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L'ACTUALITE DE LA DANSE 08 aoűt 2020

Hommage à Jerome Robbins au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Hommage Ă  Robbins (1) :
Un charme irrésistible

© SĂ©bastien MathĂ©

Marie-Agnès Gillot et Nicolas Le Riche (En sol)

Bien qu’on les ait vus maintes fois, les ballets En sol, In the Night et The Concert de Jerome Robbins gardent tout leur charme et leur exceptionnel raffinement, surtout dansés comme savent le faire les artistes de l’Opéra de Paris. De la beauté pure, complétée par le Triade de Benjamin Millepied.
 

Palais Garnier, Paris
Le 21/04/2010
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Ă€ voir la qualitĂ© d’interprĂ©tation des trois ballets de Jerome Robbins inscrits au programme de cette soirĂ©e que complète Triade de Benjamin Millepied, on se dit que la compagnie de l’OpĂ©ra reste vraiment l’une des plus aptes Ă  garder cet hĂ©ritage, sinon mĂŞme la plus apte. Après le dĂ©cès du gĂ©nial chorĂ©graphe, la tradition qu’il avait inculquĂ©e ici, avec un perfectionnisme touchant presqu’à l’acharnement, reste intacte. On a changĂ© de gĂ©nĂ©ration, c’est tout, comme cela doit ĂŞtre, dans le dĂ©roulement de l’histoire de la danse.

    Pour cette première distribution, ce sont Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche qui nous entraînent dans le si joyeux et stimulant En sol, sur la musique du Concerto pour piano de Ravel et que joue parfaitement Elena Bonnay en soliste, avec l’Orchestre de l’Opéra dirigé par Koen Kessels. Humour et joie de vivre tonique, rapide, élégante, des premier et dernier mouvements, duo plus poétique pour le deuxième, c’est un miracle d’allégresse, de belle danse.

    Aurélie Dupont, mince, ravissante, a tout le chic distancié qui convient face à un Nicolas Le Riche des grands soirs, fort sans lourdeur, félin, séducteur. Et ils sont secondés par ces magnifiques danseurs qui comptent parmi les clés de voûte de la compagnie, mesdemoiselles Albisson, Bellet, Granier, Muret, Renavand, Westerman, messieurs Gaudion, Houette, Magnenet, Meyzindi , Bertaud, Valastro. Autant de technique que d’abattage et de bonne humeur.

    Après un tel feu d’artifice, Triade de Benjamin Millepied pourrait avoir du mal à tenir la distance s’il n’était défendu par quatre danseurs d’exception. Ce jeu de l’amour et du hasard qui est une sorte de relecture de In the Night de Robbins qui va suivre, permet à Marie-Agnès Gillot de déployer l’incroyable énergie qui donne tant d’éclat et d’intérêt à tout ce qu’elle danse, avec pour principal partenaire ici Vincent Chaillet, nouveau Premier Danseur, montrant lui aussi une danse somptueuse d’engagement et de technique.

    Le voilà maintenant confronté à des rôles où tout son exceptionnel potentiel va achever de s’affirmer. La preuve en est ici éclatante. Dorothée Gilbert et le toujours excellent Nicolas Paul sont les deux autres protagonistes de ce quatuor aux rencontres incertaines, très sûrs, danse ample, efficace. Comment le ballet ne serait-il pas sauvé de toutes manières avec de pareils interprètes ?

    Et l’on replonge ensuite en plein rêve avec In the Night, inspiré par quatre nocturnes de Chopin à Jerome Robbins. Avec Rioko Hisayama au piano, trois couples vont successivement tenter l’aventure de la rencontre et de l’amour avant de se retrouver tous en ensemble. Atmosphère nocturne soyeuse dans un climat d’une subtilité prenante, sentiments plus effleurés que vécus, la chorégraphie est un chef-d’œuvre d’imagination poétique et une fois encore d’élégance.

    Ludmilla Pagliero, nouvelle belle Première Danseuse ici bien en première ligne et Jérémie Bélingard toujours aussi scénique, expressif, rayonnant d’une vraie force intérieure, puis Agnès Letestu, immatérielle, royale, d’une présence impérieuse, avec le sculptural Stéphane Bullion comme excellent partenaire et enfin Dephine Moussin, tellement fine, sensible, sur la pointe de l’émotion, avec Nicolas Le Riche, sont les magiciens qui vivent devant de nos yeux et nous font partager ces enchaînement complexe de sentiments traduits par une chorégraphie si belle et inspirée qu’on en oublierait son extrême difficulté.

    Et pour finir, on entre bien volontiers dans le monde du gag et de la parodie avec The Concert qui déchaîne toujours la même hilarité dans la salle. Toute une délirante équipe s’en donne à cœur joie, menée par la pianiste Vessela Pelovska et par Dorothée Gilbert, très en progrès théâtralement depuis ses premières apparitions dans le rôle de la ballerine incontrôlable, par Alessio Carbone dans le rôle du mari et par tous les autres dont Laure Muret en fille en colère, Simon Valastro en étudiant timide ou Béatrice Martel en épouse du mari volage et volant. Quelle fraîcheur et quelle modernité pour un ballet qui, entré au répertoire de l’Opéra en 1992, avait été créé en 1956 !

    D’autres distributions vont se succéder, donnant à de nombreuses étoiles ainsi qu’à des premiers danseurs et à des membres du corps de ballet l’occasion de se mesurer à cette quintessence d’un art chorégraphique idéal.




    Palais Garnier, Paris
    Le 21/04/2010
    GĂ©rard MANNONI

    Hommage à Jerome Robbins au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Hommage Ă  Jerome Robbins
    En sol
    Triade, chorégraphie de Benjamin Millepied
    In the Night
    The Concert

    Eléna Bonnay, Ryoko Hysayama, Vessela Pelovska, piano
    Frédéric Lanau, piano, Bruno Flanou, Jean Raffard, trombone
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Koen Kessels

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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