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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Spectacle Wheeldon-McGregor-Bausch au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Contrastes contemporains
© Julien Benhamou

En réunissant dans le même programme entrée au répertoire Polyphonia de Christopher Wheeldon, la création d’Alea Sands de Wayne McGregor et la reprise du Sacre du printemps de Pina Bausch, Benjamin Millepied met en abîme trois visages de la danse contemporaine en hommage à Pierre Boulez, qui a fêté ses quatre-vingt-dix ans fin mars.
 

Palais Garnier, Paris
Le 03/12/2015
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Reconnaissons d’emblĂ©e que, coincĂ©e entre le très brillant Polyphonia de Christopher Wheeldon et le chef-d’œuvre absolu qu’est le Sacre du printemps de Pina Bausch, la crĂ©ation d’Alea Sands de Wayne McGregor a du mal Ă  s’imposer. Comme entrĂ©e en matière, Polyphonia, crĂ©Ă© en 2001 par Christopher Wheeldon pour le New York City Ballet, Ă©tait une grisante rĂ©vĂ©lation. Wheeldon n’est pas très connu chez nous. On l’a pourtant vu avec le San Francisco Ballet et surtout comme metteur en scène d’Un AmĂ©ricain Ă  Paris, grand succès du Théâtre du Châtelet, en 2014.

    Sur des pièces pour piano virtuoses et étincelantes de Ligeti, grand compositeur roumain dans la mouvance de Boulez et auteur notamment de l’opéra le Grand macabre qui fit scandale lors de sa création française en 1981 à Garnier, Wheeldon a créé une chorégraphie rapide, cristalline, très technique, bien classique dans son usage notamment des pointes et surtout d’une grande inventivité.

    Sans faire du pas sur notes, il crée des images mouvantes qui illustrent, paraphrasent, détournent cette superbe musique, avec une énergie et une vivacité tonifiantes. Les ensembles, les solos se déclinent de mille façons inattendues, mettant en valeur la virtuosité des danseurs autant que leur plastique dans les sobres costumes de Holly Hynes et sous les habiles lumières de Mark Stanley.

    Que ce soient les deux Étoiles, Amandine Albisson et Stéphane Bullion, ou les membres du Corps de ballet présents, Ludie Vareilhes, Jennifer Visocchi, Léonore Baulacc, Axel Ibot, Germain Louvet ou Marc Moreau, tous les danseurs se donnent avec enthousiasme, esprit et une technique remarquable à tous égards. Tout comme celle de la pianiste Yoko Hisayama.

    Avec encore un lot de remarquables danseurs, Marie-Agnès Gillot, Laura Hecquet, LĂ©onore Baulac, JĂ©rĂ©mie BĂ©lingard, Mathieu Ganio, Audric Bezard et Vincent Chaillet, sur la musique d’Anthem 2 de Boulez pour violon et Ă©lectronique, parfaitement interprĂ©tĂ©e par Michael BarenboĂŻm, avec une « scĂ©nographie et composition musicale Ă©lectrique pour le prologue Â» de Haroon Mirza consistant a Ă©clairer tour Ă  tour les lumières du plafond de la salle autour du plafond de Chagall, en grĂ©sillant, Wayne Mc Gregor a conçu une chorĂ©graphie bien dĂ©cevante.

    Nous sommes loin de l’imagination et de l’inventivité de sa création précédente à l’Opéra. Dans des costumes assez tristounets et même très modernes années 1960 de Gareth Pugh, les danseurs tentent de défendre des géométries assez mornes et peu significatives de quoi que ce soit. On s’intéresse davantage aux évolutions des cercles lumineux qui se dessinent irrégulièrement au lointain et à la musique elle-même. Sûrement complexe à exécuter, la danse semble filandreuse, sans direction bien précise, bref sans grand intérêt. Grosse déception.

    Toujours le même choc en revanche en retrouvant le Sacre du printemps version Pina Bausch. Pas une seconde de répit. Musique et danse ne font qu’un et il n’y a pas une minute inutile, inadéquate ni faible. Les danseurs de l’Opéra sont splendides de foi, de volonté de défendre ce cadeau que leur fit Pina Bausch, et Dieu sait s’il n’est pas agréable de danser ainsi dans la terre et si cette chorégraphie exige une énergie à la limite du possible. Mais quel résultat ! Dans le rôle de l’Élue, Eleonora Abbagnato est d’une puissance et d’une sensualité sauvage qui forcent l’admiration.

    Soirée intelligente dans ses choix même si la déception causée par McGregor en réduit la portée.




    Palais Garnier, Paris
    Le 03/12/2015
    GĂ©rard MANNONI

    Spectacle Wheeldon-McGregor-Bausch au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Polyphonia
    musique : György Ligeti
    chorégraphie : Christopher Wheeldon
    costumes : Holly Hynes
    Ă©clairages : Mark Stanley
    Ryoko Hisayama, piano

    Alea Sands
    musique : Pierre Boulez
    chorégraphie : Wayne McGregor
    scénographie : Haroon Mirza
    costumes : Gareth Pugh
    Ă©clairages : Lucy Carter
    RĂ©alisation informatique Ircam : Andrew Gerzso & Gilbert Nouno
    Michael BarenboĂŻm, violon

    Le Sacre du printemps
    musique : Igor Stravinski
    chorégraphie : Pina Bausch
    scénographie & costumes : Rolf Borzik
    Ă©clairages : Majik Akimi

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Vello Pähn

    Avec les Étoiles, les Premiers danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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