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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Reprise de la Bayadère dans la version de Rudolf Noureev au Ballet de l’Opéra national de Paris.

La Bayadère (1) :
Belles prises de rĂ´le

© Little Shao

Nouveaux visages pour cette longue série de Bayadère proposée pour les fêtes et jusqu’à la Saint-Sylvestre à l’Opéra Bastille. Belles prises de rôles d’Amandine Albisson, récemment nommée Étoile, en Nikiya, et de la Première Danseuse Valentine Colasante en Gamzatti. La production Noureev brille toujours de tous ses feux.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 19/11/2015
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Le rĂ´le de Nikiya dans la Bayadère est l’un des plus complexes du grand rĂ©pertoire acadĂ©mique. Il faut Ă  la fois une technique très classique et très virtuose pour le troisième acte et une sensualitĂ© dans un style plus orientalisant dans les deux premiers. En outre, ce personnage de danseuse sacrĂ©e amoureuse d’un prince est double, simple femme d’une caste infĂ©rieure confrontĂ©e Ă  un monde qui lui Ă©chappe, celui du très puissant Rajah, et aussi danseuse incarnant les origines sacrĂ©es de la danse avec toute leur dimension spirituelle. Encore plus complexe que l’opposition cygne blanc-cygne noir du Lac des cygnes.

    Nommée Étoile en mars 2014 après une magistrale interprétation du rôle de Tatiana dans l’Onéguine de John Cranko, Amandine Albisson a déjà toutes les qualités physiques nécessaires pour être une Nikiya convaincante. Morphologie équilibrée, joli visage, sensualité naturelle qui ne nécessite guère de composition. On sent qu’elle a analysé son personnage en profondeur, distinguant bien dans les deux premiers actes les moments où elle se comporte en simple amoureuse, en femme jalouse dans le contexte hostile du palais, en servante humble d’un art magnifique, avec ces variations évolutives et très bien caractérisées.

    Et puis, au dernier acte, c’est toute la rigueur du classicisme pur, pointes agile, déboulés vertigineux, ports de bras d’une pureté parfaite. Le personnage a en outre une vraie présence théâtrale, crédible, émouvante. Une très belle prise de rôle. Tout comme celle de Valentine Colasante en Gamzatti, la méchante princesse dotée d’une très intéressante chorégraphie et qui doit aussi exister avec force même lorsqu’elle est immobile.

    Tout est en place, sans tomber dans un excès d’agressivité. La danse a de l’ampleur et de la sûreté, bien dominée dans l’ensemble techniquement à quelques détails près. Il n’est pas aisé d’exister avec force face à un rôle aussi envoûtant que celui de Nikya, où le théâtre a aussi une part importante.

    Josua Hoffalt était Solor, rôle qui lui valut en 2012 sa nomination d’Étoile. La ligne est superbe, le saut aérien, la variation du II bien dominée. Dommage seulement que pour celle du III, il abandonne le manège d’assemblés doubles pour un manège plus traditionnel mais certes moins périlleux ! Très solide incarnation de l’idole dorée par le Premier Danseur Pierre-Arthur Raveau qui évite les mièvreries qui déforment souvent cette chorégraphie brillante. Au III, on admire une entrée des ombres réglée comme on ne l’avait pas vu de puis longtemps et les trois solistes Marion Barbeau, Eléonore Guérineau et Héloise Bourdon rivalisent de virtuosité dans les équilibres, le travail de pointe et la pureté du style.

    On aura remarqué aussi la très tonique et efficace présence de Jérémy-Loup Quer dans la danse indienne. Il est à l’évidence de ces danseurs qui s’imposent même dans un rôle relativement secondaire et assez anecdotique. Sculpturale apparition de Florian Magnenet en Esclave dans le pas de deux avec Nikiya au I et tous les rôles de caractère sont tenus avec classe, Bruno Bouché en Rajah, Yvan Chailloux en Grand Brahmane.

    Le Corps de ballet est lui aussi bien motivé et présent, ce qui donne une tonalité vigoureuse à l’ensemble du spectacle dont Fayçal Karaoui dirige la musique à la tête de l’Orchestre Colonne. D’autres distributions vont suivre qui mériteront aussi toute notre attention.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 19/11/2015
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise de la Bayadère dans la version de Rudolf Noureev au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    La Bayadère
    musique : Ludwig Minkus
    livret : Marius Petipa & Sergei Khoudov
    chorégraphie & mise en scène : Rudolf Noureev d’après Petipa
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino
    Ă©clairages : Vinicio Cheli

    Orchestre Colonne
    direction : Fayçal Karoui

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris

     


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