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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Spectacle annuel de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris.

Toujours l’excellence
© Francette Levieux

Attendu chaque année avec le même intérêt, le spectacle de l’École de Danse de l’Opéra de Paris reste un temps fort de la saison donné au Palais Garnier. Toujours de jeunes personnalités à découvrir et la confirmation d’un niveau d’excellence qui ne faiblit pas sous la très efficace houlette d’Élisabeth Platel.
 

Palais Garnier, Paris
Le 15/04/2016
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Trois Ĺ“uvres que l’on pourrait qualifier de grand rĂ©pertoire et figurant Ă  celui de l’École Ă©taient au programme du spectacle 2016. Et comme toujours, qu’il s’agisse de crĂ©ations ou d’emprunts Ă  l’histoire de la danse, ce ne sont pas des ballets faciles. Ă€ l’École de danse, mĂŞme pour des crĂ©ations comme le dĂ©lectable Scaramouche de JosĂ© Martinez incluant toutes les classes, il s’agit de proposer Ă  ceux-ci une possibilitĂ© de s’élever, tout en restant au stade d’évolution de chaque grade.

    Cette année donc, on avait visé haut avec une pièce de Bournonville, Conservatoire, au répertoire courant du Ballet Royal Danois notamment, les Forains, créé par Roland Petit en 1945 pour les Ballets des Champs-Élysées et la fine fleur de la nouvelle danse française d’alors, entré au répertoire de l’École en 1990 et à celui de l’Opéra en 1993, et enfin Piège de lumière de John Taras, créé en 1952 par le Grand Ballet du Marquis de Cuevas pour Rosella Hightower, Wladimir Skouratoff et Serge Golovine et entré au répertoire de l’École en 2010. Une vraie confrontation, donc, avec le vrai répertoire, comme presque toujours d’ailleurs.

    Agréable démonstration de technique classique, Conservatoire permet d’admirer la qualité du travail de base de l’École, notamment pour tout ce qui est travail de pieds et de bas de jambes, avec des cinquièmes positions bien fermées, des genoux bien tendus, une bonne coordination des mouvements. Bleuenn Battistoni et Nine Seropian, ainsi que le très agile Lien Geslin-Vinck au saut brillant, élèves de Première division, c’est-à-dire de dernière année avant l’éventuelle entrée dans le Corps de ballet, ont une danse assurée, une technique de base en place et une jolie présence scénique.

    Avec les Forains et l’admirable partition d’Henri Sauguet, c’est une très émouvante et grande page de l’histoire de la danse française qui resurgit pour nous, avec les si poétiques costumes de Bérard, fort bien remontée par Jan Brœckx dans les fidèles éclairages de Jean-Michel Désiré à qui la continuité de la diffusion de l’œuvre du grand chorégraphe disparu doit beaucoup. Le jeune Roland Petit en personne tenait à la création le rôle du Prestidigitateur. Gaëtan Vermeulen reprend ici le rôle et le défend avec un physique très adapté et un vrai talent, belle technique, sens du jeu, humour un peu détaché. La Belle endormie, qui fut Nina Vyroubova en 1945, est ici Adele Belem, évidentes qualités de soliste aussi, tant par la ligne que par la sûreté de la technique. Tous les autres sont excellents, du clown d’Alexandre Boccara à la Petite fille de Gloria Poubeau.

    Si les Forains contribuèrent à lancer la carrière de Nina Vyroubova et celle de Roland Petit, Piège de lumière fut aussi un moment important pour ses trois créateurs principaux Rosella Hightower, Wladimir Skouratoff et Serge Golovine. L’idée de Boris Kochno auteur du livret des Forains était magnifique, rassemblant toute la symbolique de ce qui était encore à l’époque une part non négligeable de la vie des compagnies, comme celle des Ballets des Champs-Élysées : point de recette, point de survie ou survie bien précaire, avec cette nostalgie si génialement traduite par la musique de Sauguet.

    Pour Piège de lumière, autre partition historique que celle de Jean-Michel Damase, compositeur injustement négligé aujourd’hui mais très important pour les scènes chorégraphiques et lyriques notamment dans les décennies d’après-guerre. L’univers est tout autre, celui de l’ombre et de la lumière, de la force brute et virile des forçats opposé à la transparence fragile et colorée des grands papillons de nuit qu’ils chassent et avec la confrontation directe de ces deux univers irréconciliables dans la rencontre du jeune bagnard et de la Reine des Morphides. Une œuvre aussi originale que forte, à la chorégraphie parfaitement construite et imaginée.

    Beaux interprètes ici aussi, tant pour les ensembles que pour les solistes, avec la longiligne et raffinée Célia Drouy en Reine des Morphides, le tonique et athlétique Andrea Sarri en Jeune bagnard et l’élégant Léo De Busserolles en Iphias, tous trois bientôt dans le Corps de ballet, certainement. Très belle démonstration, donc, de l’enseignement prodigué à l’École de Danse, non seulement dans le domaine de la technique mais dans celui de l’interprétation et de l’engagement artistique, ce qui, d’ailleurs, ne surprend personne.




    Palais Garnier, Paris
    Le 15/04/2016
    GĂ©rard MANNONI

    Spectacle annuel de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris.

    Conservatoire
    chorégraphie : Auguste Boiurnonville, réglée par Rose Gad
    musique : Holger Simon Paulli
    décors : Maurice Le Nestoiur d’après Degas
    costumes : d’après Degas

    Les Forains
    chorégraphie : Roland Petit, réglée par Jan Brœcks
    musique : Henri Sauguet
    décors et costumes : Christian Bérard
    éclairages : Jean-Michel Désiré

    Piège de lumière
    chorégraphie : John Taras, réglée par Elisabeth Platel et Wilfried Romoli
    musique : Jean-Michel Damase
    argument : Philippe HĂ©riat
    décors : Félix Labisse
    costumes : André Levasseur

    Orchestre des Lauréats du Conservatoire
    direction : Guillermo Garcia Calvo

    Avec les élèves de l’École de danse de l’Opéra national de Paris

     


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