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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Soirée d’Adieux de Benjamin Pech au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Adieux avec panache
© BenoĂ®te Fanton

Le danseur Étoile Benjamin Pech avait choisi de faire ses Adieux au Ballet de l’Opéra de Paris dans le programme Bell-Robbins-Millepied modifié pour l’occasion. Une soirée brillante au Palais Garnier où ce très beau danseur a assumé avec panache ces moments à la fois glorieux et difficiles pour tous ceux qui les vivent.
 

Palais Garnier, Paris
Le 20/02/2016
GĂ©rard MANNONI
 



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    Benjamin Pech avait été nommé Étoile en 2005 à Shanghai, lors d’une tournée de l’Opéra en Chine, à l’issue d’une soirée où il avait interprété successivement le rôle du prince Albrecht dans Giselle et celui de Frederi dans l’Arlésienne de Roland Petit. C’était le couronnement d’un beau parcours commencé en 1986 quand il entra à l’École de Danse de l’Opéra, poursuivi dans le Corps de ballet à partir de 1992.

    Vite remarqué, il collectionnait les récompenses au fil de son ascension dans la hiérarchie, Grand Prix et Médaille d’or au Concours Plissetskaïa de Saint-Pétersbourg en 1994, Prix du Cercle Carpeaux en 1996, Prix AROP de la danse en 1998. Premier Danseur en 1999, il danse alors tous les rôles de soliste du grand répertoire maison, des plus classiques aux plus contemporains, parcours qu’il ne cessa ensuite d’enrichir après sa nomination d’Étoile.

    Silhouette d’un équilibre parfait, visage naturellement romantique et aux expressions facilement tourmentées, il apportait à toutes ses interprétations une dimension théâtrale particulière, servie par la plus impeccable des techniques. Aussi à l’aise dans Mats Ek, Forsythe ou McGregor que dans Balanchine, Noureev, Robbins ou Roland Petit, il était très représentatif de cette génération qui saisit à bras le corps la grande diversité du répertoire maison bâti au fil des années.

    Très habile pour trouver producteurs et finances pour des opérations extérieures comme la création des Trois mousquetaires de Pierre Lacotte au Japon, ses qualités de Maître de ballet ont aussi été tout de suite reconnues et utilisées par Benjamin Millepied. Un artiste complet, sympathique, très aimé par le public qui le lui manifesta bruyamment à l’issue de cette soirée d’Adieux.

    Il avait tenu à ce que figure au programme Tombe, de Jérôme Bel, dont il était l’une des parties prenantes dès l’origine, et aussi le pas de deux Abandon extrait du Parc d’Angelin Preljocaj comme point final de la soirée, avec Eleonora Abbagnato pour partenaire, plus belle que jamais. Il dansait également In the night de Robbins, entouré de cinq autres Étoiles : Eleonora Abbagnato, Laura Hecquet, Dorothée Gilbert, Mathieu Ganio et Hervé Moreau.

    Un moment de poésie absolue, sur fond de rapports amoureux pleins d’interrogations. Et puis, on donnait à nouveau les Variations Goldberg de Bach vues par Jerome Robbins, entrées au répertoire tout récemment. S’y illustraient cette fois avec le Corps de ballets la Première Danseuse Mélanie Hurel et les excellents Sujets Héloïse Bourdon, Florimond Lorieux et Fabien Révillon notamment, avec un superbe lot d’Étoiles et de Premiers Danseurs.

    Après le pas de deux du Parc, multiples rappels, acclamations et standing ovation, bouquets de fleurs, pluie de confettis dorés, grand rassemblement sur le plateau des collègues de tous rangs, des professeurs, des techniciens, non sans que Benjamin n’ait effectué plusieurs fois en manège le tour du plateau grand ouvert et salué projecteurs et portants qui furent aussi ses compagnons de travail. Une bien belle idée, finalement assez émouvante, que ces adieux non seulement aux gens mais aussi aux choses de sa vie de danseur.

    Au-delà de la cérémonie rituelle, l’avenir reste ouvert pour cet artiste intelligent qui sera d’une grande utilité au sein de compagnie si on sait lui confier les responsabilités en rapport avec sa personnalité propre.




    Palais Garnier, Paris
    Le 20/02/2016
    GĂ©rard MANNONI

    Soirée d’Adieux de Benjamin Pech au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Tombe
    conception : JĂ©rĂ´me Bel
    In the night
    musique : Chopin
    chorégraphie : Jerome Robbins
    Les Variations Goldberg
    musique : Bach
    chorégraphie : Jerome Robbins
    Le Parc, pas de deux
    musique : Mozart
    chorégraphie : Angelin Prelojocaj

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris, Henda Traore, Sandra Escudé, Sylviane Milley, & Ryoko Hisayama et Simone Dnnerstein, piano

     


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