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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Entrée de Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker au répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris.

Pur comme une eau de pluie
© Agathe Poupeney

Très gros succès pour l’entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Rain, une pièce majeure d’Anne Teresa de Keersmaker déjà vue au Théâtre de la Ville. Un voyage grisant dans un univers chorégraphique d’une absolue pureté avec des danseurs splendides d’investissement et de talent, sur la Music for eighteen musicians de Steve Reich.
 

Palais Garnier, Paris
Le 25/05/2011
GĂ©rard MANNONI
 



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  • La partie n’était pas jouĂ©e d’avance. MĂŞme si Rain, dĂ©jĂ  vu au Théâtre de la Ville, est l’une des pièces les plus incontournables de la chorĂ©graphe belge, la faire interprĂ©ter par des danseurs qui n’ont aucune habitude de son type de travail relevait du pari.

    On dira que ceux de l’Opéra ont depuis longtemps prouvé leur incroyable faculté d’adaptation aux souhaits des créateurs les plus divers, mais Keersmaeker reste un cas à part, sans doute encore plus complexe que celui de Pina Bausch, dont les pièces intégrées au répertoire de l’Opéra ne sont pas les plus extrêmes, même sans doute le Sacre du printemps.

    Créé en 2001 par la compagnie Rosas, Rain allie un langage chorégraphique extrêmement savant, structuré, dessiné, épuré, d’où toute scorie a été éliminée, à une sorte de liberté qui paraît inspirée dans l’instant par la musique de Steve Reich jouée en direct. Est-ce un dialogue, un contrepoint, une joute sensuelle, un rêve magique où s’ébattent les corps et les sons, à la fois complices et indépendants ?

    Sans doute tout cela à la fois pour créer une tension permanente qui capte l’œil et l’oreille et les maintient dans l’attente incessante de ce qui va se produite ensuite. Tout s’enchaîne de manière aussi fluide qu’imprévisible, d’abord dans une logique des corps traités individuellement presque à la Cunningham, puis dans une dialectique qui les rapproche, leur permet des affrontements, des frôlements, des rencontres douces ou violentes, voire acrobatiques, sans aucune frénésie, aucune précipitation injustifiée.

    Tout se met en place dans les éclairages d’une incroyable beauté de Jan Versweyveld, dans ce dispositif scénique lui aussi stupéfiant d’efficacité dans sa simplicité absolue, tandis que la musique déroule ses rythmes et ses accords répétitifs d’une rigueur tout aussi implacable. À peine un enchaînement est-il amorcé qu’on attend déjà le suivant, pressentant ce qu’il peut être sans en avoir aucune certitude, et il est déjà là. Nous sommes pris et entraînés pendant ces soixante-dix minutes de beauté sans nous en apercevoir.

    D’autant que la qualité de la danse est extrême elle aussi. Les dix danseurs, Ludmilla Pagliero, Muriel Zusperreguy, Vincent Chaillet, Aurelia Bellet, Valentine Colasante, Mitéki Kudo, Nicolas Paul, Daniel Stokes, Amélie Lamoureux, Léonore Baulac ont tout donné d’eux-mêmes pour assimiler ces pas, cette gestique qui leur était étrangers, et habiter l’œuvre de façon absolument magique. Impossible de ne pas associer aussi à cette réussite les musiciens de l’Ensemble Ictus et de Synergy Vocals dirigés par Georges-Elie Octors, en osmose totale avec les danseurs.

    Quelle chance pour le Ballet de l’Opéra d’avoir désormais cette pièce d’exception à danser et à transmettre aux générations à venir !




    Palais Garnier, Paris
    Le 25/05/2011
    GĂ©rard MANNONI

    Entrée de Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker au répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Rain
    musique : Music for eighteen musicians de Steve Reich (1976)
    chorégraphie : Anne Teresa de Keersmaeker
    décors et éclairages : Jan Versweyveld
    costumes : Dries Van Noten

    Ensemble Ictus et Synergy Vocals
    direction : Georges-Elie Octors

    Avec les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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