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L'ACTUALITE DE LA DANSE 19 novembre 2019

Reprise du Lac des cygnes dans la version Noureev au Ballet de l’Opéra de Paris.

Lac des Cygnes (1) :
FĂ©erique trio

© Anne Deniau

Emilie Cozette et Karl Paquette

Surprise pour la première de cette longue série de Lac des cygnes à l’Opéra Bastille. On y attendait Agnès Letestu et José Martinez, mais blessés l’un l’autre, ce furent Emilie Cozette et Karl Paquette qui parurent en Odette-Odile et Siegfried, avec Stéphane Bullion en Rothbart. Un trio d’Étoiles de conte de fées.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 29/11/2010
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Il en est ainsi des alĂ©as de la vie de danseur. Une blessure, parfois lĂ©gère, et il faut attendre un peu avant de prendre sa place dans le train d’une sĂ©rie de spectacles. On espère donc vivement voir Agnès Letestu et JosĂ© Martinez rĂ©tablis dans quelques jours, et ce furent Ă  Émilie Cozette et Karl Paquette de se lancer un peu plus tĂ´t que prĂ©vu. C’est l’une des forces de cette compagnie que d’avoir des danseurs d’un tel professionnalisme Ă  tous les niveaux de la hiĂ©rarchie que la relève, mĂŞme dans de brefs dĂ©lais, voire en cours de spectacle, est toujours possible.

    On avait déjà vu Émilie Cozette dans ce rôle clé du grand répertoire. Elle a tout ce qu’il faut pour incarner ce type d’héroïne, ravissant visage, silhouette élancée, technique très sûre. C’est donc dans le domaine de l’incarnation théâtrale et du raffinement de la danse elle-même pour cette chorégraphie précise qu’elle a pu progresser. Tout a gagné en aisance et en liberté, en moelleux, en poésie.

    Elle fut excellente dans le grand pas deux de l’acte deux et dans la variation qui suit, qui comptent parmi les plus célèbres de tout le répertoire. Elle assura aussi avec bravoure le très technique Cygne noir, avec sagesse également, exécutant les trente-deux fouettés tant attendus par le public sans en rajouter des doubles ni des triples, évitant ainsi de transforme cette coda en exhibition personnelle. Makarova savait aussi fasciner le public dans cet exploit technique en se contenant de fouettés simples… si l’on peut dire, car rien n’est moins simple, en vérité !

    Karl Paquette avait déjà dansé Siegfried, mais pendant la tournée australienne seulement. C’était donc une prise de rôle pour le public parisien. Il ajoutait le charme naturel de sa blondeur à celle d’Émilie Cozette, formant d’emblée un couple très séduisant, hors du commun, complété et mis en relief par le brun Rothbart de Stéphane Bullion, autre physique de rêve, complétant un trio comme il est rare d’en voir.

    Comme on le sait, la danse de Paquette est toute générosité, sincérité, investissement profond. Un peu timide en début de spectacle, il s’affermit ensuite pour délivrer avec poésie la si difficile et longue grande variation du premier acte et assumer avec panache celle du Cygne noir. Et comme toujours, quel bon partenaire qui ne danse pas que pour lui !

    Même si Rothbart, l’inquiétant précepteur-magicien conçu par Noureev danse moins que les autres, il est omniprésent et exige une forte personnalité. Stéphane Bullion, aussi sombre que beau, sobre mais impressionnant d’impact scénique, complétait à la perfection ce trio d’étoiles. Et quelle belle manière de danser la variation qui ponctue le pas de deux du Cygne noir ! Un Rothbart splendide à tous égards et, encore une fois, merveilleusement complémentaire du couple Cozette-Paquette.

    Aux côtés d’Emmanuel Thibaut, irremplaçable dans ce type d’interventions, deux belles Premières Danseuses avaient en charge le pas de trois du premier acte, Nolwenn Daniel et Mélanie Hurel. Impeccable démonstration d’école. Mais c’est au Corps de ballet masculin et encore plus féminin que devraient aller aussi tous les éloges.

    Avec la lourde chorégraphie dont ils sont chargés, les garçons montrèrent un véritable engagement, menés il vrai par de solides danseurs comme le tout nouveau Premier Danseur Florian Magnenet qui n’étrennera officiellement son titre qu’après le Ier janvier, ou encore Audric Bezar, Yannick Bitttencourt ou Pierre-Arthur Ravaud. Les cygnes firent ensuite une éblouissante démonstration de précision dans les multiples et complexes géométries de l’acte deux et l’acte quatre, avec un très beau succès public à la clé.

    Le chef australien Simon Hewett méritait-il d’être un peu chahuté par quelques spectateurs au salut final ? Il y eut certes quelques décalages dans l’orchestre, quelques accents bizarres estompant par instant l’essentiel de la thématique et une présence un peu tonitruante des cuivres, mais on a parfois entendu bien pire dans cette même fosse.

    La belle série de Lacs va maintenant suivre son cours jusqu’au début janvier, spectacle idéal pour les fêtes, bien sûr, et donc, même après. Il y aura encore bien des prises de rôles de la nouvelle génération d’Étoiles. Nous aurons l’occasion d’y revenir.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 29/11/2010
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise du Lac des cygnes dans la version Noureev au Ballet de l’Opéra de Paris.
    Le Lac des cygnes, ballet en quatre actes
    musique : TchaĂŻkovski
    chorégraphie : Rudolf Noureev d’après Petipa et Ivanov
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino
    Ă©clairages : Vinicio Cheli

    Orchestre Colonne
    direction : Simon Hewett

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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