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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Programme de la Batsheva Dance Company à l’Opéra de Paris.

Leçon de modernité
© Laurent Philippe

Invitée à l’Opéra de Paris pendant les vacances du Corps de ballet suivant des fêtes de fin d’année pendant lesquelles il était très sollicité, la Batsheva Dance Company a donné au Palais Garnier, avec Three d’Ohad Naharin, une superbe leçon de danse moderne intelligente, originale, inspirée. Preuve que la grande compagnie israélienne n’a rien perdu de son impact.
 

Palais Garnier, Paris
Le 05/01/2016
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Le Palais Garnier Ă©tait quelque peu transformĂ© en forteresse pour assurer la sĂ©curitĂ© des artistes et du public pour cette première reprĂ©sentation de la Batsheva Dance Company. Mais après avoir franchi les multiples contrĂ´les qui retardèrent le dĂ©but du spectacle d’une bonne vingtaine de minutes, une fois un intempestif drapeau palestinien qui pendait d’une troisième loge retirĂ© sans esclandre commença ce magnifique ballet crĂ©Ă© en 2005 au Centre Suzanne Dellal de Tel Aviv.

    Disciple notamment de Martha Graham, qui dirigea la compagnie lors de sa fondation en 1964, à la tête de la Batsheva depuis 1990, bien connu des danseurs et du public français, ne serait-ce que pour son ballet Perpetuum entré en 2000 au répertoire de l’Opéra, Ohad Naharin est un créateur d’une forte originalité. Son inventivité pour ce qui concerne le geste, le mouvement et toutes les possibilités du rapport du corps non seulement avec lui-même mais avec le sol et l’espace est assez fascinante.

    Three comporte trois parties : Bellus, Humus et Secus bâties respectivement sur des pages des Variations Goldberg de Bach, de Brian Eno et sur un pot-pourri allant de Chari Chari aux Beach Boys. Le chorégraphe précise que ces titres ont été choisis pour la sonorité que forme leur enchaînement, sans aucune tentative d’illustration figurative ni anecdotique. Chaque fois, la chorégraphie est une réponse, une traduction de la musique, dont les silences, l’univers sonore, les contrastes ont inspiré une danse variée, sans cesse renouvelée, avec des moments à deux, en solo, ou en groupes, toujours inattendus et intéressants.

    Pas facile de donner par des mots une idée de cette gestuelle qui utilise aussi bien les immenses facultés acrobatiques des danseurs, leur souplesse, que leur agilité à s’exprimer avec les mains, les avant-bras ou certains mouvements de pieds, ou encore des reptations ou des chutes. La sobriété des costumes, la précision des éclairages met en valeur chaque élément de cette gestuelle parfois agressive, parfois généreuse et conviviale. De l’humour, aussi, avec cette présentation des deuxième et troisième parties par un danseur tenant un écran de télévision couleur. C’est son propre visage qui, sur l’écran, annonce le contenu musical et le caractère général de ces parties. Le procédé est utilisé avec suffisamment de malice et d’habileté pour ne pas sembler répétitif ou hors de propos.

    Mais de toute façon, c’est la danse qui subjugue, cette invention qui épouse toute musique en se renouvelant sans cesse, qui laisse au spectateur lui-même la possibilité d’y voir et d’y comprendre ce qu’il veut, en parlant directement à sa sensibilité. Les danseurs sont étonnants, avec un choix de physiques variés. On admire autant leurs qualités athlétiques que leur charme, leur poésie et leur drôlerie imperturbable.

    Un très beau spectacle par une compagnie à la hauteur de sa grande réputation.




    Palais Garnier, Paris
    Le 05/01/2016
    GĂ©rard MANNONI

    Programme de la Batsheva Dance Company à l’Opéra de Paris.
    Three
    chorégraphie : Ohad Naharin
    musiques : Bach, Brian Eno, Chari Chari, Kid 606, Rayon, AGF, Chronomad, Fennez, Rajeh Roshan, Seefeel, Brian Wilson et les Beach Boys
    Ă©clairages : Avi Yona Bueno
    costumes : Rakefet Levy
    réalisation sonore : Ohad Fishof

    Avec les danseurs de la Batsheva Dance Company

     


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