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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Orpheus de John Neumeier au Ballet de Hambourg.

Énigmatique Orphée
© Holger Badekow

Alexandre Riabko (Orphée)

À Hambourg, John Neumeier reprend sa dernière création : Orpheus. Deux heures de danse et de théâtre très personnels, interprétées par ses danseurs toujours aussi imprégnés du message du chorégraphe. Et pourtant, le public, à en juger par un accueil très frais, paraît nettement plus rétif qu’à l’ordinaire.
 

Le 04/06/2011
Vincent LE BARON
 



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  • John Neumeier fonctionne aux rencontres et, après l'avoir fait rĂ©pĂ©ter sa Dame aux camĂ©lias, voulut crĂ©er une Ĺ“uvre pour le cĂ©lèbre danseur italien Roberto Bolle. Les rĂ©pĂ©titions d'Orpheus dĂ©butèrent Ă  l'automne 2009 mais pour la crĂ©ation, l'Étoile blessĂ©e dut se produire avec le tchèque rĂ©sident de Hambourg, Otto Bubenicek. Cette pièce rejoint ainsi le vaste rĂ©pertoire du chorĂ©graphe qui constitue bien dĂ©sormais l'une des richesses supplĂ©mentaires de cette ville de la Hanse.

    Pour les amateurs de ballet, difficile de chasser de leur mémoire les pièces fabuleuses sur le thème d'Orphée de George Balanchine et de Pina Bausch. Humble mais sachant s’en départir, John Neumeier utilise les deux célèbres partitions d'Igor Stravinsky : Apollon Musagète et Orphée. Comme à son habitude, Neumeier les complète par des morceaux contemporains de Peter Blegvad et Andy Partridge, ainsi que par des solos pour violon seul d'Heinrich Ignaz Franz Biber. L'assemblage surprend mais ne dérange pas.

    Pour cette quatorzième représentation, Orphée est incarné par Alexandre Riabko, ce Premier Soliste de la compagnie révélé avec Nijinski en 2003 impressionne toujours autant par la qualité de sa danse mais également par sa force dramatique. Il porte littéralement le spectacle au long de ses deux actes et malgré le caractère touffu du propos en rend l'essentiel évident.

    Apollon, le père d'Orphée, est interprété par Edvin Revazov. Ce grand danseur, mémorable Parsifal, fait preuve dans ce rôle de beaucoup d'autorité et son duo avec Calliope, Anna Laudere, offre une émotion souvent présente dans les pas de Neumeier.

    Hormis Orphée (Riabko), le grand plaisir de la soirée provient de la présence sur scène de la Française Hélène Bouchet, créatrice du personnage d'Eurydice. Subtile et merveilleuse danseuse, elle capte l'attention aussi bien seule que dans les bras d'Orphée. Vulnérable, la Première Soliste est extrêmement convaincante dans la rencontre comme dans le séjour chez les morts.

    Alors, d'où cette réserve voire cette protestation d'un public d'habitude acquis ? Neumeier rend son message un peu hermétique par des éléments de décor et des costumes de son propre dessin qui ne plaisent guère. En outre, si le ballet s'apprécie avec quelque mythologie et la référence de Balanchine, il manque cette immédiateté à laquelle le chorégraphe parvient souvent.

    À un rythme toujours aussi régulier, Neumeier affiche deux créations pour la saison prochaine. Hambourg conserve un grand maître de la danse classique et de la création contemporaine. Certaines œuvres connaissent un succès immédiat, d'autres demanderont plus de temps pour être appréciées à leur juste valeur ou oubliées comme il se doit, même pour les plus grands.




    Le 04/06/2011
    Vincent LE BARON

    Orpheus de John Neumeier au Ballet de Hambourg.
    Orpheus
    chorégraphie : John Neumeier
    Ballet de Hambourg

     


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