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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Soirée Balanchine-Millepied et départ de Laurent Hilaire au ballet de l’Opéra national de Paris.

Plaisir et regrets
© Agathe Poupeney

Au moment où va s’achever l’ultime saison de la direction de Brigitte Lefèvre et où se termine la série de spectacles comprenant la création du Daphnis et Chloé du futur directeur de la compagnie, l’Opéra annonce que Laurent Hilaire, maître de ballet associé à la direction de la danse, va quitter le navire. Une mauvaise nouvelle accompagnant un joli spectacle.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 28/05/2014
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Ne prĂŞtons par l’oreille aux diffĂ©rentes rumeurs ayant laissĂ© entendre depuis quelque temps que Laurent Hilaire, maĂ®tre de ballet associĂ© Ă  la direction de la danse, Ă©tait sur le dĂ©part. Regardons seulement les faits. L’annonce de ce dĂ©part est maintenant officielle. Combat de chefs ? Laurent Hilaire, immense danseur et star de la brillante Ă©poque Noureev, assurait efficacement son rĂ´le aux cĂ´tĂ©s de la directrice. Il avait mĂŞme Ă©tĂ© Ă  juste titre considĂ©rĂ© comme son successeur potentiel.

    Au bout d’une carrière des plus glorieuses effectuĂ©e entièrement au sein de ce théâtre et largement Ă  l’international, il s’est vu prĂ©fĂ©rer un outsider bien moins grand danseur que lui et connaissant infiniment moins la maison que lui, mais grand maĂ®tre en l’art de la communication et, dit-on, bon gestionnaire capable d’attirer maints sponsors vers l’une des institutions pourtant dĂ©jĂ  les mieux dotĂ©es du monde. Ne faisons aucun procès a priori mais amusons-nous simplement d’inverser la cĂ©lèbre phrase de Beaumarchais : « Il fallait un grand danseur, ce fut un calculateur qui l’obtint Â».

    Laurent Hilaire apparaissait à ceux qui n’étaient qu’à moitié convaincus de la justesse de cette nomination, sans doute elle aussi expliquée par l’idée répandue qu’ailleurs l’herbe est toujours plus verte, comme un verrou de sécurité pouvant éviter imprudents dérapages, réformite inopportune ou simplement maladresse due à un évident manque d’expérience de la gestion d’une compagnie de cette importance. Il s’en va donc. Quelle qu’en soit la raison, c’est une grosse perte pour la compagnie et un risque supplémentaire pour le nouvel arrivant.

    Hilaire sera certes remplacé par une autre valeur des plus sûres, qui sera à la rentrée 2014 elle aussi associée à la direction de la danse. Artiste exceptionnelle, intelligente, très belle danseuse, Clotilde Vayer, déjà maître de ballet, est le nouveau verrou de sécurité mis en place. Il y a tout lieu de lui faire confiance, mais cela n’enlève pas l’impression de confusion que ces changements aux raisons obscures procurent, un peu comme dans la casse politique actuelle. On annonce aussi qu’Aurélie Dupont, qui part à la retraite la saison prochaine, deviendra ensuite maître de ballet. C’est une bonne nouvelle que de savoir que cette grande ballerine restera à un poste de responsabilité de première importance.

    Juste un peu d’eau froide dans le soleil de ce spectacle Balanchine-Millepied proposant une reprise du Palais de cristal de Balanchine et la création du Daphnis et Chloé de Millepied, commandé par Brigitte Lefèvre avant qu’elle ne sache qui serait son successeur.

    Dans de nouveaux costumes absolument magiques à tous égards signés Christian Lacroix, le Palais de cristal, créé en 1947 à Garnier, bénéficie d’un lot de solistes remarquables, menés par Amandine Albisson et Mathieu Ganio, Marie-Agnès Gillot et Karl Paquette, Valentine Colasante et Pierre-Arthur Raveau, particulièrement percutant. Le Corps de ballet a en revanche paru quelque peu figé, coincé, manquant de charme, de cette élégante impertinence du style Balanchine si bien maîtrisée en revanche par les solistes, Étoiles ou Premiers Danseurs. La Symphonie en ut de Bizet bénéficiait de la très adéquate direction de Philippe Jordan.

    On retrouvait ce dernier au pupitre du Daphnis et Chloé de Ravel, dirigé aussi avec beaucoup d’intelligence et de goût. Défendue par une élite de solistes où Aurélie Dupont et Hervé Moreau dans les deux rôles principaux sont parfaits en tous points, où Eleonora Abbagnato et Alessio Carbone tiennent avec panache les rôles de Lycénion et de Dorçon, où François Alu fait une époustouflante démonstration de ses incroyables possibilités techniques, la chorégraphie de Benjamin Millepied déploie de réelles séductions.

    Du beau néo-classicisme fluide, mené rondement, avec beaucoup de danse, une intéressante recherche dans le travail des bras et un sens très exact de la personnalité de chaque soliste. Ensembles bien imaginés, entrées et sorties des groupes souvent originales. Rien de foudroyant, mais un très joli travail soutenu par les magnifiques inventions scénographiques de Daniel Buren, véritable fête de la couleur et des formes, très en accord avec la partition et admirablement éclairée par Madjid Nakimi. Sinon un événement, du moins une réussite.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 28/05/2014
    GĂ©rard MANNONI

    Soirée Balanchine-Millepied et départ de Laurent Hilaire au ballet de l’Opéra national de Paris.
    Le Palais de cristal
    musique : Bizet
    chorégraphie : George Balanchine
    costumes : Christian Lacroix
    Ă©clairages : Madjid Nakimi
    Daphnis et Chloé
    Musique de Maurice Ravel
    chorégraphie : Benjamin Millepied
    scénographie : Daniel Buren
    costumes : Holly Hynes
    Ă©clairages : Madjid Nakimi

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Philippe Jordan

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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