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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Don Quichotte de Noureev par le Ballet national de l’Opéra de Vienne dans le cadre des Étés de la Danse 2013 au Théâtre du Châtelet, Paris.

Étés de la Danse 2013 (3) :
Un Don Quichotte viennois

© Domo Dimov

Après un programme conçu en hommage à Rudolf Noureev disparu il y a vingt ans et un inégal programme mixte composé de quatre pièces de chorégraphes confirmés, le Ballet de Vienne a présenté la version viennoise de Don Quichotte de Petipa et Gorski dans la version réglée par Noureev pour le Wiener Staatsoper en 1966.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 17/07/2013
Olivier BRUNEL
 



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  • Noureev fut Ă  21 ans, en 1959, l’interprète de Basile au Kirov de Leningrad aux cĂ´tĂ©s de Ninel Korgakpina. Ce rĂ´le qui lui restera fĂ©tiche après son passage Ă  l’Ouest en 1961 mettait parfaitement en valeur toutes les facettes de son talent de danseur comme de comĂ©dien. Dès 1966 il en rĂ©alisera sa chorĂ©graphie d’après Petipa et Gorski pour l’OpĂ©ra de Vienne sur la musique de Ludwig Minkus arrangĂ©e par John Lanchbery, production reprise pour l’Australian Ballet en 1970 (oĂą il la filma lui-mĂŞme en 1972) puis le Ballet de l’OpĂ©ra de Marseille en 1971, ZĂĽrich en 1979 et Oslo en 1980.

    Très riche par la mise en scène, notamment pour la comédie et enrichie par rapport à celle du Kirov de l’épisode du camp des gitans, la version Noureev nourrie de références aux univers picturaux de Gustave Doré et de Goya fut remise sur le métier pour le Ballet de l’Opéra de Paris en 1981, il y dansa Basile à la deuxième représentation, version qui figure encore au répertoire parisien.

    Pour cette raison, on peut s’étonner du choix de Don Quichotte pour cette visite du Ballet de Vienne à Paris, bien qu’elle ait pour thématique un hommage au chorégraphe disparu il y a vingt ans. Et d’autant qu’elle a constitué le plat de résistance de la programmation du Ballet de Paris pendant les fêtes de fin d’année.

    Pourquoi ne pas avoir choisi de montrer du plus rare comme par exemple la fabuleuse Chauve-souris chorégraphiée pour Vienne par Roland Petit? Manuel Legris a t-il voulu montrer à Paris comment il a remonté à son arrivée en 2011 la version Noureev qui sommeillait dans la capitale impériale ?

    La version viennoise apparaît donc comme dégraissée, allégée de certains excès dans les mouvements de foule et effets comiques. Tout fonctionne merveilleusement. Les très jolis décors et costumes de Nicholas Georgiadis sont plus raffinés que ceux d’Alexandre Beliaev et Elena Rivkina, tels qu’on peut les voir à Paris, depuis que l’œuvre est dansée à Bastille.

    Les deux protagonistes Maria Yakovleva et Denys Cherevychko, bien appariés, tous deux premiers solistes du Wienerstaatsballet, avaient dansé ces rôles à Paris en novembre dernier. La Russe Maria Yakovleva, ex-Étoile du Théâtre Mariinski, danse Kitri et Dulcinée avec une belle technique, moins prodigieuse ce soir qu’en novembre dernier. Si ses fouettés forcent l’admiration, ce soir, les équilibres sont un peu écourtés.

    Très souriante, cette ballerine de style classique ne déploie cependant pas une grande gamme d’expression contrairement à son partenaire l’Ukrainien Denys Cherevychko. Avec un physique trapu à la Barychnikov, ce fantastique technicien a un charisme unique, une sûreté dans toutes ses actions et une énergie très bien contrôlée. On aurait cependant apprécié un peu moins de cabotinage. Parfaitement habitués à danser ensemble, ils illuminent la soirée et font du grand pas de deux final un feu d’artifice fort acclamé.

    Belle tenue du Ballet dans toutes les scènes de foule et dans l’acte blanc avec la très belle Reine des Dryades d’Olga Esina et l’exceptionnelle Première Dryade d’Iliana Chivarova. On ne répètera jamais assez le luxe que représente d’avoir un orchestre dans la fosse (les deux autres programmes étaient donnés sur de la musique enregistrée). L’Orchestre Prométhée qui officie n’est cependant pas inoubliable, et son chef Pierre-Michel Durand n’y va pas de main morte pour diriger une musique qui demande plus de légèreté.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 17/07/2013
    Olivier BRUNEL

    Don Quichotte de Noureev par le Ballet national de l’Opéra de Vienne dans le cadre des Étés de la Danse 2013 au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Don Quichotte
    chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev d’après Petipa et Gorski (1966)
    Orchestre Prométhée
    direction : Pierre-Michel Durand
    Avec : Maria Yakovleva (Kitri/Dulcinée), Denys Cherevychko (Basile), Gabor Oberegger (Gamache), Thomas Mayerhofer (Don Quichotte) et Christoph Wenzel (Sancho Pança), d’Olga Esina (Reine des Dryades), les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra de Vienne.

     


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