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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

La Esmeralda de Yuri Burlaka et Vasily Medvedev d’après Marius Petipa au Staatsballett de Berlin.

La Gitane
© Enrico Nawrath

Ce n’est pas tous les jours que l’on découvre une chorégraphie de Marius Petipa, et pourtant il en reste à découvrir. Le Ballet Bolchoï et le Staatsballett Berlin rivalisent actuellement avec la Esmeralda dans une reconstitution très convaincante de Yuri Burlaka et Vasily Medvedev avec à Berlin de grands solistes une troupe éblouissante.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 02/10/2011
Olivier BRUNEL
 



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  • Un peu d’histoire donc. Seulement treize ans après la publication du roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, la Esmeralda Ă©tait crĂ©Ă©e Ă  Londres en 1844. Elle arriva Ă  Saint-PĂ©tersbourg deux ans plus tard dans une rĂ©alisation de Jules Perrot, le père de Giselle. Fanny Elssler crĂ©a Ă  cette Ă©poque le rĂ´le de la Gitane.

    Marius Petipa s’empara du sujet quarante ans plus tard et en donna au Ballet Impérial sa propre version, plus spectaculaire avec des numéros chorégraphiques et de la pantomime. L’œuvre se perpétua jusqu’à l’ère soviétique par l’intermédiaire de chorégraphes successifs qui, comme toujours, en donnèrent leur propre version.

    Malgré un succès européen au XIXe siècle, elle n’avait pas été montée de nos jours par une grande compagnie nationale. En 2009, Yuri Burlaka et Vasily Medvedev ressuscitèrent à Moscou cette chorégraphie à partir du matériel historique du temps de Petipa, une véritable reconstruction nécessitant l’emprunt à des numéros et musiques d’autres ballets avec décors et costumes réalisés d’après des dessins originaux.

    Heureusement, la force du substrat de l’histoire de cet épisode de Notre-Dame de Paris, l’histoire d’amour entre Esméralda et Phébus, avec l’intervention de Quasimodo et de Frollo, leur a permit de réaliser une dramaturgie assez forte et un ballet passionnant de bout en bout.

    À la demande de Vladimir Malakhov, intendant du Staatsballett Berlin, les deux chorégraphes ont repris leur travail pour en donner une version berlinoise légèrement différente qui fut créée en avril 2011. Ils sont allés plus loin dans la recherche de la partition originale de Cesare Pugni, s’éloignant de celle de Glière qui faisait autorité et dans la recherche esthétique pour une reconstitution du Paris de l’époque médiévale.

    Le résultat est très convaincant, avec une véritable reconstitution d’un ballet à grand spectacle à la Petipa. Beaucoup de tableaux de genres très réussis et pas trop longs, un grand pas de six magnifiquement construit au II et, clou de la soirée, le grand pas de deux des Corbeilles inclus au cœur du dénouement. Le tableau de la Cour des miracles est parfaitement réalisé, seule la Fête des fous déçoit un peu par sa brièveté et son manque de force narrative.

    Sans entrer dans le détail de la reconstruction, les deux chorégraphes ont fait appel à des fragments de la Vestale, Barbe-Bleue, Étoiles et Kalkabrino pour étoffer ce qui restait noté de Petipa. Le décor d’Aliona Pikalova réalisé à partir de gravures historiques qui consiste en toiles peintes et éléments à l’ancienne, a une réelle poésie. De même pour les costumes historiques d’Elena Zaitseva.

    L’interprétation est superlative, avec dans le rôle-titre l’Ukrainienne Iana Salenko, danseuse de petit format, légère, bondissante et fort expressive. Fleur de Lys, la fiancée de Phébus, Barbara Schroeder grande danseuse aux attitudes très élégantes et rivalisant de virtuosité avec la Gitane.

    Très touchant Quasimodo de Marian Lazar qui comme Gringoire et Frollo n’ont que peu à danser mais surtout une importante part de comédie et de pantomime. Phébus est magnifiquement interprété par Marian Walter qui débute dans ce rôle, parfaitement apparié aux deux danseuses pourtant si différentes, et d’une belle allure.

    L’ensemble de la troupe donne aux tableaux une grande véracité et chaque petit rôle est parfaitement tenu. La réalisation musicale est pleinement mise en valeur par l’Orchestre du Deutsche Oper dirigé par Anton Grishanin. Une représentation passionnante s’inscrivant dans une saison au répertoire audacieux. On peut y compter les chorégraphies de Caravaggio par Bigonzetti, Oz-Le magicien merveilleux par Giorgio Madia, une nouvelle chorégraphie de Peer Gynt, parmi les grands classiques du répertoire.




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 02/10/2011
    Olivier BRUNEL

    La Esmeralda de Yuri Burlaka et Vasily Medvedev d’après Marius Petipa au Staatsballett de Berlin.
    La Esmeralda, ballet d’après Victor Hugo
    chorégraphie : Yuri Burlaka & Vasily Medvedev d’après Marius Petipa
    musique : Cesare Pugni arrangée par Alexander Troitsky
    décors : Aliona Pikalov
    costumes : Elena Zaitseva

    Orchestre du Deutsche Oper Berlin
    direction : Anton Grishanin

    Avec Iana Salenko, Marian Walter, Rainer Krenstetter, Beatrice Knop, Michael Banzhaf, Michael Lazar, Barbara Schroeder et les membres du Staatsballett Berlin.

     


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