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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Reprise du Roméo et Juliette de Berlioz chorégraphié par Sasha Waltz au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Le retour d’Hervé Moreau
© Laurent Philippe

Double satisfaction : outre celle de revoir l’un des plus beaux ballets contemporains du répertoire de l’Opéra, cette reprise marque le retour sur scène de l’une des plus grandes Étoiles de la compagnie. Après de nombreux arrêts pour des blessures à répétition, Hervé Moreau reprend le rôle de Roméo qu’il créa en 2007.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 16/05/2012
GĂ©rard MANNONI
 



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  • On avait craint qu’il ne finisse par abandonner la danse, mais HervĂ© Moreau est finalement de retour. C’est une vraie joie que de revoir ce magnifique danseur qui manquait vraiment Ă  la compagnie.

    Physique de rêve, technique forte mais affinée, Moreau est l’exemple même de ce que doit être un danseur Étoile de l’Opéra de Paris. Il l’a encore montré en reprenant ce rôle de Roméo qu’il avait créé en octobre 2007 dans le magnifique ballet de Sasha Waltz. Il y retrouve d’ailleurs, comme alors, Aurélie Dupont en Juliette.

    On sait que cette partition de Berlioz qui avait déjà servi de base à la chorégraphie que Béjart avait réalisée jadis, est difficile à aborder. Sa structure est bizarre. Sous le titre de Symphonie dramatique, Berlioz n’a composé ni un opéra, ni un oratorio, ni une symphonie, ni un ballet, mais une œuvre hybride avec trois solistes vocaux intervenant de façon ponctuelle et très inégale, des chœurs importants, un orchestre doté d’une partition inventive, colorée, vrai joyau de l’ensemble.

    La solution de traiter ce Roméo en ballet, s’est chaque fois révélée positive. C’est sans doute la meilleure manière de mettre en valeur tout ce qu’il y a de beau dans cette musique.

    Dans le décor simple mais très ingénieux et remarquablement utilisé de Pia Maier Schriever, Thomas Schenk et elle-même, Sasha Waltz a bâti une chorégraphie d’une brillante intelligence, sans cesse inspirée, altérant violence non agressive et fluidité permanente, avec une gestuelle personnelle, renouvelée, très efficace dramatiquement.

    Les déplacements sont rapides, les masses très bien gérées et chaque danseur a aussi des pas diversifiés, personnels à exécuter. C’est à la fois homogène et très individualisé, une sorte de prouesse. L’essentiel du drame est traité, sobrement, de manière parfois allusive mais totalement claire, racontant l’histoire d’une manière qui n’est ni vraiment narrative ni vraiment figurative, ni vraiment abstraite, mais un peu de tout cela à la fois. L’émotion qui se dégage de ces images est forte, permanente. On ne voit pas ces quatre-vingt-quinze minutes passer.

    La seule restriction que l’on puisse faire concerne l’utilisation, difficile il est vrai, des chanteurs. Etait-il nécessaire d’attribuer au ténor et à la basse une sorte de gestuelle copiant celle du danseur qui incarne le même personnage ?

    Yann Beuron, comme en 2007, chante bien mais il le ferait aussi bien immobile. Nicolas Cavallier a l’excellente voix que l’on connaît sans le timbre exceptionnel de Petrenko lors de la création, mais lui non plus n’est pas très à l’aise aux côtés de Nicolas Paul ou de Vincent Cordier, les Frères Laurent des deux distributions, tous deux excellents. Stéphanie d’Oustrac a tout pour elle, jolie voix et joli physique et la chance de n’avoir qu’à chanter.

    Deux distributions se sont succédées pour les rôles dansés principaux. Après le couple absolument idéal formé par Moreau, superbe, poétique, émouvant, et Aurélie Dupont dont on finit par ne plus savoir quoi dire qu’une succession de qualificatifs superlatifs, on a pu voir deux Premiers Danseurs , Mélanie Hurel et Vincent Chaillet.

    Excellente technicienne, la première a composé une Juliette émouvante, silhouette élégante, fraîcheur, rapidité, belle présence dramatique. Quant à Vincent Chaillet, tant par sa stature que par l’énergie, l’éclat et la projection de sa danse, il est non seulement un Roméo impressionnant d’humanité et de sensibilité, mais s’affirme comme toujours l’une des personnalités les plus accomplies de la nouvelle génération.

    Sans égaler l’éclat que Gergiev avait su donner à la partition de Berlioz il y a cinq ans, Velo Pähn a su trouver comment faire jouer à l’Orchestre de l’Opéra cette musique attachante et déroutante à la fois comme au concert et comme au théâtre. De leur côté, les chœurs et le Corps de ballet, très investis, sont irréprochables.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 16/05/2012
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise du Roméo et Juliette de Berlioz chorégraphié par Sasha Waltz au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Roméo et Juliette
    musique : Hector Berlioz
    chorégraphie : Sasha Waltz
    décors : Pia Maier Schriever, Thomas Schenk et Sasha Waltz
    costumes : Bernd Skozig
    Ă©clairages : David Finn
    préparation des chœurs : Patrick Marie Aubert
    Stéphanie d’Oustrac, soprano
    Yann Beuron, ténor
    Nicolas Cavallier, basse

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Vela Pähn

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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