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L'ACTUALITE DE LA DANSE 22 septembre 2021

Œdipus / Bêt noir de Wim Vandekeybus au Théâtre de la Ville, Paris.

Une danse sublimée
© Danny Willems

Un peu longue, entachée de quelques tunnels, de certaines facilités aussi, nourrie d’un texte plutôt indigeste et balourd, cette pièce qui traite du mythe d’Œdipe est sauvée par la qualité incroyable à tous égards des passages dansés que Wim Vandekeybus a chorégraphiés. Des instants d’une intensité et d’une beauté absolues.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 28/01/2013
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Au dĂ©but, on est assez inquiet. Serait-on encore confrontĂ© Ă  l’une de ces crĂ©ations flamandes glauques, complaisamment provocatrices, plongĂ©es dans un magma de couleurs sales, avec un dĂ©cor inutilement compliquĂ© et des costumes semblant faits avec des rideaux volĂ©s dans un hĂ´tel de marchands de sommeil ?

    Il y a un texte, lourde paraphrase de Sophocle, qui va nous guider dans les méandres labyrinthiques de l’âme œdipienne et ses mésaventures tragiques. Espérons qu’un jour viendra où la manie de tout réécrire sera passée, même si ce fut, déjà aux XVIIe et XVIIIe siècles une pratique courante et même incontournable.

    Mais n’est pas La Fontaine, Molière ou Voltaire qui veut. Il y a aussi un peu de sexe, plutôt sale comme il se doit, mais on a vu d’autres. Bref, si l’on ne connaissait le talent vif-argent de Wim Vandekeybus, son imagination, l’étonnant rapport qu’il entretient avec le corps et le mouvement, on aurait le moral nettement bas.

    Mais voilà. Il suffisait d’attendre un peu, car soudain jaillit la danse, menée par le maître en personne. Dès qu’il entre en scène, gestuelle d’une souplesse et d’une grâce infinies, d’une fluidité totale, on change d’univers. Et quand ses troupes surgissent à leur tour, c’est le bonheur absolu.

    Dans un tumulte acrobatique parfaitement organisé, réglé au millimètre près, les corps se lancent dans des joutes inouïes de force, de légèreté, corps roulant à terre, se survolant, bondissant, se détendant ou se repliant. C’est fou, splendide. Le temps n’existe plus, on est scotché sur son siège, béat d’admiration, ému, que dire encore ? On est au cœur même de toute danse.

    Alors, on va désormais attendre que le miracle se reproduise, en supportant de meilleure humeur les platitudes d’un texte qui se veut actuel, fort, profondément pensé, les couleurs vraiment lassantes et sans impact du spectacle. On finit même par aimer cet étrange et gigantesque élément de décor circulaire, habilement utilisé, l’idée la plus intéressante de la scénographie.

    Et le miracle se reproduit bien chaque fois que ça danse. Wim Vandekeybus a déjà créé deux pièces autour du même mythe. Celle-ci est l’aboutissement d’une longue fréquentation de tout ce qu’implique cette tragédie à la symbolique absolument intemporelle. C’est fatalement dans la danse, car il est avant tout chorégraphe, que se révèle le plus clairement et avec le plus de pureté, le fruit de long voyage intérieur.

    D’excellents musiciens en direct sur scène, des danseurs épatants, des moments incroyables de danse, n’est-ce pas finalement assez pour faire un spectacle qui marque l’esprit et s’accroche à la mémoire ? On eût aimé que le public du Théâtre de la Ville, que l’on a connu plus indulgent, accueille avec davantage de chaleur et d’enthousiasme ce travail quand même pas ordinaire.




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 28/01/2013
    GĂ©rard MANNONI

    Œdipus / Bêt noir de Wim Vandekeybus au Théâtre de la Ville, Paris.
    Ĺ’dipus / BĂŞt noir
    mise en scène, chorégraphie, scénographie : Wim Vandekeybus
    texte : Jan Decorte
    création lumières : Francis Gahilde & Wim Vandekeybus
    création son : Benjamin Dandoy & Antoine Delagoutte

    Créé et interprété par : Wim Vandekeybus, Riccardo Ambrozio, Elko Blijweert, Guy Demurl, Elena Fokina, Tanja Marin Friönsdôttir, Luke Jessop, Zebastian Mèendez Martin, Mâté Mészaros, Bénédicte Mottart, Aymara Parola, Jeroen Stevens, Dymitry Szypura, Willy Thomas, Roland Van Campenhaut, Carly Wijs, et les musiciens Eiko Blijweert, Jeroen Stevens et Roland Campenhout.

     


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