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L'ACTUALITE DE LA DANSE 17 septembre 2019

Ouverture du festival Le Temps d’aimer la danse 2012 à Biarritz.

Biarritz 2012 (1) :
On y danse…

Le Temps d’aimer la danse à Biarritz vient d’ouvrir sa vingt-deuxième édition avec deux chorégraphes ayant en commun une grande volonté de faire danser : le Néerlandais Hans Van Manen qui fête cette année ses quatre-vingts ans et le Français Thierry Malandain, directeur artistique de cette manifestation et directeur du Ballet Biarritz.
 

Gare du Midi, Biarritz
Le 09/09/2012
Olivier BRUNEL
 



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  • Les chorĂ©graphies de Hans van Manen sont aujourd’hui assez peu dansĂ©es en dehors des Pays-Bas et de l’Allemagne (un peu aux USA aussi), d’oĂą l’importance de cet hommage que lui rend la compagnie nĂ©erlandaise Het Nationale Ballet Ă  l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire.

    L’itinéraire de ce chorégraphe, qui occupe ce poste depuis 2005 au Het Nationale Ballet, est exemplaire. Aux Pays-Bas, il est une gloire reconnue et primé comme tel : Chevalier dans l’ordre d’Orange-Nassau, Prix Erasmus, Prix Benois de la danse et Commandeur dans l’ordre du Lyon néerlandais.

    Certaines de ses chorégraphies sont passées au rang de classiques et l’on revoit avec toujours autant de plaisir l’étourdissant Solo (1997) réglé sur la Courante de la Partita n° 1 pour violon seul de Bach pour… trois danseurs, probablement trop virtuose pour être l’affaire d’un seul soliste !

    Parfaitement calibrés pour donner l’impression de la démultiplication, Rink Sliphorst, Edo Wijnen et Matthieu Gremillet y rivalisent de virtuosité. On est frappé dans toute l’histoire de la production de Van Manen d’une grande volonté de faire danser. Cela peut paraître absurde à dire mais c’est malheureusement une vertu qui quitte l’arsenal des chorégraphes aujourd’hui.

    Chaque pièce doit être replacée dans son époque et son contexte de création ; les Frank Bridge Variations (2005), avec le support musical de Britten, et Variations for two couples (2012, sa pièce la plus récente crée cette saison à Amsterdam) sur un formidable montage musical convoquant Britten, Rautavara, Stefan Kovacks Tickmeyer et Astor Piazzolla sont deux œuvres d’une pureté et d’une modernité chorégraphique, d’une richesse inventive qui leur confèrent l’intemporalité.

    Mais la pièce majeure de cette soirée, Grosse Fuge (1971), réglée sur la Grande Fugue et la Cavatine du Treizième Quatuor de Beethoven avec une inventivité chorégraphique, et une volonté d’érotisation de la danse bien typique des années 1970, montre l’excellence et la qualité de danse dont la compagnie est capable et ouvre le festival avec un grand panache.

    On peut rapprocher par le goût de la perfection dans le geste chorégraphique de cette personnalité le Français Thierry Malandain, directeur artistique de cette manifestation et directeur du Ballet Biarritz. Cette compagnie a donné à Biarritz son identité chorégraphique et un rayonnement international. Les manifestations gratuites données sur les plages et dans la ville attirent immanquablement un public très curieux et nombreux.

    C’est le cas de ce programme donné à ciel et mer ouverts sur la plage du Vieux-Port. L’océan forme un fond de scène magique avec les rochers et les îles qui à la nuit tombée et grâce aux éclairages savants de Jean Claude Asquié ont des allures de volcans japonisants et wilsoniens !

    Grand prix 2012 du Syndicat de la critique de danse, Une dernière chanson, chorégraphie réglée par Thierry Malandain pour Reims en 2012 sur l’enregistrement réalisé par Vincent Dumestre et La Poème Harmonique Aux Marches du Palais de romances et complaintes de la France d’autrefois, est un véritable bijou.

    Chaque chanson est traitée avec une intelligence et une tendresse incroyables et forme un véritable tableau vivant d’une incomparable légèreté. Tous les danseurs de la compagnie y semblent en apesanteur et donnent le meilleur d’eux-mêmes pour mener à l’excellence cette demi-heure de danse superlative.

    Malandain n’est jamais autant inspiré que lorsqu’il s’attaque aux œuvres du grand répertoire, se donnant en quelque sorte un cadre pour mieux en sortir. Les excellents danseurs du Ballet Biarritz transcendent les trois chefs d’œuvre que sont l’Après-midi d’un Faune de Debussy créé en 1996 à Saint-Étienne, le Spectre de la rose de Von Weber et Boléro de Ravel (tous deux de 2001).

    Le Faune, c’est Arnaud Mahouni, qui reprend ce rôle fétiche de Nijinski, admirable plastiquement dans un simple slip de ville et sortant du sommeil sur un lit en forme de boîte de Kleenex. Mais au-delà de l’anecdote, c’est un formidable solo avec certes une sensualité toute narcissique mais aussi une tenue technique exemplaire jusque dans ses références au jeu des mains à la Nijinski.

    Miyuki Kanei et Daniel Vizcayo excellent dans un joli duo à la Kylián fait de poursuites et d’enlacements très élaborés pour illustrer l’Invitation à la Valse grand classique de Carl Maria von Weber sur lequel Fokine a réglé en 1911 son Spectre de la rose. Pour le Boléro qui achève ce programme, on était prié de laisser ses références au vestiaire, d’autant que Thierry Malandain ne manque pas d’idées et celle de faire danser en synchronie ses douze danseurs dans un espace clos ou plutôt délimité par des paravents de tulle est excellent et très efficace.

    Leurs mouvements quasi entravés, les danseurs doivent se concentrer sur une énergie de groupe, libératrice, salvatrice, en phase avec le caractère obsédant du motif musical jusqu’à l’explosion et la libération de l’espace restreint. D’où l’utilité de se créer des cadres pour mieux en sortir !




    Gare du Midi, Biarritz
    Le 09/09/2012
    Olivier BRUNEL

    Ouverture du festival Le Temps d’aimer la danse 2012 à Biarritz.
    07/09/2012, Gare du Midi
    Het Nationale Ballet (Pays-Bas)
    Hommage à Hans Van Manen, chorégraphe
    Grosse Fuge
    musique : Ludwig van Beethoven
    Variations for two couples
    musique : Benjamin Britten, Einojuhani Rautavaraa, Stefan Kovacs Tickmeyer & Astor Piazzolla
    Solo
    musique : Johann Sebastian Bach
    Frank Bridge Variations
    musique : Benjamin Britten

    09/09/2012, Vieux Port de Biarritz
    Malandain Ballet Biarritz
    Une dernière chanson, romances et complaintes de la France d’autrefois, par Le Poème Harmonique, direction Vincent Dumestre
    Le Spectre de la rose
    musique : Carl Maria von Weber
    L’Après-midi d’un Faune
    musique : Claude Debussy
    Boléro
    musique : Maurice Ravel
    Chorégraphies de Thierry Malandain
    décors et costumes : Jorge Gallardo et Véronique Murat (Une dernière chanson)
    éclairages : Jean Claude Asquié

     


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