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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Programme XXe et XXIe siècles consacré à Alexei Ratmansky, Jerome Robbins, George Balanchine et Justin Peck au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Un étrange cocktail dansé
© SĂ©bastien MathĂ©

Tout et son contraire dans ce curieux programme de chorégraphes du XXe siècle et même du XXIe au Ballet de l’Opéra national de Paris, où l’on trouve le meilleur côtoyant l’insignifiant. Alexei Ratmansky et Justin Peck sont un encadrement bien pâlot pour deux pièces magistrales de Jerome Robbins et George Balanchine.
 

Palais Garnier, Paris
Le 02/04/2016
GĂ©rard MANNONI
 



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  • On ne peut qu’admirer l’enthousiasme et le professionnalisme dont font preuve les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris, quoi qu’on leur demande de dĂ©fendre. On dira que c’est normal et qu’ils sont lĂ  pour ça. Bien sĂ»r, mais on peut parfois quand mĂŞme regretter que leur talent et leur engagement ne soient pas employĂ©s Ă  meilleur escient.

    Alexei Ratmansky est un chorégraphe inégal. On lui doit ici même un Psyché, réussi à bien des égards, un Clair ruisseau de Lopoukhov fort bien ressuscité que le Bolchoï a montré en tournée, mais aussi un très méchant les Illusions perdues d’après Balzac. Ses Seven Sonatas sur des pages de Domenico Scarlatti qui ouvrent cette soirée contemporaine ne sont pas de sa meilleure veine. Reconnaissons déjà que ces sonates ne sont pas très inspirantes, même bien jouées par Elena Bonnay.

    Ratmansky a-t-il finalement trop voyagé, dansé et créé un peu partout pour arriver à se forger un langage cohérent, reconnaissable, défini ? Il ne fut pas un mauvais directeur du Bolchoï, mais on sait que les bons directeurs ne sont pas forcément de grands créateurs et vice versa. Donc, ces Seven Sonatas, très bien dansées par Laura Hecquet, Alice Renavand, Aurelia Bellet, Audric Bezard, Marc Moreau et Florian Magnenet, sont un enchaînement de pas d’école classiques, ou néoclassiques, comme on voudra, pas mal construits, mais après ?

    Une jolie démonstration de style pour les danseurs, un peu comme certains des derniers ballets de Millepied. On ne s’ennuie pas vraiment, mais dès que surgit dans la foulée le génial Other Dances de Robbins, on comprend que l’on n’est pas sur la même planète. D’un travail propret, on passe à la fulgurance de l’invention, de l’inspiration, à l’élégance fascinante du geste, au raffinement du mouvement toujours inattendu, à des figures dont les enchaînements sont préparés, annoncés, développés, conclus.

    Tous les rapports de couple pour deux danseurs en quelques vingt minutes, dans une musicalité parfaite, avec une imagination incessante. Amandine Albisson et Mathieu Ganio sont splendides de virtuosité, dans une relation idéale avec la musique de Chopin que joue tout aussi parfaitement Vessela Pelovska. Quelle remarquable variation lente de Ganio, tout en ralentis subtils, en naturel du geste, en phrasés poétiques ! Les deux Étoiles nous ont donné la danse telle qu’on la rêve.

    La deuxième partie de la soirée ne comportait que trente minutes de danse et commençait par l’entrée au répertoire d’une autre pièce majeure, de Balanchine cette fois, Duo concertant, sur la partition de Stravinski pour piano et violon de 1951 et créée en 1972. Un grand quart d’heure éclatant d’esprit, de vivacité, d’originalité, véritable musique de chambre à quatre, la violoniste Karin Ato, le pianiste Jean-Yves Sébillotte, les Étoiles Myriam Ould-Braham et Karl Paquette. Encore un moment de danse magique, avec cette fin étonnante où les danseurs jouent dans le faisceau d’un projecteur.

    Et puis, pour conclure, nouveau changement de planète avec les douze minutes de In Creases, pièce de Justin Peck entrant au répertoire. Belle musique de Philip Glass pour deux pianos, par les excellentes Elena Bonnay et Vessela Pelovska, mais chorégraphie au mètre, sans intérêt particulier, comme tant de compagnies américaines d’aujourd’hui en produisent à longueur d’année.

    Le jeune danseur et chorégraphe Justin Peck semble jouir d’une belle notoriété outre-Atlantique. Tant mieux, mais, on ne voit guère ce qu’une telle pièce vient faire au répertoire de l’Opéra de Paris, même si, une fois encore, les huit danseurs et danseuses concernés s’y donnent à fond et malgré des costumes particulièrement peu seyants. Si l’on voulait présenter les pièces de Ratmansky et de Peck sous un jour favorable, il ne fallait surtout pas les mettre en face de Robbins ni de Balanchine. C’était leur rendre un très mauvais service.




    Palais Garnier, Paris
    Le 02/04/2016
    GĂ©rard MANNONI

    Programme XXe et XXIe siècles consacré à Alexei Ratmansky, Jerome Robbins, George Balanchine et Justin Peck au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Seven Sonatas
    musique : Domenico Scarlatti,
    chorégraphie : Alexei Ratmansky
    costumes : Holly Hines
    Ă©clairages : Brad Fields
    Elena Bonnay, piano

    Other Dances
    musique : Chopin
    chorégraphie : Jerome Robbins
    costumes : Santo Loquasto
    éclairages : Jennifer Tipton réalisées par Mark Stanley.
    Vessela Pelovska, piano

    Duo concertant
    musique : Stravinski
    chorégraphie : George Balanchine,
    éclairages : réalisés par Mark Stanley
    Karin Aro, violon
    Jean-Yves SĂ©billotte, piano

    In Creases
    musique : Philip Glass
    chorégraphie : Justin Peck
    Ă©clairages : Mark Stanley
    Elena Bonnay et Vassela Pelovska, piano

    Avec les Etoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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