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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Parzifal, Épisodes et écho, de John Neumeier par le Ballet de Hambourg à l’Opéra de Paris.

Envoûtant et exaspérant
© Holder Badekow

Le chorégraphe américain John Neumeier est pour la sixième fois avec sa compagnie, le Ballet de Hambourg, au Palais Garnier, dans la saison chorégraphique de l’Opéra national de Paris. Ils présentent Parzival, un spectacle saisissant et expressif, mais qui aurait mérité un prologue explicatif pour tous ceux pour qui l’univers médiéval n’est pas une évidence.
 

Palais Garnier, Paris
Le 15/11/2010
Nicole DUAULT
 



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  • CrĂ©Ă© en 2006 Ă  Hambourg, Parzival est selon Neumeier lui-mĂŞme sa pièce la plus complexe. Elle Ă©voque les aventures de Parsifal, qui malgrĂ© sa mère, veut devenir chevalier, ne doute de rien et part Ă  la conquĂŞte du monde et de soi. Pour le parcours initiatique de son hĂ©ros, Neumeier s’inspire des lĂ©gendes de Perceval, du roi Arthur, de textes de ChrĂ©tien de Troyes et d’autres mĂ©diĂ©vaux.

    Au début des années 1960, les études de lettres commençaient par le Moyen Âge. Qui en est aujourd’hui familier ? Peu s’y retrouvent. Aussi le cheminement foisonnant par lequel nous conduit John Neumeier à travers ces contes mériterait-il un prologue explicatif. Ne pénètre pas qui veut dans ce monde onirique et cet univers déroutant. Entre le blondinet Parzival, vêtu d’une chemise de nuit, tenant son ours dans les bras à bord de sa trottinette et le roi pêcheur, entre le rituel du Graal et l’extase dans la nature avant la rédemption, on perd vite ses repères.

    Pourquoi un chorégraphe majeur, qui n’a plus rien à prouver, s’emberlificote-t-il dans des récits aussi chevillés, aussi compliqués alors qu’on ne lui demande que de nous faire rêver ? Il faut du cran au spectateur après une heure et demie de tergiversations peu compréhensibles, s’il n’a pas lu en détail le programme, pour passer l’entracte. La seconde partie est pourtant bien meilleure et plus émouvante.

    Oublions les péripéties narratives et philosophiques de ce voyage intérieur pour savourer la chorégraphie. L’écriture de Neumeier est fluide et intense, ample et saisissante, impulsive et expressive. Sa gestuelle puise au classicisme comme à tous les modernismes avec de limpides mouvements esthétisants pour les femmes mais aussi des pieds cassés, des bras pliés à angle droit et une écriture musclée pour les hommes.

    Le Corps de ballet est splendide et les solistes fulgurants comme le Parzival d’Alexandre Riabko. L’un des mérites de Neumeier est de savoir coller sa chorégraphie à la musique sans hiatus, sans pléonasme ni répétition. Il a choisi évidemment le prélude du Parsifal de Wagner mais également des pièces de John Adams et Arvo Pärt.

    Un moment de grâce d’ailleurs avec Für Alina de Pärt : dans son périple, Parzival s’arrête, le regard captivé par trois gouttes de sang dont chacun renferme le visage d’une femme. Trois souvenirs se fondent en un seul visage. L’a-t-il aimée ? Un autre instant est fascinant d’ambiguïté sexuelle avec El Dorado de John Adams où Parzival est partagé entre l’amour d’une femme et celui du roi pêcheur. Là, Neumeier fait entendre la danse et voir la musique.

    Deux regrets dans ce ballet aux costumes très colorés : qu’on perde si fréquemment le fil de la narration et qu’elle soit si longue !




    Palais Garnier, Paris
    Le 15/11/2010
    Nicole DUAULT

    Parzifal, Épisodes et écho, de John Neumeier par le Ballet de Hambourg à l’Opéra de Paris.
    Parzifal, Épisodes et écho
    D’après Chrétien de Troyes et Wolfram von Eschenbach
    chorégraphie, costumes et éclairages : John Neumeier
    décors : Peter Schmidt
    musique : Wagner, Adams, Pärt

    Ballet de Hambourg

     


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