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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Édition 2010 des Étoiles du XXIe siècle au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Limites du show-dance
© Emmanuel Donny

Daniil Simkin

Hormis ceux qui se trouvaient à la Biennale de Lyon, tous les amateurs de danse parisiens étaient là. Ce spectacle des Étoiles du XXIe siècle au Théâtre des Champs-Élysées marque en effet la rentrée chorégraphique dans la capitale. Atmosphère de fête, en dépit des inégalités flagrantes du programme.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 17/09/2010
GĂ©rard MANNONI
 



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    On y a découvert encore récemment un Daniil Simkin, et Lucia Lacarra reste une grande Étoile, mais la moisson n’est pas toujours aussi gratifiante. D’autant que les chorégraphies néoclassiques présentées entre les quelques pas de deux classiques indispensables pour mettre en transe les amateurs de fouettés et de tours à la seconde, ne sont cette année que d’un niveau assez moyen, voire parfois carrément sans intérêt.

    Alors, bien sûr, quand un Simkin danse, on s’attarde peu sur la nature des pas. Qu’il s’agisse du Fallen Angel réglé par Dmitry Simkin sur du Mozart ou de Tchaïkovski pas de deux de Balanchine, on est béat d’admiration devant la qualité de cette danse. Simkin est un elfe, un feu follet, une flamme. Il ne touche jamais le sol, il est partout à la fois, avec grâce, élégance, finesse, esprit.

    Il en rajoute dans le genre saut acrobatique, c’est vrai, ce qu’il ne devrait pas se permettre avec Balanchine, mais le public en redemande et on n’aura pas le mauvais goût de lui intenter ce genre de procès. Tous les danseurs du monde ont ces faiblesses dans ce type de galas.

    On peut néanmoins rappeler que ce n’est pas la hauteur de ses sauts ni leur complexité qui font de lui un danseur d’exception, mais sa manière d’exécuter tout ce qu’il danse, avec ce charme, cette autorité, ce naturel, ce goût, cet enthousiasme. Il vaut la soirée à lui seul. Sa partenaire, Yana Selenko de l’Opéra de Berlin, dans Balanchine, mignonne et vive, ne danse pas sur la même planète.

    Si elle n’était pas aussi squelettique, Lucia Lacarra approcherait aussi d’un certain idéal de la danse, par sa souplesse, son legato, son élégance, un côté évanescent et romantique. Mais on dirait qu’elle va se casser en deux, que les muscles des jambes dont on voit les accroches sur les os, ne vont pas résister à l’effort.

    Comme pour les mannequins, dans le domaine de la minceur, certaines ballerines en font vraiment trop. Dommage. Son solide partenaire, Cyril Pierre, semble d’ailleurs la soulever comme une demi-plume, dans l’Adagio for strings de Samuel Barber chorégraphié par Gérard Bohbot avec intelligence, comme dans le peu convaincant Elegy de Raimondi Rebeck.

    Que retenir d’autre ? Pas grand chose dans les chorégraphies néoclassiques, sauf peut-être celles de Leo Mujic, défendues par deux interprètes à la personnalité originales, Ilja Louwen et Leo Mujic lui-même. Et parmi les danseurs, la ravissante et très bien dansante Chinoise Jian Zhang, Étoile du Ballet national de Chine, jolie ligne, jolie jambes et danse très sûre, brillante, pure, dans le pas de deux de la Belle au bois dormant.

    Et aussi la russe Ekaterina Krysanova aux très belles jambes, aux beaux équilibres, mais qui se croit obligée de nous gratifier de fouettés doubles, triples ou que sait-on encore, à une telle vitesse et avec des bras si mal tenus qu’on n’y voit vraiment plus rien.

    Mais il faut reconnaître que le public ici rassemblé semble être venu surtout pour voir qui tourne le plus vite et saute le plus haut. Il se met à hurler d’enthousiasme et à applaudir dès que la musique s’arrête, même pour un simple soupir au milieu d’une pièce. Il veut son compte d’acrobaties en tous genre, avec ou sans belle danse. Alors, reconnaissons que la tentation est forte, tant pour les organisateurs que pour les interprètes, de lui donner ce pour quoi il a payé.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 17/09/2010
    GĂ©rard MANNONI

    Édition 2010 des Étoiles du XXIe siècle au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Les Étoiles du XXIe siècle
    Lucia Lacarra, Cyril Pierre (Opéra de Munich)
    Ekaterina Krysanova, Andrei Merkuriev (Ballet du BolchoĂŻ)
    Yana Selenko (Opéra de Berlin)
    Danil Simkin (American Ballet Theatre)
    Aleksandra Liaszenko, Egor Menshikov (Ballet national de Pologne)
    Jan Zhang, Bin Hao (Ballet national de Chine)
    Ilja Louxwen, Leo Mujic (Étoiles invitées)

     


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