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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris de Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg.

Éblouissante modernité
© Anne Deniau

Très belle idée que de réunir en un même programme au ballet de l'Opéra national de Paris des ballets signées de grandes chorégraphes qui furent des pionnières. La reprise de Fall River Legend d’Agnès de Mille accompagnait l’entrée au répertoire de Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg. Une double réussite magistrale.
 

Palais Garnier, Paris
Le 21/02/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Respectivement de 1948 et de 1950, Fall River Legend et Mademoiselle Julie représentent de chaque côté de l’Atlantique une avancée majeure dans la manière de traiter chorégraphiquement des histoires qui relatent des faits divers chacune à leur manière. Un meurtre à la hache, un suicide assisté au couteau.

    L’histoire de Lizzie Borden accusée d’avoir tué son père et sa belle-mère à la hache à la toute fin du XIXe siècle été traitée de multiples fois par quasiment tous les moyens d’expression artistique. C’est devenu une sorte de légende, finalement éloignée de la réalité puisque l’héroïne fut acquittée par les jurés.

    Mais ici, dans l’approche très concise et remarquablement construite d’Agnès de Mille, tout commence et s’achève au pied de la potence. Le drame en prend une force plus grande tout comme le thème qu‘il traite, place de la femme dans une société américaine hantée par le puritanisme. C’est de liberté de la femme qu’il s’agit aussi dans la pièce de Strindberg que Birgit Cullberg a chorégraphiée, puisque la noble Mademoiselle Julie ne trouve d’autre issue que la mort au déshonneur consécutif à la folle pulsion sensuelle qui l’a poussée à séduire le valet Jean.

    Si les interventions des groupes autant par leurs mouvements d’ensemble que par certaines mimiques et jeux de têtes et de mains rappellent chez Agnès de Mille l’univers des comédies musicales, les parties de solistes sont traitées avec une sobriété alliant langage classique, mimodrame et gestuelle théâtrale libre.

    C’est d’une grande efficacité et la chorégraphe va droit au but, ses personnages étant dessinés avec autant de précision que rapidité. Dans le rôle de l’Accusée s’étaient illustrées ici Marie-Claude Pietragalla et Elisabeth Maurin notamment, cette dernière y révélant des possibilités de tragédienne qu’on pouvait ne pas lui soupçonner. Alice Renavand reprend le flambeau, belle, tragique, danse d’une absolue rigueur, aux côtés de Vincent Chaillet parfait de sobriété et de raffinement en Pasteur amoureux avec délicatesse. Christophe Duquesne et Stéphanie Rombert sont parfaits en Père et en effroyable belle-mère.

    Mademoiselle Julie appartient aux très grandes œuvres du XXe siècle et la manière absolument éblouissante dont le ballet fut dansé par Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche marquera sans nul doute les mémoires. L’entrée fracassante d’Aurélie Dupont dans son costume mi-tutu mi-écuyère a la force de celle de Carmen dans le ballet de Roland Petit qui donna d’ailleurs à Birgit Cullberg l’idée de faire Mademoiselle Julie. Mais quelle qualité extrême de danse !

    Tout est fabuleux de vivacité, de précision, de chic, d‘insolence… et de beauté. Une grande Étoile au sommet, tout comme Nicolas Le Riche incroyable de légèreté, de puissance, de sensualité paysanne sans vulgarité, héros de quelque film scandinave. Ils parviennent à exprimer tout ce qui peut rapprocher et séparer ces deux êtres dans ce jeu pervers où le pouvoir change facilement de camps. Amélie Lamoureux, Alessio Carbonne, Charlotte Rançon complètent très efficacement cette distribution de très haut vol.

    Tout est d’ailleurs superlatif dans cette production : les décors et les costumes, les lumières et la musique aux couleurs inhabituelles. Un grand moment de danse et la révélation pour beaucoup d’un ballet majeur du XXe siècle.




    Palais Garnier, Paris
    Le 21/02/2014
    Gérard MANNONI

    Entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris de Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg.
    Fall Rever Legend, ballet d’Agnès de Mille
    musique : Morton Gould
    décors : Oliver Smith
    costumes : Miles White
    éclairages : Pascal Mérat
    Mademoiselle Julie, ballet de Birgit Cullberg
    musique : Ture Rangstrom
    décors & costumes : Sven X:ET Erikson
    éclairages : Erik Berglund

    Orchestre Colonne
    direction : Koen Kessels

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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