, le rapport qui fut violent, des corps entre eux et des corps et du sol, la vivacité du mouvement, sa nervosité, cette sensualité où l’autre est à la fois attrait et refus. Autant manipulé que manipulateur, le corps du danseur est alors aussi indestructible que paniquant de fragilité, l’évidence du muscle en soulignant les tensions toujours au bord de la rupture.

    Et puis, parallèlement à tout ce que raconte ce travail de pas et de mouvements, de figures isolées ou groupées, autour du personnage de l’Écrivain en pittoresque costume de ville vieillot, s’inscrit une cohorte de personnages sortis de la mythologie personnelle des créateurs, évocation plus ou moins achevées du XVIIIe siècle qu’ils aiment à travers des ébauches de costumes, une androgynie occasionnelle et même l’apparition inattendue d’étranges hommes oiseaux à la Papageno qui pourraient être un clin d’œil aux toutes premières pièces de Brumachon pleines de corneilles et autres engoulevents.

    Tout cela est poétiquement conçu, avec de beaux costumes, des éclairages élaborés, une bande son qui est elle aussi un tracé allant du baroque au contemporain typique des préoccupations musicales de Brumachon et de Lamarche.

    Cet ensemble a de quoi plaire, ne serait-ce que par la qualité de la danse et des images, par son côté concret-abstrait qui ne sombre pas dans l’intellectualisme pur et abscons de tout une danse actuelle, et même si son caractère parfois private joke peut dérouter. Il n’impose rien, mais suggère, donne des directions, pose des questions, la liberté d’émotion et d’identification du spectateur étant largement respectée.

    Les huit danseurs, dont Brumachon et Lamarche, sont excellents, investis, généreux. C’est une réussite très attachante dans ce long et riche parcours commun de deux créateurs, parcours qui représente un cas unique dans la création d’aujourd’hui.




    Théâtre national de Chaillot, Paris
    Le 10/03/2010
    GĂ©rard MANNONI

    Le Prince de verre de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche par le Centre Chorégraphique national de Nantes au Théâtre national de Chaillot, Paris.
    Le Prince de verre
    chorégraphie : Claude Brumachon et Benjamin Lamarche, d’après le roman de Benjamin Lamarche (éditions Bénévent)
    décor : Jean-Jacques Brumachon
    costumes : Claude Brumachon & Jacqueline Brochet
    Ă©clairages : Olivier Tessier
    Avec Vincent Blanc, Steven Chiotard, Lise Frassier, Elisabetta Gareri, Julien Grosvalet, Benjamin Lamarche, Martin Mauriès, Claude Brumachon

     


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