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L'ACTUALITE DE LA DANSE 16 octobre 2019

Adieux du danseur Étoile José Martinez au Ballet de l’Opéra de Paris.

Le retour aux sources de José Martinez
© Julien Benhamou

À quarante-deux ans, comme le veut la règle de l’Opéra national de Paris, l’Étoile José Martinez part à la retraite. Triomphale soirée d’adieux comme sait le faire l’Opéra dans son propre ballet les Enfants du Paradis, mais un départ pas inactif pour le danseur qui s’apprête à prendre la direction du Ballet national d’Espagne.
 

Palais Garnier, Paris
Le 15/07/2011
Gérard MANNONI
 



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  • La Ministre de la Culture espagnole qui avait fait le déplacement pour assister à ces Adieux de José Martinez, n’aura certainement pas regretté de lui avoir confié la succession de Nacho Duato à la tête du Ballet national d’Espagne.

    Quelque vingt minutes d’ovation du public de Garnier debout sous une pluie de ballons et de confetti rouge et jaune lui ont montré à quel point ce grand danseur était apprécié du public et aimé de ses collègues, la scène étant envahie de nombreuses Étoiles de plusieurs générations et de la quasi totalité du corps de ballet, sans compter l’administration et même des techniciens de toutes sortes.

    Et puis, au cours d’une réception où cette même foule emplissait joyeusement de Grand foyer, Brigitte Lefèvre, directrice de la danse, remit à José Martinez les insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et Lettres.

    Pour cette soirée d’exception, Martinez avait choisi de danser pour la première et la dernière fois le rôle de Baptiste dans son ballet les Enfants du Paradis, qui aura aussi montré à la ministre espagnole ses qualités de chorégraphe raffiné, musical et inventif, si elle ne les connaissait déjà.

    Nous avons déjà parlé dans ces colonnes de la reprise de ce ballet dans une distribution identique à l‘exception justement du rôle de Baptiste. Agnès Letestu, sublime comme toujours en Garance, Vincent Chaillet, Lacenaire épatant de malignité et éblouissant de technique, Florian Magnent, un sans-faute très brillant en Frédéric Lemaître et Clairemarie Osta bien touchante en Nathalie constituent donc à nouveau cette magnifique affiche.

    Né à Carthagène en Espagne en 1969, José Martinez travailla d’abord dans sa ville natale puis à Cannes avec Rosella Hightower dans la classe de José Ferran. Un Premier Prix au Concours de Lausanne en 1987 lui ouvrit les portes de l’École de Danse de l’Opéra et il fut engagé dès l’année suivante dans le Corps de ballet. Prix de l’AROP puis médaille d’or à Varna, il fut rapidement promu Premier Danseur et nommé Étoile en 1997 après une représentation de la Sylphide.

    Il avait déjà interprété alors maints premiers rôles du grand répertoire classique et contemporain où sa très haute silhouette longiligne, un vrai don de comédien mais aussi une distinction naturelle s’alliaient à une formidable technique, elle aussi faite de finesse, de précision, d’agilité et de puissance.

    Aussi percutant en Solor de la Bayadère que dans Appartement de Mats Ek, il aura quasiment tout dansé à l’Opéra et en invité dans les plus grandes compagnies du monde, notamment au Japon où il est une superstar. De nombreux DVD laissent la trace de ses grands rôles à l’Opéra de Paris.

    Au début des années 2000, il se mit à la chorégraphie, d’abord avec des pièces d’envergure mesurée puis plus ambitieuses, donnant par exemple un vrai bijou à l’École de Danse avec Scaramouche, puis en en 2008 ces Enfants du Paradis au Ballet de l’Opéra et en 2010 un Marco Polo au Ballet de Shangaï.

    Il tombait dès lors sous le sens que l’Espagne où il est né fasse appel à lui pour reprendre son Ballet National que Nacho Duato porta à un très haut niveau mais qu’il quitta brutalement et qui doit trouver une vocation différente, plus diversifiée, aussi bien au niveau national qu’international. Avec sa culture et son intelligence, José Martinez est armé pour cette difficile tâche.

    Après Manuel Legris qui est désormais directeur du Ballet de l’Opéra de Vienne, c’est notre deuxième grande Étoile qui va officier hors de nos frontières. Même si Kader Belarbi reste chez nous à la tête de la compagnie du Capitole de Toulouse, ces deux départs d’aussi éminents artistes est à la fois une cause d’orgueil pour la compagnie de l’Opéra et notre école de danse et le signe du désarroi de la danse classique chez nous.

    Alors que les compagnies contemporaines pullulent sous des formes bien souvent improbables, hormis Toulouse, désormais dirigé par Belarbi et Bordeaux depuis plusieurs années par Charles Jude, qui maintiennent un cap de haut niveau à la force du chausson, il n’y a guère de grand débouché classique pour nos propres stars internationales dans nos autres métropoles.

    C’est un fait, même si cela n’est pas reconnu par bon nombre de nos dirigeants culturels et ne cause guère de soucis aux innombrables créateurs autoproclamés dont le nombre ne cesse de multiplier et qui affichent le plus profond mépris doublé de la plus grande ignorance pour le monde classique qualifié de dépassé et de ringard.

    C’est une particularité du monde de la danse français, car on n’entend pas les peintres les plus révolutionnaires qualifier Rembrandt ou Van Gogh de ringard, ni les écrivains les plus hardis renier Balzac, France ou Zola, ni les poètes les plus abstraits prétendre que Ronsard ou Verlaine sont de vieux nullards, ni les musiciens les plus avancés dire que Mozart ou Strauss sont des has been.




    Palais Garnier, Paris
    Le 15/07/2011
    Gérard MANNONI

    Adieux du danseur Étoile José Martinez au Ballet de l’Opéra de Paris.
    Les Enfants du paradis, ballet en deux actes d’après le scénario de Jacques Prévert et le film de Marcel Carné
    chorégraphie : José Martinez
    musique : Marc-Olivier Dupin
    adaptation : François Roussillon & José Martinez
    décors : Ezio Toffolutti
    costumes : Agnès Letestu
    éclairages : André Diot

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Jean-François Verdier

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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