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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Adieux d’Aurélie Dupont lors d’une reprise de l’Histoire de Manon de Kenneth MacMillan au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Les Adieux Ă  la Reine
© Julien Benhamou

Aurélie Dupont a fait ses Adieux d’Étoile en dansant une ultime Manon. Grand événement très médiatisé, à la hauteur de cette exceptionnelle ballerine qui avait pour partenaire la star de la Scala de Milan Roberto Bolle. Soirée triomphale méritée avec pas moins de quatre autres Étoiles sur le plateau, parfois dans de simples rôles de caractère.
 

Palais Garnier, Paris
Le 18/05/2015
GĂ©rard MANNONI
 



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  • AurĂ©lie Dupont s’est largement exprimĂ©e dans les mĂ©dias sur les raisons qui lui ont fait choisir ce rĂ´le pour faire, Ă  quarante-deux ans comme l’exige la règle, ses Adieux au Ballet de l’OpĂ©ra. Adieux relatifs d’ailleurs, car elle officiera maintenant comme maĂ®tre de ballet. Il lui fallait donc un rĂ´le qui ne soit pas simplement technique mais qui comporte sa part de composition dramatique, une vraie histoire avec de vrais personnages de théâtre.

    Car la technique, elle a montré tout au long de sa carrière qu’elle la dominait absolument, dans tous ses recoins les plus pervers, qu’il s’agisse du répertoire classique, néoclassique ou contemporain. De la Giselle romantique aux hardiesses de Pina Bausch ou de Teshigawara, rien ne lui a été étranger, au plus haut niveau. Une Étoile de la danse au sens le plus complet du terme.

    Et une fois encore, silhouette frêle mais pointes d’acier, sa Manon a su toucher par l’investissement intérieur total avec lequel elle s’empare de ce personnage aussi irritant que touchant. Fille légère, voire sans cœur ni cervelle, Manon n’en est pas moins une âme perdue d’avance, car dénuée de toute défense pour aborder le monde délabré dans lequel elle est jetée.

    La chorégraphie dont Nicholas Georgiadis avait signé costumes et décors hyperréalistes et parfois même pesants dans leur excès de fanfreluches, de bijoux et de guenilles, souffre certes elle aussi d’une prolifération de d’ensembles de prostituées, de mendiants, de gentilshommes en pleine débauche qui alourdissent le spectacle, sans parvenir néanmoins à noyer des pas de deux, pas de trois et variations d’une beauté infinie, porteurs de la plus authentique émotion.

    Perfection de la danse d’Aurélie Dupont, mais aussi de celle de son partenaire, la star de la Scala, le si sculptural Roberto Bolle. Tout est d’une rigueur et d’une élégance totales dans sa danse. Une statue en mouvement. C’est très beau à voir, ces jambes immenses parfaitement tendues, ces sauts d’une impondérabilité impressionnante. Mais est-il vraiment ce jeune étudiant aussi naïf que Manon ?

    Le visage s’efforce certes d’exprimer bien des choses, mais dans une distribution précédente, où brillait aussi Audric Bezard en Lescaut, Florian Magnenet, de plus en plus sûr techniquement, avait une humanité plus proche de celle du héros, face à la très sensuelle Manon d’Eleonora Abbagnato. Une autre approche du ballet, intéressante, émouvante, proposée par deux artistes sincères et riches de talent, formant un beau couple d’amants de théâtre.

    Pour entourer Mademoiselle Dupont en cette grande soirée, on n’avait lésiné en aucun domaine, notamment celui de la distribution. Quatre autres Étoiles l’entouraient. Stéphane Bullion, ténébreux et maléfique à souhait était l’épouvantable Lescaut, frère de Manon, libertin de la plus triste espèce. Alice Renavand, très bonne comédienne, incarnait sa maîtresse avec éclat, abattage, intelligence. Benjamin Pech était cet autre libertin tout aussi crapuleux, Monsieur de G.M., un rôle de caractère, tout comme celui du Geôlier du dernier tableau donné à Karl Paquette. Et comme toujours dans les grandes circonstances, soirées de nomination ou d’Adieux, tous le Corps de ballet était de la fête, donnant le meilleur spectacle possible comme écrin à l’Étoile partante.

    Vingt-cinq minutes de standing ovation, des fleurs, apportées notamment par les deux adorables petits garçons d’Aurélie qui ne voulaient plus quitter le plateau, saluaient à qui mieux mieux et jouaient bien avec les confettis dorés tombés en pluie comme le veut la tradition. Grand rassemblement des autres Étoiles aussi, du chorégraphe Pierre Lacotte, de Brigitte Lefèvre gratifiée d’un bisou par Benjamin Millepied, bref, tout ce qu’on aime en pareilles circonstances.

    La jeune génération que Benjamin Millepied nous fait découvrir semble riche en belles personnalités. Ce perpétuel renouvellement est depuis toujours l’immense force de cette compagnie unique au monde. Au cours de la réception au grand foyer qui a suivi le spectacle, la ministre de la Culture a fait Aurélie Dupont commandeur des Arts et Lettres.




    Palais Garnier, Paris
    Le 18/05/2015
    GĂ©rard MANNONI

    Adieux d’Aurélie Dupont lors d’une reprise de l’Histoire de Manon de Kenneth MacMillan au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    L’Histoire de Manon
    Ballet en trois actes d’après le roman de l’Abbé Prévost
    musique : Jules Massenet
    chorégraphie : Kenneth MacMillan, réglée par Karl Burnett et Gary Harris
    décors et costumes : Nicholas Georgiadis
    Ă©clairages : John B. Read
    répétitions : Patricia Ruanne, Claude de Vulpian

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Martin Yates

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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