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L'ACTUALITE DE LA DANSE 17 novembre 2019

Reprise de Caligula de Nicolas Le Riche de l’Opéra national de Paris.

Un Caligula prédestiné
© Laurent Philippe

Stéphane Bullion (Caligula)

Par son physique et la nature de sa danse, l’Étoile du Ballet de l’Opéra de Paris Stéphane Bullion semble prédestinée à incarner ce personnage tel que Nicolas Le Riche l’a imaginé dans son ballet. Le spectacle a d’ailleurs très bien évolué depuis sa création en 2005, gagnant en force, en clarté et en impact visuel.
 

Palais Garnier, Paris
Le 12/02/2011
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Avec sa morphologie et sa tĂŞte de statue romaine, StĂ©phane Bullion ne pouvait qu’incarner de manière crĂ©dible cet empereur, certes psychologiquement fort dĂ©rangĂ©, mais malgrĂ© tout devenu une lĂ©gende. CĂ´tĂ© Ă©quilibre mental, Bullion est on ne peut plus rassurant, mais sa danse comme sa personnalitĂ© lui permettent d’approcher au plus près l’image de Caligula qui intĂ©resse Nicolas Le Riche.

    Ce dernier a été fasciné non pas par le côté sanguinaire et totalement déréglé du comportement de son héros, mais par tout ce qui manifestait au contraire une capacité au rêve, à l’évasion vers un imaginaire touchant certes souvent à la démence mais chargé d’une vraie portée poétique dans son amour pour la lune, pour son cheval traité comme un humain, pour le théâtre.

    C’est tout cela que Le Riche a pensé pouvoir relever d’un traitement chorégraphique en réalisant avec le concours de Guillaume Gallienne, un argument plus inspiré par Suetone que par la célèbre pièce de Camus.

    Ce Caligula doit donc avoir une puissance naturelle, une force latente qui peut exploser par instant, mais aussi cette possibilité de dialoguer avec un monde imaginaire ou transposé dans l’imaginaire. La chorégraphie joue donc ce jeu ambivalent, laissant percer le bouillonnement d’une nature peu contrôlable mais canalisée par d’autres aspirations plus intériorisées.

    Alternance donc d’une gestuelle un peu cassée, un peu bousculée, et de pas et d’images plus coulés, plus fluides, de sauts acrobatiques et de duos où les corps sont dans un rapport plus immatériel. Dans l’excellente scénographie de Daniel Jeanneteau, sur la musique des Quatre saisons de Vivaldi et des séquences électroniques conçues par Louis Dandrel, tout cela s’est aujourd’hui bien mis en place et a trouvé une homogénéité, une lisibilité qui manquaient un peu au départ.

    Et puis, la personnalité de Stéphane Bullion, avec sa puissance naturelle et des qualités d’interprètes qui ne cessent de s’affiner, donne tout son relief à l’ensemble et constitue vraiment l’axe central autour duquel tout s’organise désormais avec naturel. Il a la puissance des sauts, la vivacité des entrées et sorties fulgurantes et souvent inattendues, le phrasé du mouvement et l’autorité du geste, l’intelligence de la construction dramatique.

    Tous les interprètes entrent avec efficacité dans ce jeu pas du tout facile, Muriel Zusperreguy en Lune, Nicolas Paul excellent en Mnester, Audric Bezard en Incitatus, Adrien Couvez en Chaeraa et Mitéki Kudo exceptionnelle de présence et de charme en Cacsonia.

    Surtout, ne pas oublier non plus Frédéric Laroque, premier violon solo de l’Orchestre de l’Opéra, brillant soliste des Quatre saisons et chef d’un remarquable groupe de musiciens de la formation maison. Gros succès public, d’ailleurs, ce qui prouve que l’on n’attend plus seulement aujourd’hui du Ballet de l’Opéra qu’il serve les grandes pages traditionnelles du répertoire, mais qu’il vive aussi avec son temps.

    Rappelons enfin que le ballet a été projeté en direct le 8 février dans 270 salles de cinéma de par le monde.




    Palais Garnier, Paris
    Le 12/02/2011
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise de Caligula de Nicolas Le Riche de l’Opéra national de Paris.
    Caligula
    Ballet en deux actes sur un argument de Nicolas Le Riche et Guillaume Gallienne
    musique : Antonio Vivaldi et Louis Dandrel
    chorégraphie : Nicolas Le Riche
    dramaturgie : Guillaume Gallienne
    scénographie : Daniel Jeanneteau
    vidéo : Raymonde Couvreur
    costumes : Oivier BĂ©riot
    éclairages : Dominique Bruguière
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Frédéric Laroque

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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