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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Nouvelles distributions pour la Bayadère de Rudolf Noureev au Ballet de l’Opéra national de Paris.

La Bayadère (2) :
Montagnes russes

© Agathe Poupeney

Ludmila Pagliero & Stéphane Bullion

Même avec la meilleure compagnie du monde, ces longues séries de spectacles peuvent voir alterner des surprises pas toujours agréables, des moments de vrai plaisir et d’autres de puissante émotion. Petit voyage en montagnes russes au fil de trois nouvelles distributions bien contrastées de la Bayadère de Noureev à l'Opéra Bastille.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 02/04/2012
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Est-ce la trop forte impression faite par la première distribution de cette sĂ©rie de Bayadères oĂą avaient brillĂ©es AurĂ©lie Dupont et DorothĂ©e Gilbert et oĂą Josua Hoffalt avait accĂ©dĂ© au titre très mĂ©ritĂ© pour lui de danseur Étoile ? Quelques jours plus tard, une matinĂ©e très attendue et consacrĂ©e en partie Ă  des danseurs moins aguerris donnait l’impression d’un trou d’air.

    Qu’a bien pu faire Héloïse Bourdon, Sujet dans la compagnie, pour qu’on la punisse en la distribuant dans un rôle aussi exigeant en tous domaines que celui de Nikya ? Cette charmante ballerine fait tout ce qu’il y a à faire avec conscience, comme elle le ferait le jour du concours annuel, mais l’héroïne qu’elle incarne demande une tout autre carrure, une présence, une personnalité, une force dramatique, un éclat technique qu’elle ne possède pas, ou pas encore, à vingt-et-un ans, âge où d’autres étaient déjà Étoiles.

    Surtout dans une production aussi lourde que celle-ci, il faut passer la rampe sans être mangé par les décors, les costumes et les foules qui vous entourent si souvent. N’est-il pas imprudent de livrer une jeune ballerine si peu expérimentée, même en matinée, à un public qui est en droit d’attendre le meilleur de cette prestigieuse compagnie dans un rôle où s’illustrèrent d’aussi implacables personnalités que les Guérin, Loudières, et d’autres Étoiles de première grandeur ?

    Rien d’indigne, juste du « pas Ă  sa place Â» lĂ©nifiant qui finit presque par gagner son partenaire, l’Étoile StĂ©phane Bullion, qui allait avoir un tout autre Ă©clat quelques soirs plus tard aux cĂ´tĂ©s de la sublime Sakharova.

    Et puis, côté mauvaises surprises, Gamzatti était assumée par Ludmila Pagliero qui elle, avait été quelques jours plus tôt, grassement récompensée d’avoir sauvé la diffusion en direct du ballet en remplaçant Dorothée Gilbert blessée par un titre d’Étoile dont elle n’a ni le physique, ni le charisme, ni l’éclat. Sa Gamzatti est inexpressive, sans charme ni présence, certes virtuose, mais plutôt comme une poupée mécanique trop remontée. Ici encore, bien des comparaisons cruelles viennent à l’esprit.

    Vraie satisfaction en revanche avec le remarquable Idole doré du jeune François Alu qui a largement confirmé les étonnantes possibilités révélées au dernier concours. Travail de base précis, en profondeur, assuré dans les moindres détails, éclat du saut, rayonnement du personnage. Un vrai régal et un talent évident qu’il faudra voir évoluer sans trop de précipitation non plus au fil des saisons à venir.

    Quelques jours plus tard, nouveau trio en scène avec la merveilleusement délicate et poétique Myriam Ould-Braham en Nikya. Elle y fait preuve du plus pur style de l’école française, avec ce qu’il faut aussi de théâtralité et de brillance. Solor était Florian Magnenet, qui sans avoir encore toute la puissance que son physique annonce, se révèle toujours plus affirmé, techniquement sûr dans les si périlleuses variations du rôle, et avec comme toujours un apport dramatique personnel, en l’occurrence une manière bien marquée de signifier les réticences de Solor à accepter ce mariage forcé.

    Charlène Giezendanner est une bien jolie Gamzatti, bonne dans le mimodrame, encore un peu fragile dans les passages très techniques, mais attachante dans l’ensemble. Et puis, il y eut, aux côtés d’un Stéphane Bullion de nouveau semblable à lui-même et stimulé par la présence d’une telle partenaire, la sublime Zvetlana Zakharova.

    Ici, on atteint ce que la danse classique peut donner de plus beau en tous domaines. Il y a bien sûr le travail des bras et du buste, incomparable, mais aussi celui des pieds, parfait, des jambes, avec de grands développés à couper le souffle, l’expressivité du tout le corps, une sensibilité frémissante aux deux premiers actes, une capacité d’abstraction avec une technique d’acier au troisième.

    Fait-elle vraiment le mĂŞme mĂ©tier que mademoiselle Pagliero de nouveau en Gamzatti ? N’y avait-il vraiment personne d’autre Ă  proposer aux cĂ´tĂ©s d’une invitĂ©e pareille ? Il faut croire que la sĂ©rie d’accidents ayant affectĂ© la majoritĂ© de celles prĂ©vues pour incarner la mĂ©chante princesse a contraint Ă  ce choix on ne peut plus contrastĂ©. Mais qu’importe, la Zakharova aura Ă©tĂ© la source d’émotions inoubliables !




    Opéra Bastille, Paris
    Le 02/04/2012
    GĂ©rard MANNONI

    Nouvelles distributions pour la Bayadère de Rudolf Noureev au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    La Bayadère, ballet en trois actes
    musique : Ludwig Minkus
    chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev d’après Marius Petipa
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franco Squarciapino
    Ă©clairages : Vinicio Cheli

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Fayçal Karoui

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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