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L'ACTUALITE DE LA DANSE 10 décembre 2019

Gala des Écoles de danse du XXIe siècle à l’Opéra national de Paris.

Sympathique et inégal
© David Elofer

Les Chambres de Jacques

Deuxième et ultime gala destiné à célébrer le tricentenaire de l’École de danse française, cette soirée non dénuée de charme et marquée de quelques moments forts, nous aura en partie laissés sur notre faim. Ce n’est pas une question de qualité, mais, si l’on peut dire, de quantité, plusieurs écoles n’ayant été représentées que par deux ou trois danseurs.
 

Palais Garnier, Paris
Le 20/04/2013
Gérard MANNONI
 



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  • L’idée était excellente. Inviter certaines des plus grandes écoles de danse du monde à montrer leur travail était la meilleure manière de rendre hommage à tous ces lieux de tradition où une jeunesse passionnée, talentueuse et courageuse se voue à l’un des arts les plus difficiles.

    Et effectivement, ils sont venus d’Italie, du Danemark, du Canada, de Moscou, de Stuttgart, de Londres, de Hambourg, la puissance invitante, l’École française ouvrant et clôturant le spectacle. On peut certes juger une école sur deux danseurs, mais on voit quand même mieux un certain type de travail sur des ébauches d‘ensembles, aussi. Et des extraits trop courts, tournent un peu trop au traditionnel gala d’Étoiles.

    Mais voilà, pour des raisons certainement valables et qui ont échappé à bien des spectateurs, si certaines écoles ont présenté un groupe de quelques danseurs illustrant un type de travail de manière claire, plusieurs autres n’ont produit que deux, voire trois élèves. Il ne s’agit pas de qualité, car tous ces jeunes, encore une fois, sont déjà de très solides professionnels quelle que soit leur provenance, mais plus simplement de quantité, un couple semblant un peu maigre pour incarner toute une école. Surtout, comme dans le cas de la Royal Ballet School de Londres, il s’agit d’un pas de deux de quatre minutes exactement.

    Dans ce cas précis, ce qui était prévu était le Pas de quatre du Lac des cygnes, autrement plus intéressant que ce Rhapsody de Frédéric Ashton sur la musique de Rachmaninov, même si Annette Buvoli et Evan Loudon l’ont très bien dansé. Dommage que le programme ait été modifié, pour des raisons certainement justifiées ! D’autant que l’École de l’Opéra s’était taillé la part du lion, avec la Nuit de Walpurgis de Leo Staats magnifiquement remonté par Claude Bessy et Péchés de jeunesse de Jean-Guillaume Bart, ballets vus déjà lors du premier gala et rassemblant chacun un grand nombre de danseurs et de solistes.

    Plus convaincant car plus pointu, plus original, chorégraphié avec humour et imagination par Roland Petit sur des pages de Satie, Gymnopédies proposait trois excellents élèves de l’École de la Scala de Milan, hommage au grand chorégraphe disparu qui travailla tant en Italie. Trois beaux solistes, Viktoria Flack-Schmidt, Stéphanie Möller et Sebastian Haynes, nous entraînent ensuite sur les chemins du style Bournonville avec le pas de trois extrait du Corps des volontaires du roi. Belle prestance, travail tonique et brillant.

    Avec les Chambres de Jacques d’André Barton, l’École du Ballet national du Canada réunit quand même quatre interprètes dans un style moderne parfaitement maîtrisé. Et juste avant l’entracte, c’est l’École du Bolchoï de Moscou qui, avec deux solistes et une douzaine de corps de ballet, nous apporte le type de spectacle que l’on attendait un peu aussi des autres.

    Dans un extrait de Les millions d’Harlequin, remonté d’après Petipa par Iouri Burkala, Ksenia Ryzhkova et Artur Mrtchyan déploient une fort belle technique, avec esprit, légèreté, sens du théâtre. Un moment tonique et plein de charme tel qu’on pouvait l’attendre de la grande école moscovite. L’École John Cranko du Ballet de Stuttgart avait dépêché ensuite un couple, Agnès Su et Marti Fernandez Paixa pour Come neve al sole de Rolando d’Alesio, jolie pièce contemporaine qu’ils dansent avec intelligence et sûreté. Mais on eût sans doute aimé pour eux aussi quelques minutes ou quelques danseurs de plus.

    Après le passage éclair des britanniques, les quatre danseurs de l’École de Stuttgart font forte impression dans le très beau Spring and Fall de Neumeier sur des pages de Dvořák. Un bel élan, de l’âme, de la poésie, quatre jeunes de grand talent. Et, après les Péchés de jeunesse de Jean-Guillaume Bart, plus longs à eux seuls que les trois pièces précédentes réunies, ce fut le Défilé des Écoles ou, sur une marche de Mendelssohn, toute l’École de danse de l’Opéra, des plus petits aux plus grands défile, encadrant tous les protagonistes de la soirée, sur le modèle du Grand défilé du corps de ballet.

    Beau moment de joie, de fraternité partagée, et très joli coup d’œil sur toute cette jeunesse si débordante de foi et de talent réunie dans la perspective du Foyer de la danse.

    Ne gâchons pas notre joie devant un spectacle aussi encourageant pour l’avenir de la danse et présenté dans une atmosphère aussi chaleureuse, mais reconnaissons qu’il s’en est fallu de quelques danseurs et quelques minutes pour que l’on ne réussisse une soirée totalement mémorable. Tous les directeurs des écoles présentes saluèrent sur scène avec les élèves au rideau final et Madame Claude Bessy, reconnue dans la salle, eut elle aussi droit à la plus méritée des standing ovations !




    Palais Garnier, Paris
    Le 20/04/2013
    Gérard MANNONI

    Gala des Écoles de danse du XXIe siècle à l’Opéra national de Paris.
    Gala des Écoles de danse du XXIe siècle
    Avec les élèves des Écoles de l’Opéra national de Paris, de la Scala de Milan, du Ballet Royal Danois, du Ballet national du Canada, du Bolchoï de Moscou, du Ballet de Stuttgart, du Royal Ballet de Londres, du Ballet de Hambourg.
    Masako Shimura, Ellina Akimova, piano
    Orchestre des Lauréats du Conservatoire
    direction : Marius Stieghorst

     


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