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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Concours de promotion du ballet de l’Opéra national de Paris.

La roue tourne
© SĂ©bastien MathĂ©

Le concours annuel interne de promotion du ballet de l’Opéra de Paris est un des temps forts de la saison pour tous les passionnés. Sempiternellement remis en cause, il prouve cette année encore son utilité et même sa souplesse en portant nettement la marque du nouveau directeur Benjamin Millepied, avec l’éclosion de jeunes talents sur des variations en majorité américaines.
 

Palais Garnier, Paris
Le 06/11/2015
GĂ©rard MANNONI
 



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  • N’oublions pas, d’abord, que tout est fonction du nombre de postes disponibles Ă  chaque stade de la hiĂ©rarchie, en fonction des dĂ©parts, volontaires ou Ă  la retraite et que personne n’est obligĂ© de se prĂ©senter. D’oĂą, cette annĂ©e, la nette diffĂ©rence entre le concours des femmes oĂą onze postes Ă©taient accessibles, deux Premières Danseuses, quatre Sujets et cinq CoryphĂ©es, alors que chez les hommes, il n’y en avait en tout que quatre, un Premier Danseur, un Sujet et deux CoryphĂ©es. Ă€ noter que le poste de Premier Danseur homme dĂ©jĂ  en concours l’an dernier n’avait pas Ă©tĂ© attribuĂ©.

    Ce sont les femmes qui ont ouvert les débats le mardi 3 novembre, avec la classe des Quadrilles. La variation imposée, celle du Grand pas classique de Gsovsky, était très épineuse pour des ballerines qui viennent sortent parfois juste de l’École de danse. Sans que l’ensemble de la vingtaine de concurrentes ne démérite – tout le monde est arrivé au bout de la redoutable diagonale – personne non plus n’y fit montre d’une aisance ni d’un éclat particulier.

    C’est davantage sur la variation libre que les différences apparurent clairement et l’on ne aurait discuter les choix du jury composé de danseurs Étoiles, de danseurs du Corps de ballet, d’invités comme la grande Noëlla Pontois, le directeur du ballet du Mariinski et naturellement de Stéphane Lissner et de Benjamin Millepied. Mesdemoiselles Stojanov, Higgins, Mayoux, Gilhac et Catonnet méritent leur place de Coryphée, avec une mention spéciale pour les deux premières, qui ont montré une sûreté et un goût bien prononcés, toutes deux, d’ailleurs avec la même variation de l’Automne des Quatre saisons de Robbins.

    Promues Sujets, mesdemoiselles Barbeau, Vilkovski, Gorse et Vareilhes sont déjà de solides ballerines prêts à assumer les rôles souvent de solistes que l’ont peut demander aux Sujets. Une mention spéciale pour le charme de Lydie Vareilhes, bien poétique dans sa variation de Dances at a Gathering de Jerome Robbins.

    Deux remarquables ballerines ont été promues Premières Danseuses, Hannah O’Neill, que l’on a déjà vue en superbe soliste dans le Lac des cygnes et dans Paquita et qui dansa avec un chic fou la variation de l’acte III de Raymonda, et Léonore Baulac, révélée par Benjamin Millepied qui la distribua dans Casse-noisette alors quelle n’était encore que Coryphée. Les découvertes du nouveau directeur, puisées dans le Corps de ballet et propulsées en première ligne au cours des dernières saisons, ont d’ailleurs toutes bénéficié d’une promotion, quand c’était possible. Mesdemoiselles Bourdon et Park ont aussi fait d’excellents concours. Leur tour viendra vite.

    Chez les hommes, le vendredi 6, si Hugo Marchand, révélé lui aussi, Coryphée l’an dernier dans Casse-noisette et récent Prix Carpeaux a obtenu le poste unique de Premier Danseur mis en concours, avec beaucoup d’aisance, d’élégance et une belle technique, Germain Louvet, autre révélation Millepied devra attendre, mais il fera aussi un magnifique Premier Danseur, tout comme pourraient le faire Fabien Révillon, qui le précède d’ailleurs au classement, ou Sébastien Bertaud, remarquable dans la première variation de A suite of Dances de Robbins.

    Un concours de très haut niveau, véritable démonstration de technique et d’interprétation, mais il faut noter que sur la vingtaine de sujets de la compagnie, seule une dizaine s’était présentée au concours, sans doute par manque d’enthousiasme quant à leurs chances d’obtenir cette unique place.

    Même réserve chez les Coryphées, seulement six sur les seize de la compagnie ayant choisi de concourir. Jérémy-Loup Quer, autre bel exemple de ce qui commence à constituer une Génération Millepied et qui avait bien défendu plusieurs rôles importants de soliste, a obtenu l’unique poste de Coryphée. Comme l’ensemble des promus, c’est une belle personnalité artistique déjà bien solide techniquement, comme il l’a montré aussi bien dans la Sylphide que dans la variation d’Esmeralda. Paul Marque, danse ample et très sûre, et Pablo Lagassa très efficace dans la variation du III du Lac des cygnes ont obtenu les deux places de Sujet disponibles. Dix quadrilles sur les seize de la compagnie s’étaient présentés.

    Un concours intéressant, de haut niveau, dont il ne faut pas oublier de féliciter les pianistes chefs de chant accompagnateurs si attentifs aux concurrents, si musicalement méticuleux, et qui semble confirmer qu’une nouvelle génération est en train d’éclore, avec des personnalités jeunes et fortes. Il a aussi permis à beaucoup d’autres de montrer à tous pour une fois en solistes la qualité individuelle de leur travail souvent moins lisible dans les ensembles du Corps de ballet, ce qui est pour eux stimulant, vraie récompense du travail ardu qu’ils effectuent toute l’année.




    Palais Garnier, Paris
    Le 06/11/2015
    GĂ©rard MANNONI

    Concours de promotion du ballet de l’Opéra national de Paris.
    Concours de promotion du ballet de l’Opéra national de Paris les mardi 3 et vendredi 6 novembre 2015.
     


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