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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Dernières prises de rôles dans le Lac des cygnes au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Lac des cygnes (4) :
Cygnes triomphants

© Anne Deniau

Présentée devant des salles systématiquement combles, cette longue série de Lac des cygnes à l’Opéra Bastille aura non seulement confirmé la personnalité de certaines Étoiles, mais aussi montré l’excellence du travail du Corps de ballet, féminin en particulier, longuement acclamé chaque soir. Analyse des soirées des 4 et 5 janvier.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 05/01/2011
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Si l’on peut reprocher Ă  certaines versions Noureev des grands classiques quelques lourdeurs ou quelques longueurs, elles ont l’avantage de faire beaucoup danser tout le monde. Ceci compense largement cela. Dans le Lac des cygnes en particulier, danseurs et danseuses du Corps de ballet n’arrĂŞtent pas d’assumer de très complexes ensembles aux gĂ©ographies sublimes qui exigent symĂ©trie et exactitude parfaites.

    La réussite est absolue en la matière, ce qui vaut aux danseurs chaque soir un triomphe aussi chaleureux que celui réservé aux solistes. L’extraordinaire harmonie des lignes dessinées par les cygnes tant au II qu’au IV soulèvent un enthousiasme justifié. C’est une occasion de féliciter non seulement les danseuses, mais aussi ceux qui ont passé sans nul doute tant d’heures à les faire travailler pour parvenir à ce résultat.

    Les maîtres de ballet, bien sûr, Patrice Bart en premier ainsi que Laurent Hilaire et Clothilde Vayer, Viviane Descoutures qui les assiste et la grande Étoile Ghislaine Thesmar qui collabore au peaufinage du travail des solistes. Un immense travail d’équipe pour un résultat hors norme.

    Si bien qu’aujourd’hui, la salle se remplit longtemps à l’avance autant sur la renommée globale du ballet que sur celle de ses Étoiles, d’autant que l’on est bien forcé de réserver longtemps avant que ne soient connues les distributions, soumises de plus aux changements de dernière minute dus aux blessures des uns et des autres.

    Disparut ainsi de l’affiche le couple vedette que devait former Dorothée Gilbert pour sa première Odette-Odile et Nicolas Le Riche, la première s’étant blessée en répétitions. Dommage ! Mais plusieurs Étoiles de la nouvelle génération prenaient pour la première fois la relève de ces rôles qui ont été marqués ici même par d’inoubliables interprètes. Certaines comparaisons risquent d’être cruelles, même s’il est normal que chacun ou chacune ait sa propre personnalité. Que dire en effet de l’Odette-Odile de Laetitia Pujol ?

    Cette brillante Étoile à la si solide technique, au travail tellement perfectionniste et à l’incontestable talent naturel a-t-elle raison de mettre tous ces dons au service d’un rôle qui ne convient pas à sa morphologie ? Il faut pouvoir déployer des bras plus longs, des jambes aussi, avoir un buste plus expressif pour ne pas disparaître quelque peu dans ces nuages de cygnes généralement assez grands.

    Laetitia Pujol fait bien tout ce que le double rôle exige, avec notamment une belle démonstration technique dans le Cygne noir, mais, une fois encore, sa morphologie est beaucoup plus adaptée à d’autres héroïnes du répertoire où elle a fait merveille. Elisabeth Platel, Isabelle Guérin, Sylvie Guillem et tant d’autres sur lesquelles le personnage avait été modelé par Noureev lui-même ne sauraient s’effacer de nos mémoires.

    D’autant que le Siegfried qui lui donnait la réplique en la personne de Mathias Heymann qui abordait lui aussi le ballet pou la première fois, s’est imposé comme l’un des plus accomplis, des plus passionnants, des plus émouvants que l’ont ait vus depuis fort longtemps.

    La qualité de la danse, onctueuse, brillante, immatérielle, stylistiquement exemplaire de l’Ecole française à son mieux, déployée dans ce qui semble une facilité absolue, se double d’une exceptionnelle composition du personnage, jeune homme joyeux et un peu fêtard au début, puis romantique lancé à la poursuite de son idéal, jusqu’au vain combat final où ses rêves lui échappent définitivement. C’est intelligent, homogène, théâtral, bref, magnifique.

    Moins complexe psychologiquement, le Siegfried de Stéphane Bullion, lui aussi nouveau venu dans l’œuvre, a une autre forme de puissance virile, de présence lumineuse. C’est un jeune homme athlétique et fragile, plus facilement manipulé part le terrifiant Rothbart d’un Karl Paquette tout à tout menaçant, affectueux, inquiétant. La danse est solide, avec de beaux sauts, de l’abattage.

    Bullion a tout ce qu’il faut pour être un grand interprète du rôle qu’il a bien compris et dont il aura le temps d’approfondir encore certains rouages. Il avait pour partenaire ce soir-là une Émilie Cozette toujours aussi convaincante.

    La compagnie va maintenant changer de registre en reprenant les très intéressant Caligula de Nicolas Le Riche et en proposant du 19 au 21 janvier le travail d’une dizaine de Jeunes danseurs chorégraphes, car la pratique de la création est l’une des clés de la vitalité et de la qualité du Ballet de l’Opéra.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 05/01/2011
    GĂ©rard MANNONI

    Dernières prises de rôles dans le Lac des cygnes au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Le Lac des cygnes, ballet en quatre actes
    musique : TchaĂŻkovski
    chorégraphie : Rudolf Noureev d’après Petipa et Ivanov
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino
    Ă©clairages : Vinicio Cheli

    Orchestre Colonne
    direction : Simon Hewett

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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