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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Éonnagata de Sylvie Guillem, Robert Lepage et Russell Maliphant au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Un fatras de beauté et de prétention

Difficile pour les Étoiles de la danse, l’heure de la retraite venue, de se reconvertir ! La sublime Sylvie Guillem, ballerina assoluta, en fait les frais au Théâtre des Champs-Élysées dans Éonnagata, un spectacle boursouflé conçu en collaboration avec le metteur en scène Robert Lepage et le chorégraphe Russell Maliphant.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 29/12/2010
Nicole DUAULT
 



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  • Oui, on l’a aimĂ©e et on l’aime toujours, la merveilleuse Sylvie Guillem. Star adulĂ©e et capricieuse, elle a fait les beaux soirs de la danse Ă  l’OpĂ©ra de Paris puis au Covent Garden de Londres. Elle poursuit sa route en inventant des spectacles. Parfait. Pour sa nouvelle performance, grâce Ă  son entregent, elle a requis des stars.

    Le sujet, elle l’a imaginé à partir des rocambolesques aventures du Chevalier d’Éon. Elle a obtenu le concours d’un artiste célèbre et extravagant, le danseur, comédien, metteur en scène québécois Robert Lepage, et d’un danseur chorégraphe canadien, Russell Maliphant. Tous les ingrédients étaient réunis pour une œuvre exceptionnelle. Ce fut un flop.

    La Guillem est, avec sa technique exceptionnelle, cette prodigieuse jambe droite qu’elle lance à la verticale, cette ligne filiforme et cette tignasse rousse, une merveille de beauté glaciale. Russell Maliphant imprègne ses chorégraphies d’une respiration paradoxalement heurtée et fluide.

    Celle-ci est, dans Éonnagata, saccadée et sans originalité. Sans doute sombre-t-il dans des méditations asiatiques confuses. Sans doute est-ce lui qui a inventé le titre d’Éonnagata, mélange du chevalier d’Éon et de la technique onnagata ; au théâtre Kabuki, elle permet à des acteurs de représenter des femmes. Il en abuse avec des masques et des silhouettes hiératiques qui laissent perplexe.

    Quant à Robert Lepage, créateur d’une mise en scène mémorable de la Damnation de Faust à la Bastille, il est d’habitude plein de punch, de charme, de couleurs et de vibrations. Il a d’ailleurs été engagé par le Met de New York pour un Ring de Wagner en cours. Ici, il multiplie les effets lumineux. Cela donne de très belles images qui cachent l’inconséquence du propos.

    Dans ce ballet ultra médiatisé, toutes ces forces associées tombent à plat. Pendant une heure trente, on s’ennuie ferme. De plus, Sylvie Guillem et ses deux acolytes ne dansent pas seulement, ils parlent… Ils ne sont pas comédiens. Quand Sylvie Guillem parle, elle bafouille. En outre, leur discours tente d’éclaircir l’histoire qui mélange Louis XV et le Japon aux dieux antiques.

    Ce spectacle n’est pas bâclé. Au contraire, il est peaufiné, léché et se veut abouti. La léthargie du public de la première qui a poliment applaudi devrait faire réfléchir la superbe Guillem. Elle a certes un après. Mais loin de ce fatras d’Éonnagata, il lui faudrait trouver un registre solide et limpide.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 29/12/2010
    Nicole DUAULT

    Éonnagata de Sylvie Guillem, Robert Lepage et Russell Maliphant au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Éonnagata
    Spectacle de Sylvie Guillem, Robert Lepage & Russell Maliphant
    Ă©clairages : Michael Hulls
    costumes : Alexander McQueen
    son : Jean-Sébastien Côté

     


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