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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Le Chant de la terre, création de John Neumeier pour le Ballet de l’Opéra national de Paris.

Une histoire d’amour
© Ann Ray

John Neumeier finira-t-il par chorégraphier tout l’œuvre de Gustav Mahler ? Il est sur la bonne voie, passionné par ce compositeur qu’il ressent comme son frère. Pour le ballet de l’Opéra de Paris, il vient de s’attaquer à l’une des partitions les plus difficiles du compositeur, Le Chant de la terre. Une nouvelle preuve d’amour.
 

Palais Garnier, Paris
Le 03/03/2015
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Selon son propre aveu, c’est pour rendre hommage au Chant de la terre du grand chorĂ©graphe britannique Kenneth MacMillan qu’il dansa il y a une cinquantaine d’annĂ©es au Ballet de Stuttgart que John Neumeier a choisi cette partition pour rĂ©pondre Ă  la commande de l’OpĂ©ra de Paris. Il dit aussi que ce sera son ultime travail sur une partition de Mahler. Moment important, donc, tant pour son Ĺ“uvre que pour la longue histoire qui le lie aussi Ă  la grande compagnie française.

    Composé en 1908 et 1909, juste après la Huitième Symphonie sur des poèmes chinois anciens traduits en allemand par Hans Bethge, le Chant de la terre est une œuvre d’une grande complexité. Bien que chacune des six parties soit un Lied accompagné par l’orchestre, l’écriture en est si symphonique que si Mahler ne l’appela pas Neuvième Symphonie, ce fut pour éviter ce point final que furent leurs neuvièmes symphonies pour Beethoven et Schubert.

    De plus, ces textes d’une poésie très subtile expriment un rapport à la nature, à la beauté, à la vie et à la mort typiquement chinois. C’est donc une véritable osmose entre deux cultures que réalise ici le compositeur et que le chorégraphe exprime à son tour. Pas question de raconter le contenu des poèmes de façon figurative. Il s’agit ici de lancer le corps des danseurs sur les chemins de la seule musique, dans ce climat si particulier où s’allient la pensée la plus abstraite et le caractère si concret du corps humain.

    John Neumeier est un grand maître en la matière et une fois encore, dans ce langage chorégraphique rigoureux, fort, élégant, sensuel que l’on connaît bien, signant aussi décors, costumes et lumières, il parvient à rassembler ce qui pourrait au départ sembler impossible à réunir. Débutant par un prologue sans musique, le ballet est bâti essentiellement autour de l’axe constitué par deux solistes, ce soir l’excellent Fabien Révillion, décidément interprète intelligent, musical, virtuose, exemple parfait du Sujet qui devrait être Premier Danseur, et la Première Danseuse Nolwenn Daniel, ici d’une réelle efficacité et d’une poésie idéale.

    Rôle important aussi pour le Premier Danseur Audric Bezard, qui ne cesse de progresser, de s’affiner et de gagner en sobriété, pour Marc Moreau, pour Sae Eun Park, Juliette Hilaire, Laure Baulac et Sébastien Bertaud, ce dernier aussi Premier Danseur en puissance, si le concours annuel ne persistait à être une parodie en la matière. Un ensemble d’interprètes d’une remarquable qualité technique et d’une vraie musicalité, capables, comme le reste de la compagnie concerné, d’entrer dans cette épineuse dialectique à la frontière de plusieurs cultures, de plusieurs sensibilités, avec la force, la fluidité, l’élégance du style Neumeier.

    La partition était défendue avec sincérité par l’Orchestre de l’Opéra dirigé par Patrick Lange et par deux très bons chanteurs, le ténor Nikolaï Schuroff et le baryton Oddur Jonsson. Ce spectacle fort, qui entraîne dans un monde de réflexions profondes et multiples, est-il vraiment la dernière rencontre entre Neumeier et Mahler ? On est en droit d’espérer que non.




    Palais Garnier, Paris
    Le 03/03/2015
    GĂ©rard MANNONI

    Le Chant de la terre, création de John Neumeier pour le Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Le Chant de la terre
    musique : Gustav Mahler
    chorégraphie : John Neumeier
    Nikolaï Schukoff, ténor
    Oddur Jönsson, baryton
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Patrick Lange

    Avec les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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