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L'ACTUALITE DE LA DANSE 12 novembre 2019

Nouvelle chorégraphie de la Source par Jean-Guillaume Bart au Ballet de l’Opéra de Paris.

La Source rejaillit
© Anne Deniau

Après avoir redonné vie à la Phèdre de Serge Lifar, le Ballet de l’Opéra de Paris continue les résurrections de ballets historiques avec la Source. Vaste entreprise menée à bien jusqu’à l’excellence par le danseur Étoile et chorégraphe maison Jean Guillaume Bart et un solide tandem de plasticiens, Éric Ruf et Christian Lacroix. Très belle réussite !
 

Palais Garnier, Paris
Le 25/10/2011
Olivier BRUNEL
 



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  • C’est peu de dire que c’est une rĂ©ussite ! Il faut remonter aux grandes rĂ©alisations de Rudolf Noureev pour le Ballet de l’OpĂ©ra de Paris pour retrouver un tel faste dĂ©coratif sur la scène du Palais Garnier et un tel mĂ©lange de danse, de poĂ©sie et de mise en scène. Pour cette rĂ©surrection, on aura mis les grands moyens.

    Christian Lacroix a réalisé de somptueux costumes, colorés, riches, évocateurs à la manière des Ballets Russes de ce Caucase de fantaisie où se déroule cette fantasmagorie. Éric Ruf sociétaire de la Comédie Française et scénographe de surcroît, a créé avec des cordages (les fameuses guindes du théâtre à l’ancienne), des velours de rideau et peu d’accessoires, des espaces oniriques.

    Le compositeur français Marc-Olivier Dupin a tenté de donner une unité à des musiques de ballet disparates en y adjoignant des fragments d’autres œuvres de Delibes. Jean Guillaume Bart a mis toute son énergie dans un projet qu’il caressait et berçait depuis l’enfance : refaire jaillir un siècle après son tarissement et sur les lieux de sa naissance cette Source, perdue, brûlée, oubliée.

    Deux réserves cependant. Éric Ruf aurait pu, après avoir donné un premier acte très dépouillé, varier un peu son propos décoratif et faire rêver davantage en montrant aux spectateurs un Orient plus opulent au lieu de vider complètement la scène dans la seconde partie et, malgré la création de beaux espaces délimités par les perspectives de cordages superbement éclairées par Dominique Bruguière, mieux évoquer le Harem du Khan.

    Les danseurs de la génération qui suit celle formée par Noureev n’ont absolument pas les talents de comédiens indispensables pour ce genre de ballet où le jeu théâtral a autant d’importance que la danse. L’excellence de leur technique n’est pas en cause mais il leur manque encore ce qui fait le petit plus scénique. À ces deux réserves l’avenir apportera peut-être des solutions.

    Un peu d’histoire : créé en 1866 à l’Opéra de Paris, le ballet la Source inspiré d’un tableau d’Ingres avec son sujet oriental très à la mode du temps, racontait les amours contrariées d’un esprit aquatique pour un beau chasseur, lui-même amoureux une belle promise au Khan. Magie, revirements du très frivole Kahn et fin douce-amère faisaient de l’argument une histoire idéale très au goût des spectateurs de l’époque romantique tardive avec une musique confiée à deux compositeurs en vogue, Minkus et Delibes.

    Le succès ne fut pas tel qu’escompté et le ballet passa aux oubliettes du temps. Pire, presque toutes ses archives furent détruites dans l’incendie de la salle Le Pelletier. Il fallut à Jean-Guillaume Bart beaucoup d’érudition et de patience et, avec le soutien de la directrice de la Danse Brigitte Lefèvre, il en a remonté les morceaux manquants, cherchant plus à lui redonner vie qu’à en faire une reconstitution historique.

    La chorégraphie mêle très habilement la culture classique avec des pas de deux, de grands ensembles et des danses de caractère, à celle plus récente avec beaucoup d’allusion à Balanchine et de recherches dans les détails.

    Trois distributions alterneront (quatre si l’on compte le retour de Laetitia Pujol à la fin de la série) pour donner vie à ces personnages de conte de fée. Celle que nous avons vue, très jeune et qui comportait Premiers Danseurs et Sujets, est dominée par la belle Naïla, esprit de la Source, dansée avec beaucoup de finesse et de virtuosité par Myriam Ould-Braham face au Djémil ardent à la technique impeccable de Josua Hoffalt.

    On regrette chez eux une certaine timidité dans le pur exercice de la comédie. Belle prestation aussi pour Muriel Zusperreguy, Nouredda, promise au Khan, elle aussi au niveau des grandes difficultés techniques dont Bart a truffé sa chorégraphie.

    Le Khan, Alexis Renaud et Mozdock, frère de Nouredda, ne tirent pas grand-chose de leurs rôles statiques mais pivots de l’action et qui auraient mérité un peu plus d’investissement dans la crédibilité. Alessio Carbone danse avec esprit le rôle en or de Zaël, elfe de Naïla, sorte de Puck à la fois aérien et malicieux.

    Dirigée avec énergie mais pas assez de finesse par Koen Kessels, la réalisation de Marc-Olivier Dupin ne manque pas de panache. Il a réussi à varier suffisamment les différentes sources musicales du ballet sans pour autant donner engendrer la lassitude. Il a glissé en plusieurs endroits des extraits d’autres œuvres de Delibes (Kassiya, les Norvégiennes, Blanche et Rose, le Corsaire, les Nymphes des bois et le prélude de l’acte III de Lakmé).

    Le résultat est remarquable et donne une formidable unité à cette magnifique chorégraphie à la fois virtuose et onirique.




    Palais Garnier, Paris
    Le 25/10/2011
    Olivier BRUNEL

    Nouvelle chorégraphie de la Source par Jean-Guillaume Bart au Ballet de l’Opéra de Paris.
    La Source, ballet en deux actes et trois tableaux
    Livret d’après Charles Nuitter et Arthur Saint-Léon
    musique : Léo Delibes et Ludwig Minkus, version réalisée par Marc Olivier Dupin
    nouvelle chorégraphie : Jean Guillaume Bart
    décors : Éric Ruf
    costumes : Christian Lacroix
    éclairages : Dominique Bruguière

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Koen Kessels

    Par les Étoiles, les Premiers danseurs et le Ballet de l’Opéra de Paris

     


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