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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Les Exilés de Claude Brumachon au Musée Zadkine, Paris.

Entre chien et loup
© Laurent Philippe

Création 2014 de Claude Brumachon pour huit danseurs et présenté par le Centre Chorégraphique National de Nantes dans le cadre poétique du Musée Zadkine, les Exilés propose une rencontre entre chien et loup, avec la confrontation du corps vivant et de la sculpture. Une parenthèse magique d’images et de son dans un îlot préservé du tumulte parisien.
 

Musée Zadkine, Paris
Le 18/06/2014
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Ils avaient dĂ©jĂ  rĂ©ussi un Ă©tonnant dĂ©ambulatoire dans le MusĂ©e Bourdelle. Ils rĂ©cidivent ici dans le cadre plus intime, voire plus difficile, du MusĂ©e Zadkine. Claude Brumachon, directeur depuis plus de vingt ans du Centre national chorĂ©graphique de Nantes et Benjamin Lamarche, son assistant, effectuent depuis de nombreuses annĂ©es un travail très personnel sur le corps, avec de multiples approches.

    Ils ont entre autres expérimenté à diverses reprises et notamment avec une pièce majeure, le Festin, comment livrer la danse sans les artifices de la scène traditionnelle, c’est-à-dire sans la distance avec le spectateur, sans l’illusion créée par les lumières, le maquillage, le décor.

    Il faut beaucoup de courage pour un artiste dont l’instrument est le corps, presque nu, pour s’exprimer ainsi, en quelque sorte à portée de main du spectateur, en y ajoutant de plus cette notion de déambulatoire où l’on circule entre les corps mouvants des danseurs et ceux inanimés des sculptures. Épreuve de vérité suprême qui est ici révélatrice de la profondeur du travail effectué.

    La gestuelle torturée de Brumachon est à la fois violence et apaisement, libération, certainement, aussi précise et fouillée qu’un travail d’orfèvre ou de miniaturiste. On connaît ces chutes, ces redressements, ces contournements de bras et de jambes, savamment agencés et construits.

    On passe d’une pièce à l’autre, dans l’étrange lumière de ces soirs sans fin de juin, dans celles des salles du musée où se construisent de magistrales perspectives où le corps vivant s’encadre entre les corps figés des œuvres, où l’on voit du jardin ce qui se passe à l’intérieur, de l’intérieur ce qui se passe dans le jardin, jusqu’au moment où tous se retrouvent sur la petite pelouse, union finale, synthèse de tout ce que l’on a vu auparavant.

    Les huit interprètes sont comme toujours chez Brumachon excellents. Outre le chorégraphe lui-même et Lamarche, il y a la très expressive Valérie Soulard, pilier de la compagnie, Lise Fassier, depuis dix ans aussi formée au moule du créateur, et trois garçons, généreux et totalement investis dans ce travail auquel ils donnent une vie aussi intérieure que spectaculaire.

    Émise par des enceintes discrètement réparties, la musique de Christophe Zurfluh tient une part fondamentale dans le climat hors normes qui se crée au fil des minutes. Elle habite le lieu et les corps, juste assez présente, juste assez suggestive, jamais indifférente, achevant de faire de ces quelque cinquante minutes une parenthèse au-delà du miroir, dans ce quartier où se côtoient immeubles de grand luxe, facultés, grands lycées et jardins historiques.




    Musée Zadkine, Paris
    Le 18/06/2014
    GĂ©rard MANNONI

    Les Exilés de Claude Brumachon au Musée Zadkine, Paris.
    Les Exilés
    chorégraphie : Claude Brumachon
    assistant : Benjamin Lamarche
    répétiteur : Vincent Blanc
    création musicale : Christophe Zurfluh

    Avec les danseurs de CCN de Nantes

     


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