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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Adieux de la danseuse Étoile Agnès Letestu à l’Opéra de Paris, dans la Dame aux camélias de John Neumeier.

Agnès Letestu, la très grande classe
© Julien Benhamou

Depuis son entrée dans le Corps de ballet en 1987, et l’on pourrait même dire depuis son entrée à l’École de danse en 1983, Agnès Letestu a incarné de différentes manières la perfection de l’École française de danse. Une artiste aux multiples talents, symbole d’une brillante génération qui va continuer à quitter la scène dans les mois à venir.
 

Palais Garnier, Paris
Le 10/10/2013
Gérard MANNONI
 



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  • Pluie de confettis d’or et longues minutes d’ovations bien sonores, Agnès Letestu a incarné une fois encore et sans doute la dernière, la Dame aux camélias de John Neumeier. Même l’orchestre ne partait plus et applaudissait de la fosse tandis que des bouquets tombaient ici et là sur le plateau. Les traditions les plus contraignantes mais aussi les plus conviviales ne meurent pas au Ballet de l’Opéra de Paris. Le public, le Corps de ballet, les professeurs, les anciennes et actuelles Étoiles savent manifester leur affection, leur admiration, leur reconnaissance.

    Une Étoile, ce n’est pas n’importe qui. C’est quelqu’un qui a été un exemple pour tous ceux qui dansent, une source d’émotions fortes, variées, renouvelées sans cesse pour tous ceux qui regardent. La Dame aux camélias est un ballet complexe qui demande à ses interprètes autant de qualités techniques que dramatiques.

    Il y a de vrais personnages de théâtre à faire vivre, et il faut s’imposer parmi les multiples images qui peuplent la mémoire des spectateurs, car les héros ont été incarnés de mille manières et par les plus grands acteurs et chanteurs. Le couple formé par Agnès Letestu et Stéphane Bullion, dont un DVD perpétue la mémoire, est une grand couple de théâtre, par la beauté, par le charisme, par la projection dramatique et bien sûr la perfection technique.

    Portés acrobatiques, voire dangereux, douceur et fluidité de certaines scènes, violence déchaînée de certaines autres, il faut passer sans cesse du subtil au puissant. Avec une élégance de chaque instant, une facilité apparente d’exécution des pas les plus risqués, un grand sens du drame et une fascinante manière de communiquer l’émotion, Agnès Letestu a en quelque sorte résumé tout ce qu’elle a déployé comme talent ces dernières années.

    Car elle a tout dansé, les plus classiques comme les plus contemporains, avec la même classe, le même chic, le même investissement. Une très grande Étoile, décidément, parfaite musicienne, styliste de talent qui a signé de beaux costumes pour la danse et l’opéra, qui a placé très haut la barre pour tous ceux et celles qui cherchent à conquérir ce titre si glorieux.

    Stéphane Bullion est bien sûr totalement investi dans ce rôle d’Armand qu’il maîtrise avec prestance. Remarquable danseur lui aussi, toujours en progression, creusant, cherchant en tous domaines à aller au plus profond de son art.

    Et tous les autres tenaient aussi à ce que la soirée soit exceptionnelle, excellente Prudence de Nolwenn Daniel, Manon pathétique à souhait d’Ève Grinsztajn face au touchant Des Grieux de Christophe Duquenne, couple tonique et vraiment bien dansant d’Olympia et Gaston Rieux incarnés par Léonore Baulac et Nicolas Paul. Sans oublier le Corps de ballet, ni les deux pianistes, Emmanuel Strosser et Frédéric Waysse-Knitter, aussi essentiels que brillants. Tout le monde, en pareille occasion, donne le meilleur de lui-même.

    Les générations se suivent sans jamais vraiment se ressembler. L’une chasse l’autre et l’on a toujours tendance à regretter celle qui cède la place. Mais restons optimistes. Les ressources de cette compagnie sont immenses et l’École est un réservoir sans pareil !




    Palais Garnier, Paris
    Le 10/10/2013
    Gérard MANNONI

    Adieux de la danseuse Étoile Agnès Letestu à l’Opéra de Paris, dans la Dame aux camélias de John Neumeier.
    La Dame aux camélias
    chorégraphie : John Neumeier
    musique : Chopin
    décors & costumes : Jürgen Rose
    éclairages : Rolf Warter

    Emmanuel Strosser et Frédéric Vaysse-Knitter, piano
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : James Truggle

    Avec Agnès Letestu et Stéphane Bullion, danseurs Étoile, Michael Denard, Étoile invitée, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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