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L'ACTUALITE DE LA DANSE 13 juillet 2020

Spectacle 2011 de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris.

Du panache et du style
© David Elofer

Marie Varlet (Swanilda)

Sous la direction depuis 2004 d’Elisabeth Platel, l’École de Danse de l’Opéra de Paris reste bien la meilleure du monde. Son spectacle annuel en a apporté une fois encore la confirmation. Un gros programme consacré à Dessins pour six de John Taras et à la version en trois actes de Coppélius par Pierre Lacotte, assurés tous deux à un haut niveau avec panache.
 

Palais Garnier, Paris
Le 07/04/2011
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Il n’y a pas Ă  dire, on reste toujours confondu devant la qualitĂ© des spectacles proposĂ©s chaque annĂ©e par l’École de Danse de l’OpĂ©ra de Paris. Bien sĂ»r, certains crus sont moins excitants que d’autres, mais le niveau gĂ©nĂ©ral reste impressionnant car on a vraiment l’impression d’assister Ă  un spectacle que bien des compagnies de professionnels patentĂ©es ne pourraient proposer avec tant de rĂ©ussite.

    Et puis, il y a toujours l’excitation de voir surgir quelque personnalité sur qui l’on peut fonder les espoirs d’une relève pour les solistes des années à venir. Bien des Étoiles des générations précédentes et actuelles avaient révélé leur potentiel dans ces rôles les mettant individuellement en valeur avant leur entrée dans le Corps de ballet. Deux œuvres bien différentes étaient au programme cette année.

    Une assez courte pièce de John Taras d’abord, Dessins pour six, la version Pierre Lacotte de Coppélia ensuite. Créé en 1948 sous le titre Designs for Strings sur le deuxième mouvement d’un trio de Tchaïkovski en la mineur pour piano, violon et violoncelle, avec notamment Sonia Arova, Svetlana Beriosova et Erik Bruhn, repris ensuite au Grand Ballet du Marquis de Cuevas avec Marjorie Tallchief et George Skibine, Dessins pour six, vu l’éclat de ses premières distributions, n’est pas un ballet pour débutants.

    Elisabeth Platel y aligne quatre ravissantes ballerines, trois de première division (dernière année d’École), Alice Catonnet, Caroline Ormont, Clotilde Tran Phat et une de deuxième division, Roxane Stojanov. Jolies silhouettes, technique déjà très propre et précise, de l’assurance, quatre vraies professionnelles bien préparées à cette chorégraphie classique très épurée, très rigoureuse, mettant aussi bien en évidence qualités qu’éventuels défauts.

    Parmi ces rares derniers, comme on le remarquera aussi dans Coppélia, il reste un certain manque de liberté, de fluidité dans le travail des bras, alors que tout ce qui est bas de jambes est éblouissant. Mais rassurons-nous, le nouveau maître de ballet associé à la direction de la danse, Laurent Hilaire, disait récemment dans ces colonnes qu’il comptait se pencher précisément sur la question. Remarquée en particulier, la très scénique Caroline Ormont.

    Partenaires de ce quatuor de jeunes filles pour l’enchaînement d’ensembles, de pas de deux, de variations structurant le ballet, deux garçons de première division, Mathieu Contat et Hugo Marchand. Ce dernier a déjà de l’assurance, de la technique, du style, il est grand. Il lui manque encore de la décontraction, une certaine liberté et surtout d’exprimer avec le visage son plaisir de danser.

    Marie Varlet & Germain Louvet dans <I>Coppélia</I> / © David Elofer

    Plaisir évident chez le souriant Mathieu Contat, vraie révélation du ballet. À dix-sept ans, avec un très beau saut, une énergie souple, du charme, de l’élégance, un excellent physique encore un peu adolescent, un incontestable rayonnement, il a de multiples atouts qui, s’il sait les développer et les préserver, peuvent lui assurer un remarquable avenir. Belle interprétation musicale par Jean-Yves Sébillotte au piano, Éric Lacroute au violon, Mathieu Rogué au violoncelle, tous de l’Orchestre de l’Opéra.

    Au répertoire de l’École dans une version en deux actes depuis 2001, Coppélia est cette fois donné dans la version en trois actes reconstituée en 1973 par Pierre Lacotte avec Ghislaine Thesmar en Swanilda. Autant dire aussi qu’il s’agit d’un vrai ballet pour Étoiles de première grandeur, Noëlla Pontois en personne ayant succédé à la sublime Thesmar dans les distributions.

    Élève de première division, Marie Varlet surmonte avec beaucoup de panache et même d’abattage les multiples difficultés du très lourd rôle de Swanilda. Une belle nature, avec de très solides bases sur lesquelles construire une brillante carrière. Un peu plus timide, mais très artiste, Germain Louvet est un Franz attachant, à la physionomie et au mimodrame très expressifs.

    Bonne composition de caractère de Natan Bouzy en Coppélius, tous ces jeunes solistes, dans un ballet comme dans l’autre, affirmant d’authentiques qualités artistiques et théâtrales, ce qui montre à quel point est complet l’enseignement donné à l’École. Très bonne tenue des ensembles tant pour l’investissement personnel de chacun que pour l’homogénéité globale.

    Beaucoup de joie, donc, à voir ce spectacle. Une interrogation aussi, comme un bémol : dans combien de temps ces jeunes talents auront-ils à nouveau l’occasion de s’exprimer aussi librement ? Une fois entrés dans le Corps de ballet – ce qu’on leur souhaite – comment leur personnalité résistera-t-elle à cette absorption inévitable dans une masse de 154 danseurs, dans l’attente d’une éventuelle promotion annuelle, de nouveaux petits rôles au gré des remplacements ?

    Les plus forts y ont toujours fait leur chemin, plus ou moins vite, certains en très peu d’années, d’autres après plus d’une décennie. Les autres sont restés plus anonymement noyés dans la masse, d’ailleurs fort glorieuse à sa manière, de la compagnie. C’est la loi de la danse dans toutes les grandes compagnies du monde.




    Palais Garnier, Paris
    Le 07/04/2011
    GĂ©rard MANNONI

    Spectacle 2011 de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris.
    Dessins pour six
    chorégraphie : John Taras
    musique : TchaĂŻkovski
    Coppélia ou la Fille aux yeux d’émail
    chorégraphie : Pierre Lacotte d’après Arthur Saint-Léon
    Musique : Delibes

    Avec les élèves de l’École de danse de l’Opéra national de Paris

     


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