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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Les Trois Mousquetaires de Prokovsky au Ballet du Capitole de Toulouse.

Ferrets sur pointe
© David Herrero

Le Ballet du Capitole de Toulouse vient de faire entrer à son répertoire une curiosité, Les Trois Mousquetaires, chorégraphie d’après Alexandre Dumas père réalisée en 1980 pour l’Australian Ballet par le danseur et chorégraphe français d’origine russe André Prokovsky (1939-2009). Un beau divertissement aux allures cinématographiques réalisé par Gilles Maidon.
 

Théâtre du Capitole, Toulouse
Le 17/02/2011
Olivier BRUNEL
 



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  • Belle compagnie que le Ballet du Capitole que l’on a pu voir au fil des annĂ©es dans des rĂ©pertoires très variĂ©s, principalement les classiques mais aussi Balanchine, Duato, les contemporains comme rĂ©cemment avec Alice au pays des merveilles de Michel Rahn, assistant Ă  la Direction de la danse.

    C’est lui qui, aux côtés de Nanette Glushak, ancienne danseuse de Balanchine, la directrice depuis 1994, donne son âme à cette compagnie qui se produit autant en tournée dans le monde entier qu’à Toulouse. Son mandat de directrice de la danse s’achèvera à la fin de cette saison ; elle sera remplacée par le danseur Étoile de l’Opéra de Paris et chorégraphe Kader Belarbi. Ce dernier, retraité depuis trois ans, était remonté sur scène en février 2010 à Toulouse avec le spectacle Entre d'Eux et en interprétant avec Monique Loudières pour le Ballet du Capitole la Pavane du maure de José Limon.

    Surprenante carrière que celle d’André Prokovsky, fils d’une famille russe émigrée à Paris où il apprit la danse avec les meilleurs maîtres avant de se lancer dans les compagnies en vogue après-guerre, de Jeanine Charrat, de Jean Babillée, de Roland Petit au London Festival Ballet puis chez le Marquis de Cuevas avant de s’envoler pour une carrière internationale notamment au New York City Ballet puis de fonder, avec son épouse, Galina Samsova, sa propre compagnie le New London Ballet.

    Il avait créé, aux côtés de Mellissa Hayden, deux rôles de George Balanchine : Pas de deux et divertissement (1965) et Brahms-Schoenberg Quartet (1966). Quand il décida en 1979 que le temps de danser était terminé, il devint un chorégraphe très prolixe. Après avoir monté Anna Karenine pour l’Australian Ballet, André Prokovsky a réalisé du mélodrame de Dumas une chorégraphie basée sur l’action, quasi cinématographique (le programme nous apprend qu’il a beaucoup regardé Gene Kelly dans le rôle de d’Artagnan).

    De fait, sa chorégraphie est découpée de façon cinématographique avec un grand sens du timing, encore plus aiguisé dans la seconde mouture en deux actes réalisée seize ans plus tard pour le Ballet Royal des Flandres qu’a choisi de monter le Capitole. Disparu en 2009, le chorégraphe en avait monté aussi une production pour le Théatre municipal de Santiago du Chili à qui le Capitole a emprunté les décors et costumes très suggestifs et efficaces d’Alexandre Vassiliev.

    La musique du ballet, réalisée par le compositeur et chef d’orchestre britannique Guy Woolfenden, un collage de fragments composés par Verdi pour les ballets de ses opéras les Brigands, le Corsaire, les Lombards, Un jour de règne…, est luxueusement dirigée par Nir Kabaretti à la tête de l’Orchestre national du Capitole.

    Voici donc d’Artagnan de retour dans sa Gascogne d’origine dans une chorégraphie de facture classique et virtuose de surcroît, défi que relève sans faille la compagnie toulousaine. Les ferrets de la Reine sont bien défendus en la personne du danseur kazakh Kazbeck Akhmedyarov, un d’Artagnan d’une virtuosité à toute épreuve et d’une magnifique prestance quasi cinématographique, et du Porthos du Japonais Takafumi Wanatabe – Aramis et Athos étant un peu imprécis dans leurs silhouettes autant que dans leur technique.

    Le répétiteur Gilles Maidon, qui a superbement réalisé la chorégraphie, s’approprie aussi le rôle de Louis XIII à qui il donne un air efféminé beaucoup trop caricatural. Le Duc de Buckingham trouve en Valerio Mangianti un interprète à la hauteur de l’emploi. Chez les dames qui combattent, telles pour les bijoux et le pouvoir, telle pour le cœur du beau quatrième mousquetaire, en revanche, que des louanges.

    Maria Gutierrez, la plus belle première soliste de la compagnie, est la lingère de la Reine, cette fidèle Constance Bonacieux qui finit par emporter avec une grâce exquise son d’Artagnan. La perfide Milady qui est véritablement le personnage clé, maîtresse du nerf de l’action, est parfaitement incarnée par Juliana Bastos. Belle prestance de Paolo Pagano pour personnifier Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, rôle sacrifié sur le plan technique.

    L’ensemble de la compagnie fait de la figuration aussi bien réglée qu’au cinéma dans les scènes de genre et on reste admiratif devant les talents d’escrimeurs de tous ces danseurs qui ont soudain dû se transformer en acteurs de cinéma de cape et d’épée. Un beau et divertissant spectacle sans autre but ni prétention que de rendre vivants et crédibles ces personnages au destin si rabâché.




    Théâtre du Capitole, Toulouse
    Le 17/02/2011
    Olivier BRUNEL

    Les Trois Mousquetaires de Prokovsky au Ballet du Capitole de Toulouse.
    Les Trois Mousquetaires (1980)
    chorégraphie : André Prokovsky
    réalisation : Gilles Maidon
    décors et costumes : Alexandre Vassiliev
    Ă©clairages : Patrick MĂ©eĂĽs
    musique : Giuseppe Verdi
    musique additionnelle : Guy Woolfenden
    Orchestre national du Capitole
    direction : Nir Kabaretti
    Ballet du Capitole de Toulouse

     


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