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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

booty Looting de Wim Vandekeybus par la compagnie Ultima Vez au Théâtre de la Ville, Paris.

Numéro d’acteur
© Danny Willems

Même si Wim Vandekeybus réussit comme toujours à faire le spectacle et à aborder les mythes de façon originale et personnelle, booty Looting pousse à ses limites extrêmes un genre où la danse est quasiment expulsée au bénéfice du texte, du numéro d’acteur et d’une accumulation de gadgets visuels à l’efficacité inégale.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 14/04/2014
GĂ©rard MANNONI
 



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  • DĂ©jĂ  l’an dernier, dans Ĺ’dipus/bĂŞt noir, Wim Vandekeybus, l’un des esprits les plus inventifs et les plus originaux de l’école flamande, avait laissĂ© le texte trop envahir l’espace sur la danse. Mais celle-ci, magnifique, Ă©tait encore assez prĂ©sente pour que l’œuvre ne bascule pas totalement vers une sorte de théâtre dansĂ© Ă  mi-chemin entre plusieurs modes d’expression scĂ©nique.

    Avec booty Looting, créé en 2012 à Venise, la balance penche du mauvais côté, si l’on peut dire. C’est la parole qui domine, omniprésente, défendue par Jerry Killick dont l’impact scénique indiscutable et l’engagement absolu galvanisent l’attention, occupent l’espace sonore et visuel.

    Ce qu’il fait est fort, impressionnant même de conviction et parfois de distanciation au bon moment, mais si l’on y ajoute l’impact violent du travail du photographe Danny Willems qui bâtit peu à peu un autre univers à la fois complémentaire et parallèle, le mouvement dansé devient secondaire, presque absent, voire inutile.

    Réduite à quelques brèves séquences acrobatiques, magistralement exécutées c’est vrai, la danse semble superflue, anecdotique, à côté du jeu théâtral et photographique à qui sont confiés les chocs et les émotions les plus significatifs, les plus forts, les plus intéressants.

    On dira que c’est volontaire, bien sûr, que le propos est plus complexe. C’est vrai, mais ce serait nettement plus défendable si le texte lui-même était d’une autre qualité. Il n’a finalement qu’un intérêt limité, cherche un style qu’il ne trouve guère et si l’on admire le professionnalisme brillant et l’investissement profond de Jerry Killick, on se lasse vite de ce flot verbal qui finit par gêner la lecture des images multiples proposées.

    Autour du mythe de Médée, Vandekeybus tisse une toile complexe sur une trame lisible malgré toutes les transpositions et les diversions. C’est souvent confus, mais il se crée finalement un univers visuel qui se suffirait à lui-même. En quelque sorte, il y a deux spectacles qui tentent de fusionner sans vraiment y parvenir. Une sorte de soliloque remarquablement incarné mais pas toujours passionnant pour autant et une accumulation d’effets visuels toujours intéressants mais souvent trop cumulés.

    Trop d’idées peut nuire, et si l’on garde le souvenir d’évocations et de commentaires forts sur la violence et la cruauté profondes de l’histoire de Médée et de Jason, on regrette que la place de la danse soit si réduite et que Vandekeybus n’ait pas davantage fait confiance aux si habiles danseurs de sa compagnie au bénéfice d’une parole qui n’a rien de très mémorable.




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 14/04/2014
    GĂ©rard MANNONI

    booty Looting de Wim Vandekeybus par la compagnie Ultima Vez au Théâtre de la Ville, Paris.
    Booty Looting
    mise en scène, chorégraphie, scénographie : Wim Vandekeybus
    assistant artistique et dramaturgie : Greet Van Poeck
    création lumières : Davy Deschepper, Francis Gahide, Wim Vandekeybus
    création son : Antoine Delagoutte
    musique originale live : Elko Blijweert
    Live still photographie : Danny Willms
    Créé et interprété par Jerry Killick, Birgit Walter, Luke Jessop, Dimitry Szypura, Elena Fokina, Luke Murphy

     


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