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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 décembre 2022

Gala d’Adieux de Brigitte Lefèvre au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Comme une Étoile
© Agathe Poupeney

Après deux décennies à la tête du Ballet de l’Opéra national de Paris, Brigitte Lefèvre a eu droit elle aussi à un gala d’adieux dans les ors du Palais Garnier comme ceux qu’elle a organisés si souvent pour ses Étoiles partant à la retraite. D’autres activités l’attendent maintenant, mais la fête a été triomphale.
 

Palais Garnier, Paris
Le 04/10/2014
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Une longue standing ovation, une pluie de confettis dorĂ©s, plusieurs ministres, maints chorĂ©graphes et danseurs dans la salle ainsi que StĂ©phane Lissner, le nouvel administrateur gĂ©nĂ©ral, Éric Ruff, nouveau patron de la ComĂ©die Française, bref, Brigitte Lefèvre a eu droit au tapis rouge numĂ©ro un des grands soirs de l’OpĂ©ra Garnier et avec Ă©lĂ©gance, fit aussi saluer son successeur, Benjamin Millepied.

    Après un programme regroupant deux pièces de William Forsythe, Etudes d’Harald Lander, Suite de danses de Clustine et Aunis de Jacques Garnier par les élèves de l’École, le Grand Défilé du corps de ballet mettait un point final à cette soirée d’hommage et la dernière à paraître, après les Étoiles, fut Brigitte Lefèvre elle-même, bientôt rejointe par moult Étoiles récemment parties, par des chorégraphes, des professeurs, des maîtres de ballet, des techniciens, applaudie aussi par l’orchestre.

    C’était normal, mérité, sympathique, car Brigitte Lefèvre, quoiqu’en pensent et en disent ses détracteurs, a accompli dans le monde de la danse et ici en particulier, un parcours d’une qualité exceptionnelle. Élève de l’École, puis ballerine du Corps de ballet, puis fondatrice avec Jacques Garnier du Théâtre du Silence, première compagnie contemporaine française d’importance, elle fut ensuite inspecteur général de la danse au Ministère de la Culture avant de revenir à Garnier comme administrateur du théâtre en 1992 et comme directrice du Ballet en 1995.

    Sur ce poste périlleux, elle a fait preuve d’une exemplaire efficacité, continuant l’ouverture vers le répertorie d’aujourd’hui qu’avait initié Rolf Liebermann, préservant le patrimoine romantique et classique et menant une politique hardie en invitant entre autres des personnalités phares de la création comme Pina Bausch, Trisha Brown, Anne-Teresa de Keersmaker, Jean-Claude Gallotta, José Montalvo notamment et donnant leurs chances aux vocations maison comme Kader Belarbi, Nicolas Le Riche, José Martinez, Jean-Guillaume Bart, Nicolas Paul entre autres.

    On pourra toujours discuter ses choix, mais il y a eu une politique, une volonté et beaucoup de résultats brillants. Même constat pour les nominations d’Étoiles que les mélomanes patentés qui croient tout savoir lui ont reproché si souvent de faire trop tôt ou trop tard ou pas celles qu’il fallait. Facile à dire !

    On ne peut pas susciter une Sylvie Guillem, une Elisabeth Platel, un Laurent Hilaire ou un Manuel Legris d’un claquement de doigts. Les générations se suivent et sont différentes. La génération Lefèvre a aussi ses superstars et elle défend toujours au plus haut niveau la tâche de cette institution qui, rappelons-le, dans son genre, est la plus ancienne du monde.

    Et puis, habile politique, Brigitte Lefèvre a su cohabiter harmonieusement avec plusieurs directeurs aux tempéraments très différents, Hugues Gall, Gerard Mortier, Nicolas Joel, et avec des ministres de la Culture tout aussi kaléidoscopiques. Toujours présente dans les murs, quasiment à chaque spectacle, à chaque prise de rôle, attentive au déroulement de la carrière de tout un chacun, elle a assumé avec un professionnalisme inattaquable sur une durée exceptionnelle, un travail difficile souvent payé d’ingratitude, mais que cette ovation finale, partagée par tous les personnels artistiques et par le public, aura justement couronné.

    Belle joueuse, elle a su associer avec naturel et classe à ses ultimes saluts celui qui lui succède, Benjamin Millepied, et dont on sait qu’il n’était pas son candidat. S’attendait-elle à un tel triomphe personnel ? Ce n’est pas sûr, mais elle a tout lieu d’en tirer légitimement satisfaction.

    Une nouvelle ère commence pour la compagnie. Souhaitons que l’ampleur de cette soirée ait confirmé Benjamin Millepied dans la conviction qu’il a devant lui une tâche lourde et risquée, où il faut à la fois affirmer son ego pour résister aux attaques qui viennent de toute part et respecter celui des autres.

    Le directeur du Ballet n’est est pas le propriétaire. Il n’est qu’un locataire de passage, chargé d’assurer la vie de la compagnie autant dans la continuité que dans le renouvellement. Tout cela peut paraître contradictoire, mais c’est la condition pour que le ballet de l’Opéra de Paris reste encore de longues années le meilleur du monde par la qualité de ses danseurs et celle de ses productions.




    Palais Garnier, Paris
    Le 04/10/2014
    GĂ©rard MANNONI



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