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L'ACTUALITE DE LA DANSE 17 novembre 2019

Les Illusions perdues de Ratmansky par la troupe du Bolchoï à l’Opéra de Paris.

Illusions doublement perdues
© Laurent Philippe

Mystère total ! Comment une glorieuse compagnie comme celle du Bolchoï peut-elle emmener en tournée à l’Opéra de Paris un ballet aussi dénué d’intérêt que ces Illusions perdues ? Chorégraphie sans personnalité, histoire gauchement réinventée à partir de Balzac, partition musicale épaisse, bruyante, inexpressive. D’excellents danseurs ne sauvent pas le spectacle.
 

Palais Garnier, Paris
Le 06/01/2014
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Du roman de Balzac, le livret du ballet crĂ©Ă© en 1934 par Zakharov et rĂ©digĂ© d’après Balzac par Vladimir Dmitriev et que rĂ©utilise Ratmansky, il ne reste rien. Lucien de RubemprĂ©, jeune loup qui veut conquĂ©rir Paris par le journalisme, l’un des hĂ©ros mythiques de la littĂ©rature française, est ici un compositeur de musique de ballet qui connaĂ®t le succès avec un première Ĺ“uvre, couche avec la ballerine puis, entraĂ®nĂ© par des amis proches de l’Étoile rivale, connaĂ®t un autre succès avec une partition facile, abandonne la première danseuse pour la seconde et se retrouve finalement seul quand il veut rĂ©cupĂ©rer la première. Ouf !

    On pourra dire qu’il y a des ballets réussis avec des intrigues encore plus simplistes, c’est vrai, mais chorégraphe et musique ont su leur donner une épaisseur dramatique manquant totalement à l’œuvre de Ratmansky. On n’y croit pas une seconde, tant la danse est stéréotypée et sans caractère, tant les personnages apparaissent comme des fantoches, tant la progression dramatique est inexistante, tant la musique de Leonid Desystnikov agresse les oreilles au lieu de soutenir l’émotion. Trois petits actes et puis s’en vont. On a l’impression de n’avoir rien vu.

    Sauf d’excellents danseurs embarqués sur cette galère. Evgenia Obratzova, premier amour du volage Lucien, est magnifique à tous égards, mais ses qualités ne sont que médiocrement exploitées, comme celles de Ekaterina Krysanova, deuxième conquête de Lucien. David Hallberg, que l’on vient d’applaudir dans la Belle au bois dormant, reste un somptueux danseur au physique romantique très adéquat. Il tente louablement de faire vivre son personnage en exploitant les possibilités expressives de son beau visage très mobile, car la chorégraphie ne raconte rien. Belle prestation aussi d’Artem Ovchrenko en Premier Danseur.

    Alors la question reste entière : que pense donc montrer le Bolchoï en faisant voyager un navet pareil ? Ses dirigeants savent pourtant que la compagnie invitante possède à son répertoire maints ballets littéraires qui sont d’authentiques chefs-d’œuvre comme la Dame aux camélias de Neumeier, L’ histoire de Manon de MacMillan, Carmen et Notre-Dame-de-Paris de Petit, Oneguin de Cranko… Le Bolchoï en possède aussi, sans compter les grands classiques et maintenant bon nombre de grands contemporains.

    Le Palais Garnier était plein, mais gageons que bien des spectateurs ne s’attendaient pas à une démonstration que renieraient la plupart de nos compagnies régionales. Sans doute Alexeï Ratmansky, dont on a vu ici un fort poétique Pysché est-il plus inspiré par l’abstraction mythologique que par la narration balzacienne même avec l’aide, nous dit-on, de l’excellent Guillaume Gallienne comme consultant dramaturgique… consultation qui a dû ressembler à celle que passe ce fabuleux acteur-metteur en scène dans la séquence du service militaire de son remarquable film Les garçons et Guillaume, à table !




    Palais Garnier, Paris
    Le 06/01/2014
    GĂ©rard MANNONI

    Les Illusions perdues de Ratmansky par la troupe du Bolchoï à l’Opéra de Paris.
    Les Illusions perdues
    Ballet en trois actes d’après le livret de Vladimir Dmitriev inspiré du roman éponyme d’Honoré de Balzac.
    choréraphie ; Alexeï Ratmansky
    musique : Leonid Desyatnikov
    décors et costumes : Jerôme Kaplan
    lumières : Vincent Millet
    consultant : Guillaume Gallienne
    Lucas Genusias, piano
    Svetlana Shilova et Catherine Trottman, chant
    Orchestre Colonne
    direction : Igor Dronov

    Avec les danseurs principaux et le corps de ballet du Théâtre Bolchoï de Moscou

     


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