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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris de les Applaudissements ne se mangent pas de Maguy Marin.

Douce violence
© Laurent Philippe

Étrange contradiction entre la volonté annoncée par la chorégraphe Maguy Marin de dénoncer la violence et les violences des civilisations sud-américaines et le langage chorégraphique linéaire, assez fade, voire lénifiant, employé dans les Applaudissements ne se mangent pas, une pièce vieille de presque quinze ans qui fait son entrée au répertoire de l’Opéra.
 

Palais Garnier, Paris
Le 28/04/2016
GĂ©rard MANNONI
 



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    D’un robinet d’eau tiède à l’autre, on passe à côté de tout, classicisme, néo-classicisme, modernité ou avant-garde. Il y eut bien les humoristiques délires d’Arthur Pita et les rêves d’un beau romantisme de Sidi Larbi Cherkaoui (oublions l’absurdité d’Edward Lock) pour Casse-Noisette, mais cela ne rachète guère une politique de choix sans ambition et difficile à justifier.

    L’œuvre de Maguy Marin est celle d’une très grande créatrice, certainement une figure essentielle au XXe siècle pour le monde de la danse. Pièces d’anthologies déjà mythiques, relecture humoristique et géniale de quelques classiques, provocations cinglantes (pourquoi n’avoir pas plutôt choisi le violent Umwelt, autrement plus significatif et courageux ?), propos social ou politique clair et agressif, il y a une grande variété dans l’œuvre de Marin, avec des pièces qui auraient pu pousser les danseurs de l’Opéra à un travail vraiment différent.

    Car ici, ce ne sont pas ces tranquilles entrées et sorties à pas comptés et indéfiniment répétées, ces quelques chutes ou escalades de corps (on est loin de la violence vraie du travail d’un Brumachon en ce domaine) qui évoquent ne serait-ce que façon extrapolée les tragédies politiques et sociales des pays d’Amérique du Sud. Le décor aux couleurs vives est astucieux mais ne sauve rien, même s’il est pratique pour faire surgir et disparaître les danseurs.

    On dira que la violence ou la révolte peuvent s’exprimer au second degré, que l’approche de Maguy Marin est ici plus intellectuelle que réaliste. Soit ! On ne s’attendait à aucun carnage sur scène, mais la géniale créatrice nous avait habitué à plus d’inspiration, ne serait-ce que dans la gestuelle et les images, qu’elle peut manier avec une extrême habileté et une parfaite efficacité dans le registre minimaliste aussi bien que figuratif ou abstrait. Mais pour le grand retour de Maguy Marin à l’Opéra, le choix est vraiment bizarre, plus significatif des goûts de Millepied que du génie de l’invitée.

    Les huit danseurs concernĂ©s font comme toujours leur travail de la manière la plus professionnelle qui soit, mais la bande son de Denis Mariotte, malgrĂ© une intĂ©ressante recherche sur la matière du son et sa complexitĂ© cachĂ©e, reste aussi trop monocorde et uniforme pour crĂ©er la moindre Ă©tincelle. DĂ©cidĂ©ment et quitte Ă  se rĂ©pĂ©ter, quelle drĂ´le d’idĂ©e d’aller chercher cette pièce dĂ©jĂ  ancienne, dans une Ĺ“uvre aussi riche et diversifiĂ©e !




    Palais Garnier, Paris
    Le 28/04/2016
    GĂ©rard MANNONI

    Entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris de les Applaudissements ne se mangent pas de Maguy Marin.
    Les Applaudissements ne se mangent pas
    musique : Denis Mariotte
    chorégraphie : Maguy Marin (2002)
    costumes : Maguy Marin
    décor : Ulises Alvarez, Denis Mariotte & Maguy Marin
    Ă©clairages : Alexadre BĂ©neteaud
    ingénieur du son : Antoine Garry

    Avec Myriam Kamionk, Camille de Bellefon, Lucie Fenwick, Sofia Rosolini, Aurélien Houette, Alexandre Carniato, Takeru Coste et Antonin Monté.

     


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