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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Continu, de Sasha Waltz au Théâtre de la Ville, Paris.

La force du mouvement
© Sebastian Bolesch

Habituée du Théâtre de la Ville et aussi de l’Opéra de Paris où elle présenta un très beau Roméo et Juliette de Berlioz, la chorégraphe allemande Sasha Waltz, grande héritière de Pina Bausch, affirme avec cette pièce sa maîtrise des structures d’ensemble et autant que celle de mouvements forts et expressifs.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 19/05/2011
Gérard MANNONI
 



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  • En deux parties qui pourraient aussi bien n’en faire qu’une d’une heure trente, Sasha Waltz brosse avec une inspiration constante deux tableaux opposés, à la fois très expressifs et très abstraits. Traitant selon ses propres paroles du « thème de l’agitation, du vouloir, de l’émotion brute, impulsive Â» à travers la problématique du groupe et du rapport de l’individu au groupe, elle a bâti pour deux douzaines de danseurs deux séquences impressionnantes pour leur rigueur et leur énergie.

    La première, d’une heure environ, est noire, décors clos, hostile, étouffant et costumes sobres d’une élégante noirceur, après avoir présenté trois corps qui semblent flotter dans les eaux de nos origines, déploie effectivement des ensembles toujours en mouvance, rapides, violents ou calmes, aux larges mouvements tantôt synchrones, tantôts contrastés.

    Des individualités s’en détachent, s’y intègrent à nouveau pour s’en arracher encore, bras largement déployés, toujours actifs tendus ou ondulants. Il y a une imagination magnifique dans la construction de ces rapports de force, où la violence proche de la folie peut se trouver apaisée par une soudaine tendresse.

    C’est un travail remarquable tant sur la dynamique des groupes que sur celle des corps individuels ou par deux ou trois. Rien n’est indifférent à l’œil ni à la sensibilité dans cette dialectique complexe dont la précision, la variété du geste, scandées par des figures récurrentes sont rendues le plus souvent très scéniques par un travail de bras ample et fluide.

    La deuxième partie, tout en blanc et beige clair, est spirituelle, donc dans une autre gestique, plus apaisée, moins directement charnelle, même si le style et le travail de fond restent les mêmes. Tout cela est beau esthétiquement, parlant à l’imaginaire et très lisible quant au propos fondamental de la chorégraphe qui situe cette pièce ans la continuité du travail qu’elle élabore au fil des ans. Par ailleurs, même si Sasha Waltz a été et demeure considérée comme une héritière majeure de Pina Bausch, ce qu’elle présente n’a absolument rien à voir avec le type de travail beaucoup théâtral de la grande disparue.

    Il y a chez Bausch une satire permanente de nos comportements traduite dans une théâtralité fouillée à l’extrême, un humour corrosif, une violence parfois sado-masochiste qui n’existent pas chez Waltz dont le langage est plus distancié, plus purement chorégraphique, même si les derniers spectacles de Pina Bausch étaient de plus en plus dansés et si l’imagination quant à l’utilisation des corps semblait infinie.

    Des pages très adéquates de Xenakis, de Varèse et de Claude Vivier sont à la fois support et source d’inspiration, achevant de faire de cette pièce une réussite particulièrement marquante.




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 19/05/2011
    Gérard MANNONI

    Continu, de Sasha Waltz au Théâtre de la Ville, Paris.
    Continu
    direction et chorégraphie : Sasha Waltz
    musique : Xenakis, Varèse, Vivier
    décors : Thomas Schenk, Pia Maier Shriever, Sasha Waltz
    costumes : Bernd Skodzig
    éclairages : Jochen Sandig

     


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