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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Programme Roland Petit en ouverture de saison du Ballet de l’Opéra national de Paris.

Roland Petit triomphe toujours
© Anne Deniau

Le Rendez-vous

Succès triomphal au Palais Garnier pour ce programme de rentrée du Ballet de l’Opéra avec trois ballets historiques du tournant des années 1950 de Roland Petit, le Rendez-vous, le Loup et le Jeune homme et la mort. L’impact de ces œuvres n’a pas faibli avec les ans, d’autant que leur interprétation est du plus haut niveau.
 

Palais Garnier, Paris
Le 24/09/2010
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Le Ballet de l’OpĂ©ra n’a pas ratĂ© son ouverture de saison. Ce programme Roland Petit regroupant trois ballets dont le plus rĂ©cent est de 1953 a reçu un accueil triomphal, prouvant que le public reste toujours aussi fascinĂ© par ces Ĺ“uvres fondatrices qui traversent les ans sans rien perdre de leur jeunesse et que toutes les gĂ©nĂ©rations de danseurs tiennent Ă  s’approprier.

    Le Rendez-vous (1945), le Jeune homme et la mort (1946), le Loup (1953) forment presque une trilogie aussi homogène que diversifiée, autour du thème du destin et de la mort, avec une puissance créatrice étonnante si l’on songe que Roland Petit n’avait que vingt-et-un ans au moment de la création du Rendez-vous.

    Tout avait d’ailleurs commencé dans un climat de fête avec le traditionnel Grand défilé du corps de Ballet que Brigitte Lefèvre a raison de faire figurer chaque année en ouverture de la saison. Belle manière de déployer les forces de la compagnie devant le public qui va suivre sa programmation toute l’année. À l’exception d’Aurélie Dupont qui attend un deuxième bébé, toutes les Étoiles étaient présentes, dont Hervé Moreau qui semble commencer à se remettre de sa grave blessure survenue lors de la tournée en Australie la saison passée. On a hâte de le revoir danser.

    Autre petit cadeau de début de saison, un duo de Proust ou les intermittences du cœur était ajouté au programme, moment de pure magie comme Roland Petit sait les créer. Eleonora Abbaganto, très belle, très expressive, poétique, touchante de fragilité maîtrisée faisait aussi un grand retour, aux côtés de Benjamin Pech d’une parfaite rigueur.

    Avec le Rendez-vous, entré au répertoire de l’Opéra en 1992, Roland Petit signait en 1945 l’un de ses premiers chefs-d’œuvre, juste après les Forains. Il avait déjà su rassembler autour de lui les plus éminents créateurs du temps, rideau de scène de Picasso, décors de Brassaï, costumes de Mayo, argument de Prévert et musique de Kosma, musique qui allait devenir célèbre sous la forme de la chanson des Feuilles mortes.

    Comme dans un film en noir et blanc, c’est un drame qui se déroule dans un Paris un peu voyou aujourd’hui disparu, celui des petits bistrots-bals de quartiers, sur la butte Montmartre ou à Montparnasse. Tout un petit peuple de garçons à casquettes et de midinettes, avec la marchande de violettes (ravissante Charlotte Ranson) et le bossu souffre-douleur (étonnant Hugo Vigliotti), entoure l’inquiétante image du destin (Michael Denard remarquable de sobre intensité terrifiante) et le couple mythique formé par l’innocent jeune homme (Nicolas Le Riche superbe à tous égards) et la Plus belle fille du monde, incarnation de la mort inoubliable par une Isabelle Ciaravola d’une beauté vraiment fatale et d’une présence totalement cinématographique.

    Un grand moment de théâtre et de danse avec l’excellente contribution du danseur chanteur Pascal Aubin, interprète des Feuilles mortes et de les Enfants qui s’aiment. Contraste total avec l’incandescence des costumes conçus par Carzou pour le Loup où là encore Roland Petit avait su s’entourer, avec un argument de Jean Anouilh et une partition commandée à Henri Dutilleux.

    Un monde en couleur où s’exposent les vilains côtés de l’âme humaine, incapable d’accepter l’amour conçu pour un être différent. Thème éternel plus que jamais d’actualité que ce sacrifice de la jeune mariée trompée par son époux le jour de ses noces et qui vit un amour passion avec un loup de foire, plus humain que tous les autres humains présents. Elle préfère mourir avec lui plutôt que rester avec ce monde pervers.

    Émilie Cozette a trouvé dans la Jeune fille un rôle qui met en valeur ses meilleurs qualités. Elle danse bien, elle joue bien, elle est émouvante, sincère sans en faire trop. Encore une belle prise de rôle à son actif, tout comme pour Stéphane Bullion, Loup d’une remarquable présence dramatique, très exact de style dans cette composition difficile. Christophe Duquesne en Jeune homme, Alexis Renaud en Montreur de bête et Amandine Albisson en Bohémienne complétaient cette excellente distribution.

    Et puis, pour finir, il y avait le Jeune homme et la mort dont le public ni les danseurs ne se lasseront jamais. Alice Renavand était cette troisième femme mortifère de la soirée, belle, précise, expressive, avec toujours cette danse si bien maîtrisée et exploitée. Jérémie Bélingard, comme on s’en doutait, à tout pour être un mémorable Jeune homme, le physique, la force, le sens du drame, la générosité. Comment s’étonner après tout cela, des acclamations presque sans fin qui accompagnèrent les multiples rappels succédant au rideau final et où le chorégraphe était entouré de toutes les étoiles de la soirée ?




    Palais Garnier, Paris
    Le 24/09/2010
    GĂ©rard MANNONI

    Programme Roland Petit en ouverture de saison du Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Défilé du Ballet
    Proust ou les Intermittences du cœur (extrait du tableau VII)
    chorégraphie : Roland Petit
    musique : Saint-Saëns et Franck
    costumes : Luisa Spinatelli
    éclairages : Jean-Michel Désiré

    Le Rendez-vous
    chorégraphie : Roland Petit
    argument : Jacques Prévert
    musique : Joseph Kosma
    rideau de scène : Picasso
    décors : Brassaï
    costumes : Mayo
    éclairages : Jean-Michel Désiré

    Le Loup
    chorégraphie : Roland Petit
    argument : Jean Anouilh et Georges Neveux
    musique : Henri Dutilleux
    décors et costumes : Carzou
    éclairages : Jean-Michel Désiré

    Le Jeune homme et la mort
    chorégraphie : Roland Petit
    argument : Jean Cocteau
    musique : Bach
    décors : Wakhévitch
    costumes : d’après Karinska
    éclairages : Jean-Michel Désiré

    Orchestre Colonne
    direction : Yannis Pouspourikas

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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