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L'ACTUALITE DE LA DANSE 17 janvier 2018

Soirée d’Adieux de Nicolas Le Riche au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Ultime triomphe
© Sébastien Mathé

La grande Étoile Nicolas Le Riche avait droit à une soirée en forme de carte blanche pour ses adieux. En pleine forme mais ayant atteint les quarante-deux ans fatidiques, il a imaginé un programme sympathique, bien à son image, tourné vers l’amitié, avec quelques moments forts, mais sans rien d’ostentatoire, sinon, c’était normal et incontournable, son immense talent.
 

Palais Garnier, Paris
Le 09/07/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Brigitte Lefèvre ne souhaitait pas qu’il fasse ses adieux avec le rôle très particulier de Quasimodo dans Notre-Dame de Paris de Roland petit, même s’il y est magistral. Quitter l’Opéra dans un personnage de bossu était injuste pour un danseur au physique aussi exceptionnel.

    Car Nicolas Le Riche, qui aura dansé avec une foi, un investissement et un talent incomparables tous les répertoires du plus classique au plus contemporain, méritait bien un traitement spécial pour cette traditionnelle soirée qui n’est en fait que rarement un arrêt dans la carrière de ces artistes d’exception. Le Riche, on le verra encore sur scène, ailleurs, notamment l’automne prochain, au Théâtre des Champs-Élysées, dans des spectacles conçus par lui-même.

    Pour l’heure, il a voulu, sans jamais insister sur rien, rappeler son parcours et évoquer quelques rencontres ayant compté pour lui. D’où cette belle entrée en matière, subtile, inattendue, avec Matthieu Chedid chantant en s’accompagnant à la guitare, tandis que Le Riche évoluait à l’arrière plan sur le plateau nu de Garnier.

    Ou bien ce délicieux poème écrit et dit par Guillaume Gallienne pour introduire le court extrait du Caligula qu’ils avaient concocté ensemble. Ou encore cette introduction des Forains de Roland Petit, chorégraphe qui compta beaucoup dans la carrière du danseur, pour présenter un jeune de l’École de danse dans la Danse du tambour du Bal des Cadets, premier rôle important de Le Riche quand il était lui-même à l’École.

    Dans le même esprit, il y eut un extrait de l’acte de deux du Raymonda de Noureev, avec, même si elles dansaient fort peu, deux Étoiles, Stéphane Bullion et Dorothée Gilbert et plusieurs Premiers Danseurs. Sylvie Guillem, sa partenaire prestigieuse un peu partout dans le monde, était là pour le duo de la porte extrait d’Appartement de Mats Ek. Délire dans la salle ! Mathieu Ganio et Audric Bezard parurent, magnifiques, dans Caligula, un instant magique. Et puis, il y eut les grands moments de danse, rappelant trois des grands rôles que Le Riche a marqués de sa forte personnalité.

    Prélude à l’après-midi d’un faune, dans la version Nijinsky de 1912, était dansé par Jérémie Bélingard, sensuel à souhait, et la si belle Eve Grinsztjan. Le Riche s’était juste réservé pour lui-même et Eleonora Abbagnato le Jeune homme et la mort de Roland Petit, où il souleva un enthousiasme hystérique du public, et le Boléro de Maurice Béjart en conclusion, qui déchaîna une standing ovation et des hurlements de match de foot aux saluts, faisant oublier d’amusants cafouillages du trombone solo !

    Une question quand même : pourquoi le CITROËN décorant la Tour Eiffel dans le décor original au dernier tableau a-t-il disparu, remplacé ici par une vilaine décoration lumineuse en guirlande et une enseigne GARAGE côté jardin, où elle n’a rien à faire ? Quelle motivation bizarre et perverse a-t-elle poussé à ce changement regrettable car il retire le cachet époque 1945 de la création du ballet ?

    Lors des traditionnels saluts d’adieu sous une pluie de confetti dorés, applaudi par tout le Corps de ballet, ovationné par la salle qui criait « Nicolas ! Nicolas ! » comme à un meeting politique… Sûrement aucun rapport avec la présence dans la salle de Manuel Valls et d’un important contingent de ministres. Simple coïncidence…

    Le Riche, lui, semblait tout simplement heureux, sans mélodrame, sans comportement triomphal, à l’image de sa personnalité parfaitement saine, équilibrée, sans faux semblants. Délicieuse apparition de son épouse l’Étoile Clairemarie Osta envoyant sous les acclamations leurs deux adorables petites filles, aussi à l’aise que des princesses au balcon de Buckingham Palace.

    La ministre de la Culture devait, au cours de la réception qui suivait, lui remettre les insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et Lettres. Rien n’est plus mérité pour cet artiste formidable, grande Étoile parmi les plus grandes, image idéale de ce qui est aussi la plus grande compagnie du monde.

    Le public aime manifester son admiration et son affection pour ces danseurs qui, comme Legris, Hilaire, Martinez, Letestu et tant d’autres ont su lui procurer tant d’émotions subtiles ou violentes et défendre au plus haut niveau l’école de danse française. Une belle tradition qui, espérons-le, perdurera encore longtemps.




    Palais Garnier, Paris
    Le 09/07/2014
    Gérard MANNONI

    Soirée d’Adieux de Nicolas Le Riche au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Ouverture : Matthieu Chedid-Nicolas Le Riche
    Les Forains (extraits avec les élèves de l’École de danse)
    chorégraphie : Roland Petit
    Le Bal des cadets (extrait)
    chorégraphie : David Lichine
    Raymonda (extrait du II)
    chorégraphie : Rudolph Noureev
    L’Après midi d’un faune
    chorégraphie : Nijinsky
    Le Jeune homme et la mort
    chorégraphie : Roland Petit
    Apartement (extrait)
    chorégraphie : Mats Ek
    Caligula (extrait)
    chorégraphie : Nicolas Le Riche
    Boléro
    chorégraphie : Maurice Béjart

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Kevin Rhodes

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris, et la participation de Matthieu Chedid, de Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie Française et de Sylvie Guillem, Étoile invitée

     


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