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L'ACTUALITE DE LA DANSE 26 mai 2020

Repris de Phèdre de Lifar et création mondiale de Psyché de Ratmansky en ouverture de saison du Ballet de l’Opéra national de Paris.

Contrastes inattendus
© Agathe Poupeney

Aurélie Dupont (Psyché)

Pour ouvrir sa saison 2011-2012, la Ballet de l’Opéra de Paris a mis en miroir au Palais Garnier deux visions en contraste de l’Antiquité, séduisantes pour des raisons bien différentes. Face à la reprise du mythique Phèdre de Serge Lifar, une création mondiale d’Alexei Ratmasky sur la musique du Psyché de César Franck.
 

Palais Garnier, Paris
Le 27/09/2011
GĂ©rard MANNONI
 



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  • L’OpĂ©ra de Paris remplit pleinement sa tâche en maintenant au rĂ©pertoire les quelques ballets de Serge Lifar que l’on peut encore remonter. L’énorme majoritĂ© du travail de celui dont la direction fut si importante dans l’histoire de la compagnie est vouĂ©e Ă  disparaĂ®tre, faute d’interprètes vivants pouvant remonter ce qu’ils ont dansĂ© Ă  une Ă©poque oĂą la vidĂ©o n’existait pas. Fort heureusement, crĂ©Ă© en 1950, Phèdre fut dĂ©jĂ  repris Ă  plusieurs reprises, notamment en 1960 et 1977 Ă  Paris, mais aussi au BolchoĂŻ en 1958 avec Claude Bessy qui a pu rĂ©gler cette reprise.

    Dans les costumes et décors très typés avec leur côté stylisé et violemment coloré, de la robe rouge de Phèdre aux perruques blondes des hommes, Lifar avait conçu une chorégraphie elle aussi bien particulière pour ce qu’il appelait une action dansée. Gestuelle directement inspirée de la statuaire antique, pas minimalistes eux aussi d’un style géométrique unique en son genre, bras Lifar on ne peut plus typiques, tout cela est à la fois totalement marqué par l’époque des années 1950 et d’une absolue modernité.

    L’osmose entre la décoration et la danse est aussi impressionnante que celle réalisée avec la musique d’Auric. Une œuvre majeure, donc, même si elle a de quoi surprendre le public d’aujourd’hui et en particulier ses éléments les plus jeunes dont la culture lifarienne est forcément très réduite.

    L’interprétation est naturellement de tout première ordre, avec selon les distributions, l’évidence des grandes personnalités en place et l’épanouissement des nouveaux venus en haut de la hiérarchie. Phèdre sculpturale impressionnante d’autorité tragique, Marie-Agnès Gillot rappellerait une Vera Korène, si l’on jouait au jeu des comparaisons théâtrales. Une composition d’un impact fulgurant.

    Alice Renavand est formidable en Œnone, comme elle l’est d’ailleurs dans tout ce qu’elle danse. Très bel Hippolyte de Karl Paquette, fort subtile Aricie de Myriam Ould-Braham et somptueux Thésée de Nicolas Le Riche.

    Une autre distribution affichait en Phèdre Agnès Letestu. Ici, nous sommes dans l’émotion d’un autre ordre, plus sensible, dans l’expression d’une souffrance moins mythique et plus humaine, très touchante. Et quelle beauté, aussi, de la grande Étoile !

    Forte présence de Sabrina Mallem en Œnone, mais surtout magistrale entrée dans la cour des très grands de deux Premiers Danseurs récemment nommés, Vincent Chaillet, Thésée puissant, tragique, expressif avec rigueur, danse sans défauts, et Josuah Hoffalt, très bel Hippolyte, virtuose, élégant, en plein épanouissement. Mathilde Froustey, fine et intelligente comme toujours était Aricie.

    Dans les remarquables décors, originaux, forts, efficaces de Karen Kilimnik et les costumes astucieux et rigolos d’Adeline André, Alexei Ratmansky a conçu une chorégraphie néo-classique raffinée, imaginative, fluide, très lisible, avec plusieurs grands pas de deux construits avec maestria et d’épatantes interventions de groupes comme celui des Quatre Zéphyrs, sympathiques, irrésistibles et si utiles pour que tout se termine en happy end !

    Magnifique interprétation d’Aurélie Dupont, toute de délicatesse, de fragilité amoureuse, de beauté, avec la plus belle danse qui soit. Stéphane Bullion campe un Éros idéal, par sa plastique, par sa capacité à jouer aussi au premier et au second degré, par sa technique toujours plus affirmée. Tous les autres rôles sont tenus à l’avenant, Amandine Albisson et Alice Renavand tour à tour Vénus, Mélanie Hurel et Géraldine Viart en méchantes sœurs traîtresses.

    Une soirée hors du commun, exploitant de manière inhabituelle cette pépinière de grands talents qu’est le Ballet de l’Opéra.




    Palais Garnier, Paris
    Le 27/09/2011
    GĂ©rard MANNONI

    Repris de Phèdre de Lifar et création mondiale de Psyché de Ratmansky en ouverture de saison du Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Phèdre
    chorégraphie : Serge Lifar
    musique : Georges Auric
    rideau, décors et costumes : Jean Cocteau

    Psyché
    chorégraphie : Alexei Ratmansky
    musique : CĂ©sar Franck
    décors : Karen Kilimnik
    costumes : Adeline André
    Ă©clairages : Madjid Hakimi

    Chœur de Radio France
    préparation : Denis Comtet
    Orchestre national d’Île-de-France
    direction : Koen Kessels

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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