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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 juin 2020

Le Sacre du Printemps par Pina Bausch au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Sauvage brutalité
© Ulli Weiss

Après ceux de Nijinski (1913) et Sascha Waltz (2013) la semaine dernière et avant celui de l’Akram Khan Company, le Théâtre des Champs-Élysées présente pour la première fois la version de Pina Bausch du Sacre du printemps de Stravinski par le Tanztheater Wuppertal pour qui il fut créé en 1975. Chorégraphie coup de poing, une des deux plus fortes à ce jour !
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 04/06/2013
Olivier BRUNEL
 



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  • Près de deux cents chorĂ©graphies du Sacre du printemps sur la partition dĂ©sormais centenaire d’Igor Stravinski ont Ă©tĂ© recensĂ©es Ă  ce jour. Plusieurs sont fortes et inoubliables mais deux surnagent au-dessus de la mĂŞlĂ©e, les chorĂ©graphies majeures de Maurice BĂ©jart (1959), Ă  l’origine de sa gloire et grand absent de ces cĂ©lĂ©brations, et de Pina Bausch (1975) Ă  l’origine troisième partie d’un spectacle entièrement consacrĂ© Ă  Stravinski nommĂ© FrĂĽhlingsopfer.

    Créé pour ses propres danseurs du Tanztheater Wuppertal, ce Sacre sauvage et tellurique est aussi au répertoire de l’Opéra de Paris depuis 1997. Le Théâtre des Champs-Élysées a invité Wuppertal à se produire, qui sait pour une dernière fois, dans cette pièce majeure de son répertoire (la moyenne d’âge de la compagnie est désormais très élevée et la transmission semble difficile), une véritable aubaine pour qui ne l’aurait pas encore vue, les dernières représentations au Théâtre de La Ville datant des saisons 1984-1985 et 1992-1993.

    Soirée courtes, certes, mais dense, car avant le Sacre était projeté le fameux documentaire Probe Sacre (Une répétition du Sacre) enregistré le 6 janvier 1987 à Wuppertal. Document passionnant malgré sa piètre qualité technique où l’on voit la grande chorégraphe faire répéter une petite heure durant la danseuse Kenji Takagi (qui compte aujourd’hui au nombre des répétitrices de la compagnie) avec son œil de lynx et son oreille affutée, en bottes, pantalon et coiffée d’un étonnant bonnet d’aviateur.

    Pina incarne la danse et ne ménage pas ses efforts, montrant la chorégraphie devant le miroir, expliquant ce qu’elle attend précisément à la danseuse japonaise concentrée et tendue comme un ressort, et l’obtenant aussitôt. Belle entrée en matière.

    Puis après le rituel, et déjà partie prenante du spectacle, étalement de la terre brune sur la scène par les machinistes, éclate cette chorégraphie coup de poing, une des pièces majeures du répertoire bauschien et probablement avec son Orphée (1975) et Kontakthof (1981) qui sera repris cette semaine au Théâtre de La Ville, ce qui restera le plus longtemps dans la mémoire de son public fidèle.

    Ce Sacre est probablement celui qui colle au plus près de la brutalité animale de la musique de Stravinski. Le sacrifice païen prend tout son sens dans ce cadre vide seulement meublé de terre qui petit à petit colle à la peau des danseurs, rendu absolument magique par les éclairages savants qui en soulignent toute la violence.

    Les danseurs de Wuppertal se donnent à fond, hypnotisés, aucun ne tire la couverture à soi, c’est probablement la plus forte chorégraphie de groupe jamais écrite dont personne, danseur ni spectateur n’est jamais sorti indemne. Seul regret, mais peut-être impossible à réaliser dans les conditions techniques de cette transmission, l’absence de l’orchestre alors que tant de versions passionnantes du Sacre ont étés jouées pendant ces commémorations du centenaire avenue Montaigne.

    Elles y continueront du 24 au 26 juin avec, plus une vision qu’une version du Sacre par le chorégraphe Akram Khan, iTMOi (in the mind of igor) pièce pour onze danseurs. La ronde continue !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 04/06/2013
    Olivier BRUNEL

    Le Sacre du Printemps par Pina Bausch au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Le Sacre du printemps
    musique : Igor Stravinski
    argument : Igor Stravinski et Nicolas Roerich
    chorégraphie et mise en scène : Pina Bausch
    décors et costumes : Rolf Borzik
    musique enregistrée : Cleveland Orchestra, direction Pierre Boulez (1969)
    Tanztheater Wuppertal
    directeurs de répétition : Barbara Kaufmann, Dominique Mercy, Kenji Takagi

     


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