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L'ACTUALITE DE LA DANSE 29 novembre 2020

Création d’Orphée de José Montalvo et Dominique Hervieu au Théâtre national de Chaillot, Paris.

Du paradis à l’enfer
© Laurent Philippe

Célèbres pour leur spectacle Paradis (1997), José Montalvo et Dominique Hervieu avec Orphée s’attaquent au Théâtre de Chaillot à l’enfer sur fond de grève, mais avec beaucoup de bonheur. Leur nouvelle création allie le merveilleux à la profondeur réelle sur une réflexion au sujet d’un mythe éternel.
 

Théâtre national de Chaillot, Paris
Le 23/05/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • Le tandem de chorĂ©graphes Montalvo-Hervieu devait mettre en scène OrphĂ©e et Eurydice de Gluck pour l’OpĂ©ra du Rhin. Le projet n’ayant pas abouti, il est restĂ© sur sa faim et a exploitĂ© ses idĂ©es et rĂ©flexions dans sa nouvelle crĂ©ation chorĂ©graphique. Ils ne sont pas les premiers chorĂ©graphes Ă  s’attaquer au mythe d’OrphĂ©e ; rĂ©cemment Pina Bausch et plus anciennement George Balanchine l’ont fait avec des bonheurs peu comparables.

    Difficile d’extraire Orphée de son contexte musical, même si des poètes et cinéastes l’ont réussi. Montalvo et Hervieu, restant fidèles à leur système de danse autour d’un écran projetant des images des danseurs ou d’animaux et même des paysages, ont adjoint à leur troupe de danseurs multiethniques des musiciens et des chanteurs, certains d’entre eux se révélant également d’excellents danseurs. Un melting-pot de très haut niveau pour une heure trente de bonheur.

    Très attendue, car reculée de quarante-huit heures en raison de grèves du personnel de Chaillot revendiquant à la fois pour ses conditions de travail et contre la renégociation de ses conventions collectives et inquiet du futur du théâtre en raison du départ en janvier 2012 de sa directrice Dominique Hervieu pour la Maison de la Danse et la Biennale de Lyon, cette création avait mobilisé un public très nombreux en cette fin de semaine ensoleillée de Pentecôte.

    L’accueil a été unanime et le public ne semblait en vouloir aux grévistes de les avoir pris en otage un quart d’heure avant le début du spectacle pour des explications accueillies avec un mélange d’applaudissements et de sifflets. Passée la pilule sociale, on a pu se laisser aller à leur narration du mythe qui débute par un film. Un jeune homme découvre l’histoire d’Orphée dans un livre acheté chez un bouquiniste des quais de Seine. Il saute dans le fleuve et refait le parcours onirico-initiatique d’Orphée.

    Les animaux, chers à nos chorégraphes, sont charmés au passage, puis suit tout un collage kaléidoscopique où les différents danseurs évoquent le couple mythique, chacun dans leur vocabulaire spécifique allant des danses de rue à la danse moderne et même académique. Un échassier du Cirque du Soleil se mêle à eux et réalise des exploits ébouriffants.

    Mais ce n’est presque rien en regard de la performance de l’Orphée filmé, un jeune homme algérien au visage d’une intensité bouleversante, danseur de hip-hop unijambiste, qui apparaît sur scène et réalise, sur la tête, sur le côté, sur les mains, les acrobaties les plus ahurissantes. Son duo avec l’échassier est une des choses les plus originales vues sur une scène de danse théâtrale ces dernières années.

    Musicalement on est aussi à la fête avec deux instrumentistes, un violoncelliste et un théorbiste, quelques chanteurs dont un contre-ténor qui n’a pas oublié de s’adjoindre un sens inouï de la scène et une capacité de danser plutôt admirable. Ils reprennent les cantilènes de Monteverdi, Gluck et Offenbach et le collage musical n’a pas peur de convoquer aussi Philip Glass et La Secte Phonoténik. Seul reproche, d’avoir fait chanter le violoncelliste, car le parlar cantando monteverdien ne s’improvise pas et s’accommode assez mal d’une retransmission sonore aussi poussée.

    De l’ensemble se dégagent assez fortement les messages de la séparation des couples, de la fragilité de l’être humain et de l’artiste en particulier, du pouvoir de l’art et de la création poétique, sans que jamais ne pèse sur le spectateur plus que le pouvoir de suggestion, léger comme la danse et doux comme la musique.




    Théâtre national de Chaillot, jusqu’au 19 juin.




    Théâtre national de Chaillot, Paris
    Le 23/05/2010
    Olivier BRUNEL

    Création d’Orphée de José Montalvo et Dominique Hervieu au Théâtre national de Chaillot, Paris.
    Orphée
    chorégraphie : Dominique Hervieu et José Montalvo
    scénographie, conception vidéo : José Montalvo
    costumes : Dominique Hervieu assistée de Siegrid Petit-Imbert
    musiques : Claudio Monteverdi, Christoph W. Gluck, Philip Glass, Francesco Durante, Giovanni Felice Sanches, Giuseppe Maria Jacchini, Luiz Bonfa, La Secte Phonétik, Sergio Balestracci, Jacques Offenbach, Antonio Vivaldi, William Byrd
    Ă©clairages : Vincent Paoli
    collaborateur artistique à la vidéo : Pascal Minet
    infographie : Franck Chastanier, Sylvain Decay, Clio Gavagni, Michel Jaen Montalvo, Basile Maffone
    son : Jean-Christophe Parmentier
    assistants à la chorégraphie : Joëlle Iffrig, Roberto Pani

    Avec les danseurs Stéphanie Andrieu, Natacha Balet, Morgane Le Tiec, Delphine Nguyen dite Deydey, Brahem Aiache, Babacar Cissé dit Bouba, Grégory Kamoun, Karim Randé, Stevy Zabarel dit Easley, les chanteurs et musiciens Soanny Fay, Sabine Novel, Théophile Alexandre, Blaise Kouakou, Merlin Nyakam, Sébastien Obrecht (violoncelle) et au théorbe (en alternance) Florent Marie, Rémi Cassaigne.

     


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