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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Spectacle Balanchine-Brown-Bausch au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Rigueur et modernité
© Sébastien Mathé

En rassemblant dans un même programme les ballets Apollon de George Balanchine, O ZLOZONY/O COMPOSITE de Trisha Brown et le Sacre du printemps de Pina Bausch, le Ballet de l’Opéra de Paris propose trois visages de la créativité post-classique et fait preuve une nouvelle fois de son éclectisme. Une belle alternative pour les fêtes au Lac des cygnes donné à la Bastille.
 

Palais Garnier, Paris
Le 10/12/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Tandis que l’Opéra Bastille affiche le Lac des cygnes pour les fêtes, on peut voir au Palais Garnier sur la même période un superbe programme totalement différent, enjambant un siècle de création chorégraphique. Belle démonstration une fois encore de la polyvalence de la compagnie au plus haut niveau, car, avant tout commentaire spécifique sur chaque Å“uvre, il convient de louer l’extrême qualité de l’interprétation, tant par les solistes des deux premiers titres que par l’ensemble des protagonistes du Sacre, parmi lesquels figurent d’ailleurs plusieurs Premiers Danseurs. Malgré la diversité des styles et des climats, tout est interprété avec une rigueur, un engagement et un abattage magnifiques.

    Créé en 1928 aux Ballets russes de Diaghilev par Serge Lifar, entré au répertoire de l’Opéra en 1947 et donné ici sans son prologue comme l’a voulu Balanchine depuis 1979, Apollon reste une icône de la danse néo-classique balanchinienne. Pureté des lignes, sobriété de l’expression, assemblage des groupes inspirés de la statuaire antique, le tout avec cette musicalité et ce charme qui alterne vivacité et alanguissement typique du premier Balanchine.

    Difficile de se lancer dans cette pièce de musée vivant pour les jeunes générations. Abordant pour la première fois le rôle-titre, Mathieu Ganio possède la plastique idéale et la danse esthétiquement et stylistiquement parfaite qu’il faut. Que lui manque-t-il ? Un peu d’assurance qui viendra avec les années, mais surtout une manière plus personnelle d’investir le rôle. Splendide danseur, Ganio semble encore trop réservé, comme s’il ne voulait pas révéler trop de lui-même aux spectateurs.

    Sans exiger de lui cette manière instantanée d’investir la scène d’un Dupond, d’un Malakhov ou d’un Le Riche, on aimerait qu’il entre sur le plateau davantage en vainqueur, heureux de montrer non seulement la perfection de son travail académique, mais ce que sa sensibilité lui inspire sur ses personnages, ou pour être plus trivial, on voudrait qu’il mouille sa chemise davantage, qu’il prenne éventuellement plus de risques. Sa morphologie d’exception tout comme sa technique le lui permettent.

    Mais que n’exige-t-on pas de nos Étoiles ? Émilie Cozette, décidément en grande forme, est une Terpsichore très présente, belle, raffinée, musicale. Bonne démonstration de style d’Ève Grinsztajn et de Nolwenn Daniel en Calliope et Polymnie.

    Avec son titre bizarre et difficilement prononçable, O ZLOZONY/O COMPOSITE de Trisha Brown créé pour l’Opéra en 2004 s’impose toujours comme une pièce ingénieuse, brillante, dans un esprit post-Cunningham revisité qui n’étonne pas de cette figure majeure de la danse contemporaine américaine. La musique de Laurie Anderson, le décor de Vija Celmins, les costumes d’Elisabeth Cannon, les éclairages de Jennifer Tipton, contribuent tous à créer un climat à la fois abstrait et sensible, flatteur pour l’œil sans facilité, émouvant pour l’oreille.

    Structures arachnéennes, gestuelle très personnelle, science de l’organisation de l’espace inspirée, voilà un œuvre accomplie ayant vraiment sa place au répertoire maison. Deux Étoiles, Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche, un Premier Danseur, Josuah Hoffalt, future Étoile s’il continue sur sa lancée, s’investissent en profondeur dans ce travail , avec beaucoup de talent et d’engagement personnel. Et comme lors de sa création, c’est un gros succès public.

    © Sébastien Mathé

    Très attendue, la reprise du Sacre du printemps version Pina Bausch propose pour finir une distribution alliant bien des nouveaux venus à certains de ceux qui avaient été de l’entrée au répertoire de l’œuvre en 1997. Wilfried Romoli, Miteki Kudo, Géraldine Wiart, Muriel Zusperreguy, Eleonora Abbaganto, Bruno Bouché notamment partagent donc le plateau avec certains des plus brillants éléments de la nouvelle génération, comme les Premiers Danseurs Alessio Carbone, Vincent Chaillet et Josuah Hoffalt.

    Magnifique Osmose et engagement passionnel de tous dans un travail qui est bien l’un des plus accomplis de la grande chorégraphe. On sent que la compagnie veut assumer à fond l’honneur qui lui fut fait lorsque Pina Bausch accepta de lui donner ce Sacre, car c’était la première fois qu’elle le laissait danser par d’autres danseurs que les siens. Les jeunes du ballet se montrent d’ailleurs aussi motivés et fascinés que leurs aînés.

    Ce spectacle de fêtes, contemporain, de remarquable qualité et où d’autres danseurs aussi vont paraître d’ici la fin de la série qui vient de commencer, est une excellente alternative pour tous ceux qu’un Lac classique effarouche, et un complément enrichissant pour ceux qui aiment toutes les formes de danse.




    Palais Garnier, Paris
    Le 10/12/2010
    Gérard MANNONI

    Spectacle Balanchine-Brown-Bausch au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Apollon
    chorégraphie : George Balanchine
    musique : Igor Stravinski
    O ZLOZONY / O COMPOSITE
    chorégraphie de Trisha Brown
    musique : Laurie Anderson
    décor : Vija Celmins
    costumes : Elisabeth Cannon
    éclairages : Jennifer Tipton
    Le Sacre du printemps
    chorégraphie : Pina Bausch
    musique : Igor Stravinski
    scénographie, costumes & éclairages : Rolf Borzik

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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