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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Compte rendu des soirées des 18, 19 et 21 décembre de la reprise de la version Noureev de Don Quichotte au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Don Quichotte (2) :
Passionnantes prises de rĂ´le

© Julien Benhamou

François Alu

La longue série de représentations de Don Quichotte au Ballet de l’Opéra qui s’achèvera le 30 décembre a connu bien des changements de distribution. Elle a aussi permis à la jeune génération de s’emparer de ce répertoire lourd, éprouvant, mais très gratifiant pour tous. Des moments passionnants à tous égards.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 21/12/2012
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Rarement sĂ©rie de spectacles aura connu autant de changements de casting. Pour des raisons diverses ont peu Ă  peu disparu de l’affiche aussi bien des Étoiles comme StĂ©phane Bullion ou Myriam Ould-Braham que des Premiers Danseurs comme Florian Magnenet ou Emmanuel Thibaud.

    Le valeureux Karl Paquette en est venu assumer une dizaine de soirées, tandis que l’on faisait appel à deux beaux solistes du Ballet de Vienne pour trois spectacles. Et enfin, catastrophe des catastrophes, la star russes Svetlana Zakharova proposée en cadeau pour les soirées de Noël, souffrante, est remplacée par Ludmilla Pagliero, ce qui n’est pas du tout pareil… On imagine aisément le savant jeu de chaises chorégraphiques que la direction de la Danse et la régie ont dû mener pendant ces quatre ou cinq semaines.

    Il est vrai aussi que la majorité des Étoiles masculines, certaines affichées dans le programme Forsythe-Brown (mais le Premier Danseur Vincent Chaillet a assumé les deux) n’étaient pas prévues pour ces Don Quichotte, pour des raisons elles aussi diverses.

    Ainsi ni Mathias Heymann, ni Jérémie Balingard, ni Benjamin Pech, ni Nicolas Le Riche, ni Hervé Moreau, ni Josua Hoffalt n’étaient disponibles pour ce grand classique du répertoire que certains ont pourtant dansé bien des fois. Il y avait des blessés, c’est vrai, mais pas tous. Sujets et Premiers Danseurs furent donc appelés à la rescousse.

    Mais trêve de regrets et de questions. Réjouissons-nous plutôt de ce que nous avons pu voir. Pour la soirée diffusée en direct dans de multiples cinémas, on avait choisi une distribution de luxe, avec la prise de rôle de Dorothée Gilbert face à Karl Paquette.

    La première est brillantissime, technique éblouissante avec notamment des équilibres comme on en voit rarement dans le pas de deux du mariage, des fouettés hallucinants et beaucoup de bonne humeur. Un rôle idéal pour elle à tous égards puisqu’elle peut y déployer toute sa virtuosité et y montrer sa profonde joie de vivre. Karl Paquette, toujours présent quand il le faut et toujours aussi généreusement heureux de danser, donne le meilleur de lui même avec son tonus des grands soirs, beaux manèges, solides portés à la russe, technique de saut efficace.

    Beau couple Espada-Danseuse de rue de Christophe Duquenne-Laura Hecquet, rôles où brillèrent aussi Florimond Lorieux et Sarah Kora Dayanova. Tout comme Héloïse Bourdon, Laura Hecquet et Amandine Albisson furent de bien belles Reine des Dryades, Mélanie Hurel, Marine Ganio et Charline Giezendamer de pimpants Cupidon… sans effacer pour autant le souvenir des Platel, Guillem, Maurin ou Loudières dans les mêmes emplois. Monique Loudières a d’ailleurs fait travailler les solistes leur apportant tout le savoir et l’expérience de la très grande ballerine qu’elle fut. Tonique Gitan d’Allister Madin.

    Les vraies découvertes vinrent ensuite dans les rôles principaux avec les couples Alice Renavand-François Alu et Muriel Zusperreguy-Vincent Chaillet. Alice Renavand est montée Première Danseuse avec une variation de Don Quichotte. On savait que Kitri était pour elle. Aucune déception, si ce n’est peut-être une certaine fébrilité due probablement à la responsabilité de mettre dans les meilleures conditions François Alu.

    À dix-neuf ans, Sujet dans le Corps de ballet, ce dernier avait la chance de sa vie. On connaît aussi toutes les qualités qui l’ont mené si vite à son rang dans la compagnie, mais il faut aussi avoir la rage de vaincre et l’enthousiasme de la jeunesse pour accepter pareil défi. Rien n’est d’ailleurs plus excitant ni plus beau que de voir un jeune danseur hyper doué se jeter dans la bagarre avec toutes ses forces et tout son talent.

    Impressionnant de sûreté, de technique et de générosité. Tout est déjà là, même si l’on sait qu’il reste encore un peu de travail à accomplir pour parvenir à cette perfection que l’on attend des Étoiles. Mais quel beau spectacle !

    Tout comme celui de Muriel Zuspereguy et de Vincent Chaillet. Zusperreguy a étonné par sa facilité, son éclat, son abattage et la rigueur de sa danse. Arabesques impeccables, ports de bras élégants et bien travaillés, personnage habité avec vivacité. Des qualités que l’on ne trouve pas chez toutes les Premières Danseuses.

    Quant à Vincent Chaillet, enfin dans un premier grand rôle de répertoire, il a développé tout ce que l’on pouvait attendre de son magnifique potentiel. Jambes et pieds superbes, rapidité, pureté des lignes, élégance et force des sauts, le tout doublé d’un jeu dramatique en plein essor. C’était bien la confirmation d’une personnalité dominante de cette génération.

    Étonnante compagnie donc, qui peut toujours se sortir des situations les plus périlleuses grâce à cette mine de talents divers qu’elle recèle et qui permet de sans cesse regarder vers l’avenir en assurant le présent.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 21/12/2012
    GĂ©rard MANNONI

    Compte rendu des soirées des 18, 19 et 21 décembre de la reprise de la version Noureev de Don Quichotte au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Don Quichotte, ballet en un prologue et trois actes
    chorégraphie et mise en scène : Rudolph Noureev d’après Marius Petipa
    musique : Ludwig Minkus
    arrangements et orchestration : John Lanchberry
    décors : Alexandre Beliaev
    costumes : Elena Rivkina
    Ă©clairages : Philippe Albaric

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Kevin Rhodes

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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